En ouverture du CeBIT 2008, Sarkozy et Merkel esquivent les questions technologiques

« La techno, c’est compliqué et je n’y comprends rien. » Cette phrase, Nicolas Sarkozy aurait pu la prononcer sans trop défigurer son discours lors de la conférence inaugurale de l’édition 2008 du CeBIT de Hanovre.

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« La techno, c’est compliqué et je n’y comprends rien. » Cette phrase, Nicolas Sarkozy aurait pu la prononcer sans trop défigurer son discours lors de la conférence inaugurale de l’édition 2008 du CeBIT de Hanovre. Habilement, Le président de la république française a en effet préféré mettre de côté les principaux sujets du salon pour se lancer dans un long échange d’amabilités – réciproques – avec Angela Merkel sur la vision franco-allemande de la gouvernance européenne.

S’exprimant en ouverture du plus important salon informatique mondial, le CeBIT, qui se déroule à Hanovre du 4 au 9 mars, Nicolas Sarkozy a rapidement laissé de côté les nouvelles technologies - "je pourrais ânonner la note de mes collaborateurs pour faire semblant de comprendre ce qui se passe" - pour parler industrie, coopération franco-allemande et gouvernance européenne.

Certes, le président de la république française a souligné l’importance des technologies de l’information dans la société – « un phénomène majeur du 21ème siècle » -, et reconnu l’intérêt des opportunités offertes. Mais ce fut surtout l’occasion pour lui d’exprimer une certaine défiance vis-à-vis de technologies qui le mettent manifestement mal à l’aise, soulevant la question de l’éthique : « [ces technologies doivent] être au service de l’homme et pas contre lui. Nous devons avoir un grand débat sur ces questions […] avec vous, les industriels », a-t-il indiqué. Parfaitement au diapason, Angela Merkel a entonné le même air quelques minutes plus tard.

Il faut dire que, plutôt que parler du CeBIT ou encore de la maîtrise des dépenses énergétiques, la chancelière allemande et Nicolas Sarkozy se sont surtout attachés à mettre en scène leur complicité. Tous deux ont insisté à plusieurs reprises sur l’importance du couple franco-allemand au sein de l’Union européenne, et sur son dynamisme à quelques mois du début de la présidence française de l’Union. Et de lancer même quelques pistes de réflexion pour les prochains mois, telles que la lutte contre toutes les formes de dumping – social, économique, environnemental… - et de distorsion de concurrence [NDLR: une allusion en filigrane à la récente sanction record infligée par Bruxelles à Microsoft ?] ou encore l’intégration des réseaux de transport électrique français et allemand ainsi que le renforcement de la coopération des deux pays en matière de super-calculateurs.

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Nicolas Sarkozy a tout de même pris la peine d’affirmer son intention de voir 70 % des foyers français équipés d’un micro-ordinateur d’ici à deux ans, et 10 % de la population connectée en haut débit, fixe comme mobile, d’ici 2012.

De manière à la fois cohérente – le CeBIT est un salon consacré aux nouvelles technologies – mais aussi lourde de sens et de réalisme, Steve Ballmer, PDG de Microsoft, a repris le contrôle de la cérémonie pour sa clôture, invitant les élus présents à couper virtuellement le ruban d’entrée au salon sur une tablette tactile Surface. Cette photographie, où l'on le voit entouré de politiques, les dominant tant par la taille que par la parole – c’est lui qui tient le micro – semble extraordinairement emblématique de manque du culture technique de nos dirigeants et des velléités de puissance de Microsoft.

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