MWC 2013 : la mobilité entre dans l'ère du concret...et des affaires

Avec une absence remarquée de quelques grands du secteur (Google et Android, Apple, Microsoft) et des annonces fortes en décalé, le Mobile World Congress 2013 n’est décidément plus la grande fête de la téléphonie mobile. C’est pourtant un salon incontournable pour les acteurs du secteur, et même au-delà, comme en témoignent les présences fortes d’acteurs bancaires ou de l’embarqué.

Le Mobile World Congress deviendrait-il le nouveau CeBIT ou CES de l’informatique européenne ? D’années en années, la question a le mérite d’être posée. Cette année, à un changement de lieu (de la Plaça d’Espanya au cœur de Barcelone à la Fira Gran Via près de l’aéroport) a correspondu un changement d’ambiance très marqué. Plus question de faire la course aux pin’s Android de stand en stand (et pas seulement parce que Google est absent du salon) : exposants et visiteurs sont ici pour faire des affaires. Dans la queue pour acheter des sandwichs,  dans les patios ouverts entre les grand halls ou directement sur les stands, les deals se négocient au grand jour : un opérateur congolais négocie la commercialisation d’un téléphone à bas prix avec un constructeur chinois, PSA veut passer un partenariat avec un fabricant franco-américain en contemplant l’Ascend P2 de Huawei, sans compter les conclusions d’affaires engagées depuis longtemps en coulisse. Duncan Ellis, directeur de l’IBM Alliance chez Ciena, un spécialiste de la fibre optique, se plaignant des difficultés à accéder aux salles de réunions de son stand le confirme : « les gens ne veulent plus perdre leur temps. Ils ne viennent pas flâner sur le show, ils veulent des réponses et arrivent avec des questions précises. »

De nouveaux acteurs débarquent

Du coup, si les principaux intéressés d’un salon consacré à la téléphonie mobile ne sont pas ou peu présents (Apple et iOS, Google et Android, Microsoft et son Windows Phone), ont fait leurs grosses annonces avant (Blackberry et Sony en janvier, HTC à la mi-février) ou le feront après (Samsung annoncera son Galaxy S4 le 14 mars à New York), de nouveaux acteurs envahissent l’espace, tels les organismes financiers ou les spécialistes de l’automobile. Sur son stand aussi grand que celui d’un Alcatel ou d’un ZTE, Ford a ainsi présenté l’ensemble de ses solutions embarqué et en a profité pour passer son logiciel de pilotage d’applications à la voix, SYNC App Link, en open source. Pourquoi un tel intérêt pour un salon a priori très spécialisé ? Pour Luciano Alibrandi, porte-parole de Nvidia, « le CeBIT est en perte de vitesse, il y a des étincelles ici ; on voit où est le business. Les sociétés d’informatiques traditionnelles se focalisent de plus en plus sur la mobilité, parce que les téléphones et les tablettes sont à la fois très personnels et font de plus en plus la même chose qu’un ordinateur ». De plus, dans l’expérience Nvidia, les contraintes liées à l’environnement mobile ont amélioré l’ensemble de la gamme. « Ce que nous avons appris du mobile a également amélioré la partie desktop et serveur car nous avons amélioré la puissance tout en limitant la consommation électrique. »

Une sécurité plus transparente

Et plus encore que l’année dernière, la mobilité pour entreprise se focalise sur deux axes : le BYOD et le Cloud Computing. Simplement, l’heure n’est plus aux annonces marketing et à l’évangelisation des visiteurs. Il s’agit désormais d' apporter des réponses concrètes. Ainsi, tant Nokia avec ses Windows Phone capables d’agréger les contacts ou au contraire de bien séparer vie privée/vie publique (y compris en fonction de l’heure de la journée) qu’Ubuntu, avec la démonstration des capacités multi-utilisateurs de ses futurs OS mobiles, mettent l’accent sur les capacités étanches de leur produits. Les solutions commencent également à émerger pour rendre le contrôle des appareils des employés plus transparents et faciles d’utilisation. Ainsi, Symantec et Giesecke&Devrient se sont associés pour proposer des services d’admnistration sécurisés des téléphones et tablettes porteurs du « secure element » de Trustonic (soit ceux de chez Samsung, et bientôt HTC et LG dans un premier temps). Et ce, pour  permettre aux entreprises de déployer facilement applications et données sur les appareils personnels de leurs employées tout en garantissant la sécurité des informations contenues à tout moment. Le porte-parole de Symantec explique ce choix par le bon sens : «  notre stratégie n’est pas de forcer les gens à travailler autrement pour être sécurisé mais à ajouter une couche transparente de sécurité. Les entreprises sont nerveuses quand on aborde la question de la mobilité, mais les plus avancées savent qu’il ne faut pas trop bouleverser l’expérience des salariés pour avoir de la sécurité. Sinon, ceux-ci vont contourner les protections. La plupart des problèmes ne vient pas des fraudeurs, mais des employés consciencieux qui veulent faire le plus simple possible. » Cette tendance à faciliter l’utilisation de processus sécurisés se retrouve chez tous les éditeurs : du développeur polonais d’application de chiffrements des communications pour Android et iOS, MobileExperts, à l’éditeur français, Netheos, dont le SDK permet de signer électroniquement des contrats sur tablettes et smartphones.

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