Résultats : SAP déçoit sur les ventes de licences

33 % de chute. Pour son premier trimestre fiscal, SAP reste très en-deçà des attentes des analystes en matière de vente de licences. L'éditeur résiste toutefois grâce à la maintenance.

Après Microsoft, SAP dévisse à son tour. Les chiffres du premier trimestre fiscal de l'éditeur montrent une sérieuse dégradation des ventes de licences du géant de l'ERP. Un témoignage très concret de la profondeur de la crise et de ses conséquences sur l'investissement des entreprises. Sur les trois premiers mois de 2009, l'Allemand a ainsi vendu pour 418 millions d'euros de licences, 33 % de moins qu'il y a un an. Les marchés tablaient eux sur des ventes s'élevant à 501 millions. L'arrêt des nouvelles signatures serait particulièrement brutal en Asie.

Rappelons que ce chiffre intègre les licences des outils de BO - l'éditeur français de BI racheté en début d'année dernière -, outils qui avaient permis à SAP de soutenir ses chiffres de vente en fin d'année dernière. En France, selon Pascal Rialland, le directeur général de la filiale, la décroissance des ventes est limitée à 18 %. En janvier, toutefois, le patron de SAP France s'attendait encore à une stabilité ou à un léger recul de cette ligne de revenus.

La maintenance sauve les meubles

Heureusement pour l'éditeur, la maintenance lui permet d'encaisser cette dégradation brutale. La ligne intégrant les ventes et la maintenance reste ainsi stable sur un an (à 1,7 milliards d'euros), témoignant de la croissance de la seconde activité. Selon les dirigeants de la société, cette progression des revenus issus du support ne proviendrait pas de la hausse des taux de maintenance décidée à l'été dernier par l'éditeur et contre laquelle proteste la base installée. Selon Pascal Rialland, l'arrivée du nouveau contrat de maintenance (Enterprise Support) ne compterait que pour un ou deux points de croissance de cette ligne de revenus. Signalons que l'éditeur vient de signer un accord avec la fédération des groupes utilisateurs SAP dans le monde (le Sugen) portant sur la mise en oeuvre de Enterprise Support, accord que nous détaillerons dans la journée.

Le chiffre d'affaires global - intégrant aussi les activités de conseil - recule in fine de 3 % (à 2,4 milliards d'euros). A 204 millions, le bénéfice net enregistre lui une chute de 16 % sur un an. Rappelons que SAP a prévu la suppression de 3 000 postes dans le monde pour réduire ses coûts. Selon les responsables de la société, plus de la moitié de ces licenciements auraient déjà eu lieu. En France, un plan de départs volontaires (portant sur 51 postes pour un effectif de 1 600 personnes) est prévu pour la fin d'année.

Signer 100 affaires et non plus 10

"Avec la crise, le nombre d'entreprises à se lancer dans de vastes projets de restructuration est devenu très faible, commente Pascal Rialland. Les donneurs d'ordre se tournent vers des projets de taille beaucoup plus réduite, avec des retours sur investissement courts. Au lieu de signer 10 affaires très rentables, il nous faut désormais en remporter 100." Le directeur de SAP France explique avoir mis en place une nouvelle organisation commerciale, qui devrait être capable de "compenser en partie" la baisse des revenus de licences à partir du troisième trimestre.

En attendant, Pascal Rialland s'attend à un deuxième trimestre encore très difficile en France et à une amélioration graduelle à partir de la fin d'année, "mais la décroissance des ventes persistera". Pour le redressement, il faudra donc patienter jusqu'en 2010.

De son côté, à la lumière de ses résultats publiés en mars, Oracle semble mieux résister à la crise. Sur ses chiffres publiés en mars, le principal concurrent de SAP, qui vient de mettre la main sur Sun, n'a enregistré qu'un recul de 6 % de ses ventes et le chiffre d'affaires a poursuivi sa progression (+ 2 %). Même si, pour son trimestre fiscal en cours, l'éditeur table sur un chiffre d'affaires en chute de 10 à 14 %.

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