Pas d'été indien pour les SSII (2/3) : les poids moyens broient du noir

Ni mondiaux, ni spécialistes. Les SSII moyennes, qui constituent une bonne partie du tissu des services IT hexagonal, ont souffert au troisième trimestre, avec des décroissances souvent comprises entre 7 et 9 %. Seul Sopra échappe au jeu de massacre. Comme les grands groupes mondiaux, la priorité a été donnée à la protection des marges.

Second volet de notre bilan des résultats trimestriels des SSII, avec les groupes de taille intermédiaire, ayant une dimension européenne.

Steria victime du "french bashing" ?

Après un premier semestre solide (décroissance limitée à 2,3 %), la SSII encaisse un sérieux revers au troisième trimestre, où son activité décroît de 9,1 % sur un an (à 372,9 millions d'euros). Ce qui pousse le groupe à revoir à la baisse son objectif de chiffre d'affaires annuel : Steria prévoit désormais un recul de l'ordre de 3,5 %, contre moins de 2 % auparavant. Par contre, la SSII maintient son engagement de dégager une marge proche de 7 %.

Dans les faits, ce sont les deux premières géographies du groupe - la Grande-Bretagne et la France - qui dévissent sévèrement. Outre-Manche, où le Français a acquis Xansa, Steria voit son activité reculer de 15 % (et encore, sans prendre en compte les effets des taux de change !). A un peu moins de 130 millions d'euros, la chute est sévère également pour la France (-10,1 %), Steria l'attribuant pour partie à un effet de base défavorable. La seule bonne nouvelle provient de l'Allemagne, avec le rebond (3,9 %) de cette filiale en grande difficulté ces derniers mois. (en savoir plus)

Sopra pas loin de repartir de l'avant

C'est l'une des (petites) bonnes surprises de ce troisième trimestre. Au troisième trimestre 2009, la SSII Sopra (12 000 personnes) a, contrairement à la plupart des grands acteurs du service, freiné sa décroissance. A 253,8 millions d'euros, le chiffre d'affaires s'affiche en recul de 3,1 % (à périmètre constant) sur un an, contre un tassement de 4,3 % au premier semestre. En brut, la régression de l'activité est limitée à 1,8 %.

Si le fleuron du groupe, ISS France - l'intégration de systèmes en France, qui pèse 64 % du total - prouve une nouvelle fois sa résistance à la crise (+ 0,4 %), le principal point d'inquiétude vient des filiales européennes, qui encaissent encore un recul supérieur à 14 %. En août dernier, Pierre Pasquier, le Pdg, avait admis que ces filiales ne disposaient pas de la taille critique et expliqué étudier des acquisitions pour se renforcer dans ces pays. L'introduction en bourse d'Axway, la branche d'édition logicielle du groupe, pourrait servir à financer ces emplettes.

Evoquant un quatrième trimestre plus difficile pour ISS France, le groupe envisage de terminer l'année 2009 avec un chiffre d'affaires dont le recul sera compris entre 3 et 5 %. La SSII maintient son objectif de marge : cette dernière est annoncée supérieure à 7 %. (en savoir plus)

GFI toujours en fort recul

Après -10,8 % au second trimestre, GFI enregistre un tassement à peine plus faible au troisième : à 169,2 millions d'euros, le chiffre d'affaires affiche un recul de 9,9 % sur un an (à périmètre comparable). Avec 7,7 % de décroissance, la France - premier marché du groupe - freine à peine la chute des activités internationales. Le recul du chiffre d'affaires s'est d'ailleurs accentué dans l'Hexagone par rapport à la moyenne observée au premier semestre.

Le groupe dit pourtant avoir atteint "un point bas". Assez résistant dans des pays réputés difficiles comme l'Espagne, le Portugal ou le Bénélux, GFI reste plombé par la dégringolade de sa filiale italienne (- 26 %) et par la décroissance du Canada (- 28 %), pays où GFI a acquis plusieurs éditeurs de logiciels ces dernières années.

