Plates-formes virtuelles unifiées : Alliance Hitachi-Microsoft contre HP et Cisco

A la veille de l'ouverture du Microsoft Management Summit, Hitachi Data Systems a annoncé qu'il proposera en 2011 une plate-forme informatique unifiée alliant stockage, serveurs et réseaux. Cette dernière s'appuiera sur une couche d'orchestration basée sur les solutions System Center de Microsoft et utilisera en priorité l'hyperviseurs Hyper-V (sans toutefois exclure Vmware vSphere). Objectif : riposter aux offres déjà annoncées par HP, par le trio Cisco/EMC/VMware et par le duo VMware/Netapp

Hitachi Data Systems (HDS) développe une plate-forme unifiée combinant stockage, réseau et serveurs de calcul pour contrer les offres proposées actuellement par Cisco et HP. Cette plate-forme unifiée sera orchestrée par une plate-forme basée sur le logiciel System Center de Microsoft et ne devrait pas être disponible avant 2011. Hitachi Data Systems a toutefois profité du Microsoft Management Summit, qui se tient actuellement à Las Vegas, pour en divulguer les principales caractéristiques.
Le système intégré sera composé de la plate-forme de stockage virtualisée USP-V d’Hitachi Data Systems et de serveurs x86 en lames signés Hitachi. La partie réseau sera assurée par des commutateurs Fibre Channel (FC) et Ethernet, mais Hitachi n’a pas précisé le nom du partenaire avec lequel il entend travailler sur ce sujet. Le tout sera intégré par une couche d'administration s'appuyant sur Microsoft System Center Operations Manager, Windows Server 2008 R2 et Microsoft System Center Virtual Machine Manager, l’outil de gestion des environnements virtuels de Microsoft. L’USP V fournira le stockage virtualisé et Microsoft son hyperviseur Hyper-V, même si la plate-forme d'HDS supportera également VMware vSphere.

L’alliance entre Hitachi Data Systems et Microsoft est la dernière d'une longue série, dont le but est d’assembler une pile d'infrastructure unifiée. D'autres grands fournisseurs ont également lancé des plates-formes informatiques unifiées, tels que Cisco Systems (avec son UCS) et Hewlett-Packard (BladeSystem Matrix). Miki Sandorfi, le directeur de la stratégie d’HDS pour les services de fichiers et de contenu explique que le point clé de l’annonce est le logiciel de l'orchestration, une couche de middleware mise au point par Hitachi Data Systems et Microsoft : «Ce logiciel permettra de traiter les ressources serveur, stockage et réseaux comme des pools qui peuvent être alloués en fonctions des besoins des services métiers». Le tout s’effectuera bien sûr en fonction des  accords de niveau de service (SLA) en place, indique Sandorfi : «Le logiciel d’orchestration sera en mesure d’allouer des ressources additionnelles à la volée pour répondre aux SLA. Il saura surveiller et gérer l'infrastructure, et - si les SLA ne sont pas respectées - pourra corriger le problème».
Hitachi Data Systems a baptisé les composants de sa plate-forme «Scale Units» et entend les vendre en plusieurs configurations de petite, moyenne et grande taille.

Bien que les fournisseurs de stockage se lancent dans les piles pré-intégrées, il reste à voir comment ils seront accueillis par les clients. Ainsi par exemple, Hitachi ne commercialise pas ses serveurs lames en France alors qu’au Japon il a une solide part de marché (il y est d’ailleurs aussi constructeur d’équipements réseaux et télécoms).

Certaines entreprises avouent craindre un risque de verrouillage de leur environnement en cas de choix d’une solution de bout en bout tandis que d’autres ont indiqué que de telles pré-intégration deviennent nécessaire pour faire face à la croissance des données, aux nouvelles complexités introduites par la virtualisation de serveurs et à la diminution des budgets de fonctionnement.

Certains  analystes, ne voient toutefois pas d’obstacle aux plates-formes intégrées  : «Je parle tout le temps à des clients qui ont adopté le concept de pile d’infrastructure» explique ainsi David Vellante de Wikibon.org : «Les clients Mainframe sont un bon exemple. les grands clients VMware prennent aussi cette direction, de même qu’Oracle».

Rick Villars d’IDC explique lui aussi  que «les discussions que nous menons avec les grandes entreprises et les revendeurs indiquent que les clients ont lancé de grands efforts de consolidation de leurs environnements virtuels et décrivent de plus en plus ce qu’ils souhaitent en termes de nombre de machines virtuelles par système autonome». Quant à Mark Bowker, d’Enterprise Strategy Group, il explique que la prolifération des machines virtuelles est le moteur de ces piles : «cette tendance [aux plates-formes unifiées] est tirée par la virtualisation. Les entreprises sont parvenues à virtualiser un certain pourcentage de leur environnement, mais sont entrées dans une phase de stagnation. Les compétences d'un administrateur de serveur virtuel pourraient en fait ne pas être suffisantes pour intégrer des applications complexes dans des environnements de virtualisation matures».

Les clients vont-ils déployer des plates-formes unifiées ?
Tous les clients d’Hitachi Data Systems ne souhaitent pas déployer des plates-formes unifiées. "Les clients idéaux pour ce genre d’offres sont les grosses PME qui veulent un service clé en main et un seul responsable qu’elles puissent pressurer afin d’optimiser leur budget d'investissement ", explique Jeffrey Papen, le patron de Peak Web Hosting, qui fournit des services de conseil et d’intégration pour MySpace, eHarmony et Netflix, et héberge aussi les installations de certains clients sur des systèmes de stockage AMS d’Hitachi Data Systems dans ses centres de données. Pour Papen, les produits pré-intégrés ont tendance à réduire le coût total de possession (TCO), mais au prix d’une valse des étiquettes à l’achat.

"C'est une aubaine pour beaucoup de petits environnements d'exploitation, mais c'est aussi un luxe coûteux, car cela supprime certains élément de concurrence", confirme Greg Knieriemen, vice-président du marketing chez Chi Corp, un VAR Hitachi Data Systems . Tout en indiquant qu’il est bon de connaitre à l’avance la roadmap d’HDS, Knieriemen explique avoir un certain nombre de questions sur la façon dont les «Scale Units» seront configurées et empilées. «Hitachi Data Systems a déclaré que son logiciel d'orchestration sera en mesure de gérer plusieurs unités d'échelle à la fois, mais «si l’environnement du client croit et que vous consommez le maximum de ressources mémoire sur un scale unit sans consommer toute sa capacité de stockage, pourrez-vous ajouter de la RAM sans devoir acheter un autre bloc entier de ressources ?». «Pour qu’une plate-forme unifiée ait du succès, il faudra pouvoir veiller à garantir une pleine utilisation des ressources».
Bref, si la vision d’Hitachi semble être bonne, les clés du succès seront largement dans les capacités de la couche d'orchestration, dans les scénarios de reprise après désastre et de backup et dans l’aptitude des clients à accepter de déployer des serveurs Hitachi (à moins qu’en Europe, le constructeur ne noue un partenariat avec un constructeur tiers).

par Beth Pariseau, SearchStorage.com

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