SAP bascule clairement dans l’ère du Cloud Computing

De passage à Paris, Bill McDermott, qui s’apprête à prendre seul les commandes de SAP après quelques années de compagnonnage au pilotage de l’éditeur allemand avec le Danois Jim Snabe, a clairement dessiné les défis auxquels est confronté son groupe.

Cloud, cloud, cloud… et Hana. De passage à Paris, Bill McDermott – qui s’apprête à prendre seul les commandes de SAP après quelques années de compagnonnage au pilotage de l’éditeur allemand avec le Danois Jim Snabe – a clairement dessiné les défis auxquels est confronté son groupe. Et de revendiquer d’ores et déjà la place de N°1 mondial du cloud en 2013 au nombre d’utilisateurs, fort des acquisitions de Successfactors (gestion de talent en mode Saas) et d’Ariba (plateforme en ligne de gestion des achats).

Selon M. Mc Dermott, « la majorité des clients va basculer sur le cloud computing à 100%, y compris sur la couche ERP. C’est déjà le cas aux Etats-Unis où les sociétés y adhèrent massivement et ce phénomène va se produire en Europe également. Les dirigeants d’entreprise vont s’apercevoir qu’ils ont intérêt à concentrer leurs efforts sur l’innovation par l’IT plutôt que sur la gestion de leurs infrastructures ». Et c’est dans cette recherche d’innovation et d’économie que SAP prétend tirer son épingle du jeu grâce à Hana. Si la technologie In-Memory, mise sur le marché il y a 18 mois, a dû chercher sa place, elle s’impose peu à peu, selon SAP. D’un accélérateur d’information dans le domaine de l’analytique, l’offre s’est peu à peu muée en véritable base de données à même de réconcilier analytique et transactionnel. Surtout, Hana est l’un des piliers de la stratégie cloud de SAP. « Aujourd’hui, nous proposons Business Suite pour chaque industrie, sur Hana et dans le cloud, et c’est notre grande chance », explique Bill Mc Dermott. « A ce niveau, c’est notre élément différenciant : la base de données la plus rapide qui permet de faire du transactionnel aussi bien que de l’analytique et permet également d’optimiser l’usage des couches d’infrastructure, notamment au niveau hardware. C’est une technologie qui permet d’aider à la productivité du SI et des utilisateurs. Donc des entreprises. Et c’est ce que recherchent les DSI. »

Reste que le segment est d’ores et déjà pas mal encombré : les acteurs historiques de l’IT se positionnent tous tandis que dans un mouvement habituel du secteur, quelques pure-players ont déjà marqué leur territoire. Pas de quoi troubler Bill McDermott qui explique même que « si ces acteurs du cloud computing proposent des solutions positives pour les clients, au final l’ERP demeure au cœur du SI côté applicatifs et peu d’acteurs pourront amener, comme SAP le fait, cette couche critique sur le cloud ». Selon lui, « très vite se reposera le problème de l’intégration et c’est à ce moment-là que le modèle intégré apportera des solutions en matière d’optimisation des process et également de coût global. Ca a déjà été le cas lorsque au début des années 2000 des éditeurs métiers ou fonctionnels très pointus sont apparus. Depuis, ils ont disparu ou intégré les plus grands éditeurs ».

Des investissements évoqués pour le développement de l’activité R&D du groupe à Paris

C’est par exemple le cas de BO, spécialiste de la Business Intelligence originaire de Levallois et désormais dans le giron du groupe allemand. Un actif précieux à l’heure du Big Data et de l’analytique. Que SAP prévoit même de développer à Paris. Bill McDermott affirme ainsi vouloir travailler à la création d’une Silicon Valley « ici en France, à Paris. SAP va doubler son investissement. A l’heure du Big Data et de l’analytique, il ne faut surtout pas oublier que BO est né ici et que c’est l’un des fondements de notre développement, particulièrement sur la partie analytique. SAP souhaite vraiment s’imposer sur ce segment, en particulier développé sur le potentiel d’Hana. Et nous sommes certains que cette révolution prendra sa source plus particulièrement en France et à Paris ». Une stratégie ambitieuse qui a dû être au cœur des discussions entre le patron de SAP et l’Elysée, où il devait se rendre aujourd’hui quelques semaines après que Jim Snabe a participé, en tant que co-CEO, à la réunion organisée par François Hollande pour vanter auprès de grands groupes étrangers « l’attractivité de la France ».

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