Ralentie par ses filiales européennes, Sopra compense grâce à la France

Verre à moitié plein ou à moitié vide ? Si Sopra voit sa présence se renforcer en France, la SSII souffre en revanche dans les autres pays européens, où elle ne dispose pas de la taille critique suffisante. Une situation qui appelle à un renforcement de la société sur ces géographies, comme le reconnaît d'ailleurs son Pdg, Pierre Pasquier.

sopraProlongeant les tendances entrevues lors des résultats du premier trimestre, Sopra a confirmé la bonne tenue de son vaisseau amiral, l'activité d'intégration et d'outsourcing applicatif en France (ISS France). Sur les six premiers mois de l'année, cette activité, qui représente les deux tiers du total, a progressé de 2,8 %. Mieux que Cap et Atos qui ont tous deux connu des décroissances en France sur les six premiers mois de l'année. C'est aussi ISS France qui conserve la marge la plus solide, à 6,6 % (contre 8,4 % il y a un an), toutes les autres branches étant tombées sous la barre des 5 %.

Orga Consultants, la fin ?
En pleine déconfiture (-23 % au premier semestre), l'activité de conseil en management de Sopra (Orga Consultants) va être rapprochée du conseil technologique du groupe, a annoncé ce matin Pierre Pasquier. La fin de l'indépendance d'Orga signifie-t-elle la fin de la marque ? Tout en refusant de trancher cette question, Pierre Pasquier a admis que la question était d'actualité. Selon lui, les plans de rapprochement des deux activités de conseil ont été validés en interne et seront mis en œuvre au cours de cette rentrée.
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Pour expliquer les bons résultats de ISS France, le groupe dirigé par Pierre Pasquier fait état de l'extension de ses relations avec ses grands comptes clefs, du succès des offres d'outsourcing applicatif et des contrats remportés avec l'administration ( notamment sur le projet Chorus). "Les dix premiers comptes de Sopra pèsent désormais 30 % du CA", explique Dominique Illien, le directeur général délégué du groupe. "Et c'est sur ces comptes que nous enregistrons la meilleure croissance". Et de citer en exemple la façon dont le groupe à construit sa présence chez EDF. "En trois ans, notre chiffre d'affaires avec l'électricien français a été multiplié par trois", explique-t-il. Le groupe vient d'ailleurs de signer un projet de BI avec le grand compte d’un montant prévisionnel de plusieurs millions d'euros. Du coup, contrairement à ses homologues du secteur, Sopra recrute en France, où les effectifs ont augmenté de 380 personnes (à 8 590) sur les six premiers de l'année. "Nous avons embauché 300 stagiaires sortis d'école et sommes en train d'en convertir environ 50 % en contrats durables", illustre Pierre Pasquier.

Des filiales trop légères pour affronter la bourrasque

Si ISS France fait mieux que la concurrence, les activités européennes, elles, montrent des signes de faiblesse. L'activité d'intégration et d'outsourcing en Europe recule ainsi de 14,3 % en un an, avec une pointe à 17 % au second trimestre. La marge opérationnelle a été divisée par plus de deux, passant à 2,7 %. "C'est clairement là que se posent les questions stratégiques", a admis Pierre Pasquier, qui reconnaît que ces filiales ne disposent pas de la taille critique pour faire face à de violentes crises comme celle que l'économie traverse en ce moment. "Le premier chantier va consister à mettre à niveau les filiales en termes de métiers et d'offres. Ensuite, il faudra probablement procéder à des acquisitions". Le scénario privilégié par Sopra passe plutôt par des échanges de titres, le groupe souhaitant poursuivre son désendettement (196 millions de dettes fin juin et un objectif de 150 millions en fin d'année).

Amélioration au second semestre

Lui aussi secoué, Axway, la filiale d'édition de logiciels spécialisés dans le transfert de fichiers, voit son chiffre d'affaires se contracter de 14 % à périmètre constant (en juin 2008, Sopra avait racheté l'éditeur américain Tumbleweed pour 95 millions d'euros afin de muscler Axway aux Etats-Unis). Sa marge opérationnelle est désormais proche de zéro. Mais la direction du groupe semble décidée à maintenir le cap sur cette activité, évoquant un second semestre prometteur. "On veut digérer notre acquisition pour retrouver de la croissance organique", explique Pierre Pasquier.

Globalement, Sopra affiche un chiffre d'affaires de 544,8 millions d'euros, soit une décroissance organique de 4,3 %. La marge, elle, se tasse sérieusement : elle n'atteint que 4,9 % contre 7,4 % un an plus tôt. Du coup, le résultat net est divisé par plus de deux, à 10,8 millions d'euros. Malgré tout, le groupe se montre relativement confiant pour la seconde partie de l'année, anticipant une décroissance comprise entre 3 et 4 % et une marge supérieure à 7 %.

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