Valeurs IT : les bourses n'entendent plus que les mauvaises nouvelles

Si on regarde objectivement les derniers résultats des grands noms de l'informatique, la dépense IT semble pour l'instant résister à la crise du crédit. Mais les investisseurs restent sourds à ces bonnes nouvelles relatives. Dans des marchés très nerveux et baissiers, les titres high-tech sont massacrés comme les autres.

L'exemple d'IBM, hier, est symbolique : les bonnes nouvelles sont devenues quasi-inaudibles sur les places boursières. Alors que le groupe avait hier annoncé de très solides bénéfices, qui suivaient par exemple l'annonce des résultats d'Accenture eux aussi très bons, l'action de Big Blue a quand même reculé hier de 1,7 % environ. Une glissade qui reste maîtrisée alors que le Nasdaq plongeait de 5,47 % environ. De façon générale, les mastodontes ont été un peu plus épargnés que la moyenne par la purge. HP a perdu 3,75 %, Google 2,70 %, Microsoft 1,69 %, Intel 4 %. Plus impactés, Cisco et Accenture ont tous deux abandonné plus de 6 %.

En réalité, malgré des résultats trimestriels rassurants - on attend ceux de Microsoft et de Google prochainement -, les investisseurs anticipent un repli des investissements IT, tant de la part des particuliers que des entreprises. Les investisseurs ont par exemple interprété comme un signal très négatif les prévisions de Gartner mercredi : selon le cabinet d'études, l'industrie du semi-conducteur enregistre une baisse de la demande. Le signe que les fabricants de matériels informatiques et électroniques anticipent un ralentissement de leurs ventes. Selon Gartner, les investissements de cette industrie dans de nouvelles unités ou équipements de production se réduiront de plus de 25 % en 2008. Un chiffre presque aussi alarmant qu'en 2002, année où le semi-conducteur avait connu un retournement de tendance brutal avec un repli des investissements encore plus important.

Des valorisations en recul de 30 à 50 % depuis début 2008

En terme de chiffre d'affaires, l'industrie du semi-conducteurs devrait certes résister en 2008. Selon le cabinet iSuppli, le secteur connaîtra une croissance de 3,5 %. Jusqu'alors ce cabinet prévoyait une progression de 4 % pour cette industrie.

En France, malgré les signaux rassurants envoyés par le secteur des services - notamment des résultats semestriels de bonne facture et le maintien des prévisions pour 2008 -, les principales entreprises de l'IT sont emportées par le tourbillon. A la mi-journée, dans un marché en recul de plus de 8,5 %, les principales SSII résistaient toutefois mieux que la moyenne, Capgemini (- 2 % env.), Atos-Origin (-1,4 %) et Sopra (- 2,8 %) en tête. Reste que, depuis le début de l'année, alors que leurs cours n'étaient déjà pas brillants, ces trois sociétés ont abandonné de 30 % (Atos) à 41 % (Capgemini) de leur valeur.

Plus touché, Steria abandonnait à la mi-journée plus de 7 %. Le SSII, qui s'est pourtant renforcée en Inde, via l'acquisition de Xansa, a perdu plus de 50 % de sa valeur depuis le 1er janvier. Dans nos colonnes, son Pdg estimait pourtant récemment avoir le bon profil pour traverser une crise. Pas suffisant pour rassurer les marchés.

Les autres grands noms des technologies dans l'Hexagone sont eux aussi emportés par la tourmente. Quelques minutes avant la mi-journée, France Télécom cédait près de 8 %, tandis qu'Alcatel plongeait de 10,5 %. L'équipementier a perdu plus de 60 % de sa valorisation depuis le début de l'année. Plus solide, l'éditeur Dassault Systèmes ne reculait "que" de 2,1 % à la mi-journée.

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