Pour Microsoft, la lumière de Silverlight viendra d'Eclipse

Microsoft ouvre grand les bras à Eclipse. L'éditeur de Redmond a décidé, en sortant Silverlight 2, son moteur RIA, de se rapprocher de la fondation Eclipse et de la communauté Java pour faire progresser l'adoption de sa technologie. Une stratégie d'ouverture qui voit également la publication des spécifications du langage XAML.

Objectif : adoption gallopante. Microsoft a annoncé que sa technologie Silverlight 2.0, qu'il rend disponible en téléchargement dès aujourd'hui mardi 14 octobre, passera nécessairement par un peu d'ouverture et par le respect de standards. Un refrain désormais coutumier de la marque qui a décidé pour l'occasion de rapprocher sa technologie de RIA (Rich Internet Application) de la fondation Eclipse, très puissante communauté Open Source.

Dans une conférence téléphonique, Scott Guthrie, vice président de la division développeur de Microsoft, a expliqué que des outils de développement pour Silverlight seront optimisés pour la plate-forme Eclipse.  Et l'ensemble des travaux,  notamment ceux liés à des fonctionnalités avancées, sera disponible sous licence Eclipse. Microsoft n'étant toujours pas un membre du consortium, c'est le jeune éditeur franco-chinois Soyatec qui s'y colle et orchestrera le projet ouvert au sein du consortium.

Microsoft nouveau chantre de l'interopérabilité

Son objectif : Dresser une passerelle entre le monde des développeurs Microsoft et celui de Java, dont la puissante communauté rythme pour partie les développements Web. « Il s'agit de rapprocher Java du monde Microsoft », confirme ainsi Yves Yang, Pdg de Soyatec, dont le but premier est de jouer l'interopérabilité mais également de proposer une série d'outillage qui viendra compléter l'arsenal Silverlight, cantonné initialement à Visual Studio 2008, l'IDE de Microsoft, et la suite Expression, éditeur XAML (le langage XML d'interface que l'éditeur a poussé avec l'environnement Vista et la couche WPF -Windows Presentation foundation-) de Redmond. « Les développeurs [comprendre les développeurs Java, ndlr] pourront se rapprocher de la communauté Microsoft. »  Microosft précise que les langages Visual Basic, C#, C++ ainsi que  les versions .Net de Python et de Ruby pourront également être utilisé dans Visual Studio 2008, mais pas Visual Studio 2005.

En bref, il s'agit un appel du pied très fort vers les développeurs Eclipse, dont l'IDE Open Source constitue un socle de plus en plus prisé dans le monde du développement Java, notamment pour des applications professionnelles.

Le vocabulaire XAML en Open Source

Mais Microsoft ne s'arrête pas là. L'éditeur s'est également engagé à placer en Open Source, par le biais de son programme OSP (Open Source Promise), l'ensemble du vocabulaire XAML. Il promet une publication rapide des spécifications techniques de son langage sur son réseau MSDN.

Autre fait d'arme, la publication des widgets (les composants de contrôles) de Silverlight 2 – que l'éditeur baptisé Silverlight Control Pack-  sous la licence Microsoft Permissive Licence.
En clair, que l'on soit développeur chevronné habitué aux environnements de la marque (comme Visual Studio ou Expression), un développeur Java ou un développeur Web, Silverlight 2 est désormais plus accessible et peut davantage se hisser au rang des acteurs sur un marché où aucun leader ne s'est encore dessiné.

A l'heure où, sur le marché des interfaces riches, Silverlight croise le fer avec Flex (Adobe) et Curl (un pure player) d'un côté, et GWT (Google Web Toolkit) et l'ensemble de la sphère Ajax d'un autre, Microsoft doit s'entourer d'une communauté de développeurs. Pire, l'effort doit être redoublé dès lors qu'il s'agit de séduire les populations liées à la création, une des cibles premières de Silverlight, qui n'est coutumière ni des produits de l'éditeur, ni de son image très oriénté-développement. Là où Adobe a gagné depuis longtemps en crédibilité, avec Flash et photoshop.

L'éditeur de Flex et Flash, considérés comme les technologies en frontal direct de Silverlight, ont eux aussi déjà bénéficié d'ou semblable ouverture au monde de l'Open Source. Adobe, pour gagner des parts de marché et séduire les développeurs avait décidé d'ouvrir une partie de Flash à travers deux initiatives : le projet Tamarin avec Mozilla et l'Open Screen Project qui ouvre le format SWF (le format Flash une fois compilé). Objectif : promouvoir l'adoption de Flash en multipliant les surfaces de contacts avec l'ensemble des développeurs et avec l'ensemble des supports (les applications de téléphonie mobile notamment).

Une faible pénération chez les usagers

Car si Silverlight doit attirer les développeurs pour accroitre sa popularité, il doit également séduire les utilisateurs. Et sur ce terrain, Flash, par l'intégration en natif sur la quasi totalité du parc de PC, possède une bonne longueur d'avance.

Si Scott Guthrie, vice président de la division développeur de Microsoft affirme qu'un internaute sur quatre dans le monde a déjà installé Silverlight sur son PC – un franc succès selon lui -, ce taux peut paraître assez mince pour un fournisseur de contenu dont l'objectif est de diffuser largement des vidéos au plus grand nombre d'internautes. L'exemple de NBC – cité par Microsoft – , est révélateur. Pour diffuser les Jeux Olympiques de Pekin en live sur le Web, la chaine américaine avait choisi Silverlight pour la performance de sa technologie, mais l'évenement terminé, le résultat a été sans appel : le trop faible taux d'installation de Silveright sur les PC a donné lieu à un manque à gagner monstrueux.

L'enjeu est donc de taille pour Microsoft, qui doit populariser Silverlight auprès des utilisateurs tout en confortant sa traditionnelle base de développeur et en cherchant à l'élargir via une opération séduction vers l'open source.

Reste que l'éditeur de Windows à quelques arguments et notamment sa puissance dans le secteur. Dans le sacro-saint jeu des questions réponses lors d'un conférence téléphonique, Sccot Guthie a ainsi confirmé qu'il travaillait de mèche avec certains constructeurs de PC. Pour notamment installer son plug-in en natif sur les navigateurs. Et d'affirmer également que le temps de téléchargement a été fluidifié. De quoi tenter peu à peu de damer le pion à Flash et consort alors même que sur les interfaces riches aucun leader n'a franchement pris le pas sur les autres.

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