Pour le second semestre, la société promet une amélioration de sa marge opérationnelle par rapport au maigre 3 % enregistré sur les six premiers mois de 2009, sans toutefois préciser si ce regain suffira à sortir la société du rouge. Au premier semestre, GFI a publié une perte de 11 millions d'euros. (en savoir plus)

Retournement de tendance pour Bull

Insolent au premier semestre (avec une activité services en croissance), le groupe hexagonal est cette fois quelque peu rattrapé par les tendances de fond du marché. Les services enregistrent ainsi un léger recul de 1,8 % en organique (à 105,9 millions). En valeur brute, ce tassement est plus important (près de 5 %) du fait de la cession de l'activité américaine Medicaid, spécialisée dans la santé. Selon Bull, ce retournement de tendance - après deux trimestres de croissance de cette activité - s'explique par l'environnement économique dégradé, affectant particulièrement les télécoms. Les prises de commandes dans les services sont également en baisse (- 6,7 %).

Au global, plombé par l'activité de ventes de systèmes, le chiffre d'affaires du constructeur hexagonal baisse de 8 % en un an (à 221,2 millions de dollars). Signalons également que Bull vient d'annoncer le rachat, pour un peu plus de 100 millions d'euros, du spécialiste des systèmes d'acquisition et de traitement du signal, Amesys, une acquisition que le Pdg de Bull a commenté récemment dans nos colonnes. (en savoir plus)

Devoteam a toujours l'Allemagne qui le démange

Une décroissance proche de 7 % sur un an à périmètre comparable. Au troisième trimestre, Devoteam a poursuivi sur la lancée d'un printemps très morose. A 107 millions d'euros, le chiffre d'affaires progresse certes de 1 % en valeur absolue, mais cette croissance ne résulte que des rachats opérés ces derniers mois (Danet en Allemagne et Teligent Russie). En France, l'activité recule de 9 %. La marge, elle, s'établit à 5,5 %, soit deux points de moins qu'il y a un an, mais sensiblement le niveau déjà constaté au premier semestre.

La SSII explique ce niveau par le recul du taux d'activité et les résultats de Danet. Comme le précise Stanislas de Bentzmann, co-président du directoire de Devoteam, cette activité, qui reste en perte, est aujourd'hui en pleine restructuration. Selon lui, Danet, qui, sur le trimestre, coûte un demi point de marge au groupe, devrait revenir dans le vert au début de l'année prochaine. (en savoir plus)

Groupe Open peine à digérer le rachat de Sylis

Ayant acquis sa taille via le rachat de la SSII Sylis - spécialisée dans la régie -, Groupe Open digère cette acquisition dans un contexte difficile. A 67,8 millions au troisième trimestre, le chiffre d'affaires recule de 7,7 % sur un an (à périmètre comparable) : c'est pire que la décroissance constatée au second trimestre (- 6,5 %). Si les activités françaises - plus de 80 % du total - reculent de 6 %, c'est surtout l'international qui plombe la SSII, avec par exemple un recul de 19 % en Espagne et même de 38 % au Pays-Bas. Le groupe, engagé dans un chantier de transformation de ses activités de régie en projets au forfait, est parvenu à relever son tarif journalier moyen (393 euros contre 369 au premier trimestre). Mais ce niveau reste encore inférieur à celui du troisième trimestre 2008, avant l'intégration de Sylis. Groupe Open emploie 3 800 personnes, contre plus de 4 000 fin 2008.

Le groupe devrait terminer l'année 2009 sur un chiffre d'affaires proche de 300 millions d'euros, alors qu'il visait 330 millions en année pleine juste après l'acquisition de Sylis. (en savoir plus)

En complément :

- Pas d'été indien pour les SSII (1/3) : les grands noms sauvent les marges, au détriment du chiffre d'affaires

- Lire notre analyse des résultats des SSII moyenne pour le premier semestre 2009

Pour approfondir sur SSII

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