Cloud en France : priorité au cloud privé et aux catalogues de services

Stockage/archivage, projets nouveaux, hébergement de développements et de tests ou environnements applicatifs pris en charge de A à Z : les entreprises françaises prennent leurs marques face au recours au cloud.

A l'ébullition du marché du cloud, avérée du côté de l'offre correspond désormais une maturation manifeste de la demande, comme le démontre le baromètre Cloud Index d'IDC présenté par VMware. En France, près de deux entreprises sur trois (grandes et moyennes) sont entrées dans l'ère du cloud (63 % contre 55% ayant recours au cloud à fin 2012 - sur la base d'une enquête effectuée en décembre 2013 auprès 126 DSI d'entreprises de plus de 2000 salariés).

Leurs motivations : encore et toujours, bien sûr, la réduction des coûts (en acquisition de matériels, en licences logicielles), mais aussi une recherche d'efficacité à l'égard des directions métiers, au travers d'un déploiement des applications plus rapide (une sur deux le signale), plus flexible et plus réactif (adaptation aux pics de charge pour 42 % des DSI interrogées).

Ce souhait d'optimisation de réponse aux besoins métiers est d'ailleurs ce qui justifie, aux dires de ces DSI, la priorité accordée à l'adoption de cloud privé. 86% des entreprises adeptes du cloud ont opté pour cette formule (53% du panel), là où une sur trois seulement a recours à des solutions de cloud public (21% du panel). Sachant de plus que, dans ce dernier cas, les directions métiers ont une nette tendance à se passer de l'avis de leur DSI qui n'ont guère de visibilité sur les coûts y afférant (80% des DSI concernées le reconnaissent). Quatre fois sur dix, les directions métiers prennent en mains leurs usages du cloud public sans recourir aux services de la DSI. La progression du « shadow IT », facilitée par la modalité cloud, est incontestable. Avec ses habituels dommages collatéraux : l'augmentation des risques, la redondance des investissements IT, l'audit complexifié, voire la reconstitution de silos, un fonctionnement tant décrié.

Orientation métiers ...

Concernant le cloud hybride, adopté par 10% du panel (et dont se fait promoteur le champion de la virtualisation VMware), la priorité – au delà de la problématique des coûts – est de garder autant que possible la maîtrise des aspects de sécurité et de confidentialité. Avec pour considération principale, l'intégration des applications et des référentiels de données sur site et hors site, et la possibilité de miser sur un middleware et des solutions de gestion identiques sur site et hors site.

En corrélation avec cette maturation de la demande – et du casse-tête récurrent du « shadow IT » -, l'étude IDC observe la montée en puissance de la parade que représente la constitution de catalogues de services (une entreprise sur deux en serait dotée à fin 2013, contre une sur trois un an plus tôt). Et dans l'optique de communiquer le plus efficacement possible avec les métiers, l'accent est mis sur la tournure métiers et moins technique que peuvent prendre ces catalogues. Orientés métiers, ceux-ci permettent de plus d'automatiser la fourniture et le suivi des services (une DSI sur deux le fait valoir), de décrire plus précisément les niveaux de services (SLA) et du même coup, d'en consolider le suivi, et d'enrichir progressivement la palette de services.

… avec évaluation des impacts

« La transformation des organisations (liée à l'adoption du cloud) est engagée », en déduit la présentation de ce Cloud Index. La progression est nette quant à l'automatisation des services IT, la surveillance des SLA, le provisionnement/dé-provisionnement des environnements et des services disponibles, la gestion des cycles de vie d'approbations, un peu moins nette pour la refacturation des services consommés (pratiquée pour tout ou partie par 40% des DSI). Et deux-tiers des entreprises concernées se sont engagées sur la voie de l'évaluation des impacts du cloud sur l'organisation et les processus de l'entreprise (contre 38% un an plus tôt). D'ores et déjà, pour une DSI sur deux, le changement dans son organisation interne est avérée et conséquente. Il s'agit de former les équipes IT à contrôler les dépenses en cloud public, de créer des équipes dédiées aux ressources cloud privé, de fournir aux équipes études et développement des outils de suivi de leur propre consommation du cloud, de les préparer à jouer aux interfaces (harmoniser les données entre applications SaaS et sur site) et, en conséquence, de redistribuer les troupes (moins d'administrateurs affectés aux infrastructures, notamment). Dématérialisation, transformation des processus, des modes d'interaction avec les clients et les partenaires... «l'entreprise numérique – et le cloud – s'installe(nt) progressivement dans le paysage. Pour suivre cet élan, la transformation de la DSI s'impose », conclut Karim Bahloul, directeur études et recherche d'IDC. Dont acte.

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