Baisse des coûts de maintenance : Microsoft montre la voie

Après des offres de financement avantageuses sur son offre Dynamics, le premier éditeur mondial annonce des rabais importants sur la maintenance de ses produits phares (suite bureautique et OS) pour les clients sous Software Assurance. Le début d'un reflux des taux de maintenance du logiciel ?

La marche arrière est-elle enclenchée ? Après avoir graduellement augmenté leurs coûts de maintenance, les éditeurs sont aujourd'hui sous la pression de donneurs d'ordre obsédés par la réduction des coûts. Une pression qui se traduit par de premiers craquements. Hier, Microsoft a lancé aux Etats-Unis une offre promotionnelle, qui court jusqu'au 3 juillet, réduisant de 25 % environ la maintenance sur Office 2007, Vista ou les suites serveur Project Server 2007 et Portfolio Server 2007. L'offre est réservée aux grandes entreprises disposant d'un contrat Software Assurance. Contre une redevance annuelle (25 % de la licence pour les produits clients, 29 % pour ceux côté serveurs), les entreprises ayant souscrit à ce programme accèdent à toutes les mises à jour d'un produit. La promotion du premier éditeur mondial revient donc à diminuer cette redevance, tout en poussant les DSI à passer aux dernières versions de ses produits phares.

Selon un analyste de la société Directions, interrogé par nos confrères de Computerworld, ce rabais signifie qu'une entreprise payant 155 dollars par an et par PC pour la licence et la maintenance Office pourrait économiser jusqu'à 40 dollars par poste. Ce qui, pour des parcs importants, représente des économies substantielles.

10 % de remise pour les clients hexagonaux sous Open

Contacté sur le sujet, Microsoft France confirme son intention d'étendre cette promotion à l'Hexagone, au moins sur Vista. Elle concernera tant les clients venant d'acheter des licences de l'OS - qui auront donc accès à une offre de Software Assurance moins chère - que les entreprises déjà passées sous le programme d'abonnement du premier éditeur mondial. "En réalité, la filiale française n'avait pas attendu cette décision du groupe pour mettre en place des mesures accompagnant l'investissement des entreprises et administrations", commente Michèle Phung, la responsable marketing PME de la filiale hexagonale. Jusqu'à fin juin, les clients sous licences Open ou Open Value bénéficient de 10 % de remise sur "90 % des références les plus vendues", selon Michèle Phung. Incluant notamment Windows Server, Office, Vista, Exchange et SharePoint.

Pour de nombreux analystes, ces promotions sont appelées à se multiplier. Notamment dans le cas d'accès aux mises à jour via des redevances annuelles, comme la Software Assurance. Faute de quoi, les donneurs d'ordre peuvent en effet décider de rester à la version actuellement déployée sur leur parc. "Je ne vois pas comment les éditeurs pourraient continuer à augmenter les coûts de maintenance, comme ce fut le cas au cours des dernières années, explique ainsi Brice Thébaud, analyste chez Aurel BGC et spécialiste du marché des logiciels et services. Pour les éditeurs, mieux vaut accorder aux clients une réduction, plutôt que de les voir arrêter de payer pour la maintenance. Les éditeurs ont besoin de faire rentrer des liquidités pour passer la crise. Ce phénomène de promotion va probablement se généraliser." Selon lui, pour ne pas officialiser une baisse des coûts de maintenance - sur laquelle il serait difficile de revenir au moment de la reprise économique -, les éditeurs procéderont par un système de promotions permanentes.

SAP pris à contre-pied

Rappelons que Microsoft a déjà annoncé des offres de financement à taux zéro pendant 36 mois pour les entreprises se tournant vers ses offres d'ERP ou de CRM (gamme Dynamics). Cette offre prend fin le 20 mars. A la fin du mois, prend également fin une seconde offre de financement de l'éditeur à 4,9 % - sur l'ensemble du catalogue cette fois. "Depuis novembre et le lancement de ces offres, les demandes de clients ont quadruplé", explique Michèle Phung, sans toutefois préciser si ces facilités de financement seront reconduites.

Ce mouvement de reflux des taux de maintenance prend à contre-pied SAP, qui, en juillet dernier, avait unilatéralement augmenté son taux de maintenance (passé de 17 à 22 % au minimum). Une décision qui a soulevé une bronca parmi la base installée, sans toutefois que l'éditeur d'ERP accepte de revenir sur ses tarifs pour l'instant. Seuls les clients allemands et autrichiens, en mettant en avant des questions légales, ont obtenu un sursis dans la mise en application de la mesure.

En savoir plus : le site Microsoft Incentives répertoriant les promotions de l'éditeur.

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