BearingPoint dépose le bilan et se place sous la protection du chapitre 11

“BearingPoint a entamé une large réorganisation de ses finances pour consolider la société” : c'est par cette merveille de jargon de consultants que le cabinet international de conseil en management et en technologies a aujourd'hui annoncé son dépôt de bilan.

“BearingPoint a entamé une large réorganisation de ses finances pour consolider la société” : c'est par cette merveille de jargon de consultants que le cabinet international de conseil en management et en technologies a aujourd'hui annoncé son dépôt de bilan.

Plombé par près de un milliard de dettes, et notamment pressé de rembourser le principal de 200 M$ d'obligations convertibles souscrites en avril 2005 et dont le terme venait en avril, l'ex-branche consulting de KPMG n'a eu d'autre choix que de se mettre sous la protection de la loi sur les faillites américaines (chapitre 11), un comble pour une société dont le métier est de conseiller ses clients sur la meilleure façon de gérer leurs affaires. Seule bonne nouvelle dans ce dépôt de bilan, les activités internationales de BearingPoint ne sont pas affectées par les ennuis de la “maison-mère” US.

Dans la grande tambouille des affaires à l'américaine, BearingPoint indique avoir pré-négocié avec ses créditeurs la restructuration de ses activités et de son capital, ce qui devrait lui permettre de sortir de la procédure du chapitre 11 assez rapidement avec un bilan sérieusement amélioré (dette réduite à 300 M$). Si les créditeurs s'en sortent bien, les actionnaires de la société peuvent en revanche dire adieu à leur participation. Selon le CEO de la firme, l'intégralité des actions existantes seront annulées sans contrepartie. Bref, pour 200 M$ de défaut, c'est une société avec près de 2 300 clients - dont le CA atteint 3,5 Md$ - qui change de mains. En langage de consultant américain, c'est sans doute ce qui s'appelle « raising the bar on performance »...

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