Stanislas de Bentzmann, Devoteam : "les volumes sont suffisants pour éviter la panique"

Un chiffre d'affaires en recul de 5 % pour une marge de 5,7 %, un peu supérieure à ce que la société avait promis : le premier semestre de Devoteam est à l'image des résultats des autres SSII françaises. Il laisse apparaître une contraction de l'activité, mais aussi une adaptation de ces sociétés à la nouvelle donne. Stanislas de Bentzmann, co-président du directoire de Devoteam, revient sur les résultats du premier semestre, ses difficultés en Allemagne... et sur la préparation d'un rebond qu'il entrevoit.

sdebLeMagIT : Quel regard portez-vous sur vos résultats, qui montrent une contraction de l'activité mais une certaine résistance des marges ?

Stanislas de Bentzmann : On constate que, dans cette crise, les services informatiques résistent plutôt bien. C'est d'ailleurs ce que nous disions en 2008, même si, à l'époque, les marchés boursiers étaient sceptiques car ils se basaient sur la crise précédente du début des années 2000. Mais, depuis, les systèmes d'information ont gagné en importance dans les processus des entreprises. La résistance des marges témoigne à la fois du travail que nous avons mené sur nos coûts mais, surtout, de la bonne résistance du business. Les volumes ont été suffisants pour éviter la panique. Du coup, les prix ont assez bien tenu, la profession ne s'est pas laissée aller aux mêmes rabais qu'en 2002, si on excepte quelques cas de sociétés en grande difficulté. In fine, l'impact réel des services achats de nos clients s'est révélé limité, même si la pression est forte et s'exprime parfois avec brutalité.

LeMagIT : La décroissance de l'activité en France (- 8 %) est tout de même sévère...

S. de B. : Oui, mais nous y sommes positionné sur les métiers les plus volatils, l'intégration et le conseil. Ce dernier ayant beaucoup souffert. Notre priorité en France pour 2009 n'est d'ailleurs pas le chiffre d'affaires, mais plutôt de maintenir nos positions sur les grands projets, de préserver nos marges et de gérer au mieux le cash. La baisse de l'activité en France, ou dans les autres économies matures, est pour partie compensée par nos croissances à deux chiffres dans les pays émergents, comme la Russie, la Turquie ou le Moyen-Orient.

Chiffre d'affaires en berne, rentabilité préservée
Un chiffre d'affaires stable (à 228 millions d'euros), mais en recul de 5 % à périmètre constant. Une marge qui passe de 8,2 à 5,7 % (les résultats de l'Allemagne plombant l'ensemble). Un bénéfice éprouvé mais préservé. En définitive, les résultats du premier semestre de Devoteam sont dans la lignée de ceux de la plupart des autres SSII, mêmes si celles qui possèdent une activité infogérance forte ont en général mieux résisté. Comprimé par 1,7 millions de charges de restructuration, le résultat net atteint 5,9 millions (contre 11 millions en 2008). A 110 millions d'euros, l'activité française recule de 8 % mais les marges sont stables par rapport à 2008. Devoteam emploie 4 540 personnes, contre 4 250 un an plus tôt. Sa trésorerie atteint 79 millions d'euros. Le groupe prévoit de réaliser un chiffre d’affaires compris entre 455 et 460 millions sur l'année et une marge d’exploitation de plus de 6 % sur l'ensemble de 2009.
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LeMagIT : En janvier, vous avez racheté la SSII allemande Danet (spécialisée dans les télécoms). Une opération que vous présentiez alors comme "un risque calculé". Regrettez-vous aujourd'hui ce rachat ?

S. de B. : Nous souffrons en Allemagne, où le second trimestre a été très dur. Deutsche Telekom, un des clients de Danet (et un des actionnaires de la société avant son rachat par Devoteam, ndlr), nous a par exemple demandé une grosse baisse de prix. Le plan d'intégration de Danet avec Devoteam (diffusion des offres, clarification du management) a pris six mois de retard, car il se déroule dans un contexte de crise profonde. Je ne crois pas pour autant qu'il faille regretter ce rachat. Sans Danet, nous aurions affiché de meilleurs résultats à court terme. Mais l'opération nous donnera dans 18 mois un bel actif en Allemagne, qui nous permettra de mieux travailler avec des groupes comme EADS ou des équipementiers comme NSN. En attendant, l'Allemagne, où nos marges sont négatives et notre chiffre d'affaires en décroissance, est clairement une priorité de la direction générale de Devoteam.

LeMagIT : Vous prévoyez un second semestre dans la continuité du premier, avec des objectifs mesurés. Ne voyez-vous pas de signes d'amélioration ?

S. de B. : Le plus probable, c'est que le second semestre ressemblera au premier. Je ne pense pas que le climat un peu plus positif de cette rentrée se traduira en affaires supplémentaires dans l'immédiat. A nous de préparer maintenant la vague de croissance prochaine que je prévois pour 2010. Le redémarrage est toujours un moment de vérité dans nos métiers. Les sociétés qui ont vu leurs offres péricliter, leurs équipes partir, restent alors au point mort. Dès la rentrée, nous allons préparer la psychologie de l'entreprise à la météo de 2010. Nous entrons dans une phase de réflexion qui débouchera en fin d'année sur des investissements. D'autre part, notre situation en trésorerie nous permet de rester en veille en matière d'acquisitions : une équipe spécialisée regarde les dossiers, particulièrement sur des pays comme la Pologne ou l'Espagne.

En complément :

- L'analyse des résultats 2008 de Devoteam

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