Google allume son Iaas, Compute Engine

Après son Paas, App Engine, déjà prêt pour la production, Google sort officiellement sa couche Iaas, Compute Engine, des phases de test pour le rendre consommable par les entreprises. Ajout de fonctions de résilience, baisse des prix, l'Iaas à la sauce Google se dresse sur le marché devant un AWS omniprésent, qui possède quelques longueurs d’avance.

En libérant Compute Engine de ses phases de test et en le rendant officiellement disponible à la production, Google a cette semaine allumé une des briques structurantes de son grand projet de Google Cloud Platform. Une concept marketing à la sauce Mountain View qui comprend tous les services Cloud mis à disposition des entreprises, gérant les couches d’infrastructure, de gestion de VM, de développement (Paas), de base de données, de stockage et d’analyse de données en volume.

Avec Compute Engine désormais disponible, les couches Iaas et Paas de l’offre cloud de Google sont officiellement prêtes à aller attaquer le segment des entreprises. Et de se dresser sur un marché où les frontières commencent lentement à se dessiner. Si AWS domine certes - et largement - le segment Iaas / Paas, comme nous l’indiquait récemment le cabinet Synergy Research Group (SRG), c’est aussi parce qu’il est parti le premier, se frottant au marché et à ses besoins technologiques. Le groupe de Seattle s’est clairement détaché de Microsoft, IBM, Salesforce et bien sûr Google, qui ne détient que 5% du marché (toujours selon SRG). Avec Compute Engine en GA (General Availibility), Mountain View complète aujourd’hui sa pile « Compute », aux côtés d’App Engine, déjà prêt pour la production (rappelons que Google s’est focalisé sur sa couche Paas avant de proposer une offre de Iaas).

 

Les entreprises ont accès à des « VM qui ont le même niveau de fiabilité et sécurité que la propre infrastructure de Google », résume Greg DeMichillie, directeur de la plate-forme de cloud public de Google, dans une vidéo.

Google a souhaité accompagner cette disponibilité d’une série de nouveautés technologiques. Comme annoncé auparavant, les fonctions de migration à chaud de VM lors des phases de maintenance ont été rendues opérationnelles dans les centres américains (« bientôt » dans les centres européens). Une fonction dite de « maintenance transparente ». Ce service de migration de VM « permet de ne pas interrompre les applications lors des périodes de maintenance, logicielle et hardware, de Google dans ses datacenters. L’infrastructure est tout le temps à jour, et ce sans qu’il y ait un impact sur les applications », explique Greg DeMichillie. A cela s’ajoute le redémarrage automatique : « en cas de panne ou de plantage, l’application redémarre automatiquement et ce, aussi rapidement que possible. Une fonction très demandée par les clients du groupe, surtout les entreprises », précise-t-il.

Baisse des prix et résilience

Google a également souhaité étendre le support des distributions Linux. Jusqu’alors cantonnée à Debian et CentOS (avec des noyaux personnalisés), la plate-forme supporte désormais toutes les distributions Linux. « En un clic depuis la console d’administration, vous pouvez lancer des VM Suse et Red Hat automatiquement. Red Hat et Suse sont en version de test limité (Limited Preview dans le vocabulaire de Google).

De nouvelles instances destinées aux applications nécessitant des traitements intensifs ont été également greffées au catalogue. Trois instances hautes performances qui proposent jusqu’à des CPU virtuels de 16 coeurs et 104 Go de Ram. « Vous pouvez placer encore plus de traitements sur Compute Engine », souligne-t-il. Toujours dans cette problématique de performance, Google annonce également avoir accéléré ses services de stockage persistent (Persistent Disk) - jusqu’à 8 fois plus rapides. « Une façon également d’absorber les applications sollicitant un niveau élevé d’entrées/sorties. »

Enfin, comme pour relancer la guerre des prix avec Microsoft et AWS, Google a annoncé une réduction des prix de 10% sur toutes les instances standards dans toutes les régions. Autre modification dans la tarification, les coûts du stockage persistent sont abaissés de 60% (pour 0,04 $ par Go) et Google élimine également tous coûts liés aux I/O. « La prévision des coûts et les performances I/O sont des facteurs clés », explique-t-il.

Une arrivée officielle sur le marché du Iaas qui ne devrait toutefois pas bouleverser le marché à court terme, commente l’analyste du cabinet Gartner Lydia Leong dans un billet de blog. Si elle note en effet des fonctions clés, comme la migration à chaud des VM et le re-démarrage automatique, l’analyste affirme que la plate-forme de Google reste encore très en retrait par rapport à AWS en terme de « couverture et de profondeur fonctionnelle ». Même si certains aspects sont « immédiatement plus attirants » pour certains types de traitements.  Pour elle, GCE constitue tout de même « une alternative viable à AWS pour des entreprises à la recherche d’applications cloud natives ». Enfin conclut-t-elle, « nous entrons dans le seconde phase de ce marché, les choses vont désormais devenir plus intéressantes ».

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