Lourdes pertes pour Sun dont la stratégie logicielle peine à porter ses fruits

Sun Microsystems a annoncé une perte nette de 1,67 Md$, un montant largement du à une dépréciation des survaleurs d'acquisition (-1,44 Md$) et aux charges pour restructurations. Plombées par la crise, les ventes de systèmes reculent fortement. Le logiciel connaît une forte croissance, mais sa part dans les revenus du constructeur reste bien trop faible pour peser sur le résultat final. La stratégie Open Source de Jonathan Schwartz doit encore faire ses preuves.

Sun Microsystems a annoncé hier une perte nette de 1,677 Md$, un chiffre plombé par une provision de 1,445 Md$ pour dépréciation de survaleurs liée aux acquisitions de StorageTek et sans doute de MySQL. Cet exercice de retour à la réalité était attendu depuis l'avertissement sur résultats lancé par Sun il y a presque deux semaines.

Pour le trimestre écoulé, les ventes de Sun ont reculé de 7,1% du fait du ralentissement des achats des entreprises, mais aussi sans doute du fait de l'impact de la vitalité retrouvée du dollar face à l'euro qui a affecté les revenus provenant du vieux continent. Incidemment, la bonne santé du billet vert pourrait aussi avoir un effet détestable sur les revenus des autres grands du secteur, dont HP dont on attend les résultats dans les deux prochaines semaines.

Financièrement, le seul point rassurant pour Sun est que la firme a continué à accroitre sa trésorerie, avec près de 3,12 Md$ en banque et un cash flow positif pour le trimestre de 148 M$.

Le x86 et le CMT progressent, les grands systèmes Unix souffrent

Sous la pression de ses actionnaires, Sun a aussi pour la première fois détaillé l'ensemble de ses revenus par catégories de produits. Les services sont en recul de 1% à 1,226 Md$ (-2% pour les services de support matériels et logiciels et +1% pour les professional services et la formation). Côté serveurs, les revenus des ventes de grands systèmes Unix sont en chute libre (-27%) tandis que les ventes de serveurs UltraSparc T2 poursuivent leur forte croissance (+ 83% en revenus). L'activité x86 de Sun continue, elle aussi, à progresser à un rythme bien supérieur à celui de l'industrie avec des livraisons en hausse de 39% et un CA en progression de 4%. Au total, le chiffre d'affaires serveur est en recul de 17% à 1,24 Md$.

Côté stockage, la situation semble en revanche se stabiliser. Les ventes de baies de disques sont en hausse de 3% à 311 M$, tandis que les ventes de produits « open Storage » progressent de 162% à 25 M$. L'activité sauvegarde sur bande, issue du rachat de StorageTek recule de 4% à 188 M$.

Le CA logiciel, quoi qu'en forte hausse, reste faible

Pour la première fois, Sun a également détaillé les revenus liés à son activité logicielle. Les licences Java ont ainsi rapporté 34 M$ à la firme ce trimestre (+18%), tandis que l'activité middleware et MySQL progressait de 50% à 37 M$. Les revenus de licence et de maintenance liés à Solaris, à l'administration de systèmes et à la virtualisation sont également en hausse de 21%, à 53 M$. Au total, le CA logiciel de Sun ce trimestre est en hausse de 27% à 124 M$.

Si Sun se félicite à juste titre de cette progression, force est de constater que la faiblesse du CA logiciel reste préoccuppante. Une certitude, les revenus ne sont pas à la hauteur des investissements consentis et surtout du coût des multiples acquisitions de Sun au cours des dix dernières années (Netscape/iPlanet, Forté, Netbeans, SeeBeyond, Clustra Systems, Tarantella, SavaJe, Procomm, Cluster File Systems, MySQL, Innotek...). Reste désormais à voir si Sun pourra tirer parti de la crise pour convaincre les entreprises de la pertinence de sa stratégie Open Source et accélérer sa croissance logicielle. La survie de Jonathan Schwartz à son poste de CEO pourrait en dépendre.

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