Arista Networks veut faire son trou sur les réseaux de campus

Après avoir percé de façon spectaculaire sur le marché des datacenters, la firme fondée par Andy Bechtolsheim s'attaque maintenant au marché des réseaux de campus en déclinant son architecture pour les coeurs de réseau. Avec en ligne de mire la base installée vieillissante de Cisco.

Après avoir fait son trou sur le marché des commutateurs de datacenters, Arista Networks a annoncé la semaine dernière son intention de s’attaquer au marché des réseaux de campus.

Arista Networks est l’étoile montante des réseaux et est parvenu à s’imposer comme l’un des principaux rivaux de Cisco (avec Huawei) sur le marché des réseaux d’entreprises. En moins de dix ans, la firme créée par Andy Bechtolsheim est passée d’un chiffre d’affaires annuel nul à un CA de 1,6 milliard de dollars en 2017. Et elle a encore vu son CA progresser de 40 % au premier trimestre 2018 à 472 M$.

Plus impressionnant, cette performance a été réalisée en se concentrant sur le seul marché des datacenters, alors que tous ses concurrents sont présents à la fois sur le marché des datacenters et du campus.

En étendant son offre aux réseaux campus, Arista n’a rien à perdre et tout à gagner, puisqu’il part d’une part de marché nulle. Son objectif non dissimulé est de venir grappiller des parts de marché aux acteurs établis des réseaux d’entreprises et en premier lieu à Cisco, dont une partie des clients opèrent des infrastructures de campus vieillissantes à base de Catalyst 4500 et de Catalyst 6800. Une base installée que convoite Arista et que Cisco tente de préserver avec ses nouveaux Catalyst 9400 et 9300.

Prudent, Arista n’entend pas pour l’instant venir chatouiller ses rivaux sur l’accès Gigabit, mais plutôt sur l’étage de concentration et de cœur de réseau de campus. Et pour cela, la firme va s’appuyer sur les mêmes commutateurs que ceux qu’elle propose dans ses architectures « Spline » (une combinaison créative des concepts de « Spine » et « Leaf ») pour datacenters.

Elle propose le même message que celui qui lui a permis de s’imposer dans les datacenters : il faut simplifier la hiérarchie de commutation des réseaux de campus en adoptant des architectures plus à plat et il faut ajouter plus de programmabilité et de visibilité aux architectures campus. Pour cela, Arista mise sur son outil de management Cloudvision qui inclut des fonctions avancées de provisioning « ZeroTouch », de configuration dynamique de flux, de télémétrie et d’analyse de données.

Une offensive basée sur les commutateurs 7050X3 et 7300X3

Pour lancer son offensive sur le marché des réseaux campus, Arista compte dans un premier temps s’appuyer sur ses commutateurs rackables 1U 7050X3, une nouvelle famille de switches « multirate » 10/25/50/100G, motorisée par la puce Trident 3 de BroadCom.

Le 7050X3 est disponible en deux versions, l’une (7050CX3-32S) avec 32 ports 100G QSFP et l’autre (7050SX3-48YC12) avec 48 ports 25G SFP+ et 12 ports 100G QSFP. Les deux modèles tirent parti des améliorations apportées par le Trident 3 comme un tampon de 32 Mo pour les paquets, ou une latence minimale de 800 ns.

La version actuelle du système d’exploitation EOS sur le 7050X3 ne supporte pour l’instant que 64 ports 25G et il faudra attendre une future révision de l’OS, attendue dans les prochaines semaines, pour pleinement tirer parti de 128 ports 25G. Cette nouvelle mouture d’EOS devrait aussi prochainement tirer parti des capacités avancées de télémétrie du Trident 3, via sa technologie Latency Analyzer (LANZ) et permettre une analyse en profondeur des flux de trafic sur le commutateur.

Comme tous les commutateurs d’Arista, la famille 7050X3 supporte l’agrégation via MLAG (Multi-Link Agregation) qui permet notamment de bâtir des architectures réseau hautement disponibles en éliminant le recours à Spanning Tree. Il devient ainsi possible de gérer un pool de commutateurs comme un domaine unique en ouvrant l’accès à l’ensemble des ports disponibles.

En complément du très récent 7050X3, Arista entend aussi s’attaquer au marché des campus avec la dernière mouture de son commutateur en châssis 7300, le 7300X3. Ce commutateur multirate modulaire est disponible en trois versions, l’une au format 4U (512 ports 10G), l’autre au format 8U (1024 ports 10G) et la dernière au format 16U (2048 ports 10G). Comme avec les 7050X3, il est possible de concevoir des architectures à très haut niveau de résilience en reliant plusieurs châssis via MLAG. 

Une alliance avec VMware et la division Aruba d’HPE

Notons qu’à ce jour, Arista ne semble manifester aucun intérêt pour la conception de commutateurs de bordure à 1G susceptible de connecter des PC, des téléphones IP ou des caméras vidéo, pas plus qu’il ne semble intéressé par offrir une solution Wi-Fi.  

Pour cela, la firme pourrait s’appuyer sur son partenariat existant avec HPE et sa division Aruba. Arista a ainsi indiqué son intention de collaborer avec VMware et Aruba Networks pour développer des solutions de bout en bout, à même de servir les applications de bureau et les applications IoT. Aucun détail sur ces partenariats n'a toutefois été communiqué pour l’instant.

Il est toutefois vraisemblable qu’Arista Networks entend travailler avec Aruba pour intégrer plus avant son offre de cœur de réseau avec l’offre de bordure Ethernet et Wi-Fi de la division réseau d’HPE. La firme pourrait aussi intégrer ses outils avec certaines des briques de machine learning d’HPE (comme celles héritées des rachats de Rasa Networks et de de Niara). De la même façon Arista pourrait collaborer avec VMware sur ses offres de SDN, d’IoT et de SD-WAN. Il sera intéressant de voir ce que le constructeur et ses partenaires auront à dire sur le sujet lors des prochaines conférences HPE Discover (mi-juin à Las Vegas) et VMworld (fin août à Las Vegas).

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