IaaS : Cegid renouvelle son accord avec IBM

L'éditeur français a étendu son partenariat avec Big Blue pour héberger ses offres SaaS, au côté du IaaS de son autre prestataire historique, Microsoft. D'autres fournisseurs Cloud ne sont pas exclus mais ils n'entrent pas, aujourd'hui, dans la stratégie de Cegid.

Cegid a renouvelé vendredi, « tard dans la soirée », son partenariat avec IBM pour héberger ses offres SaaS.

Le premier accord avait été signé en 2012. A cette époque, Cegid commençait à regarder le cloud comme une option. Depuis, ce mode de distribution est devenu majoritaire.

60% de SaaS en 2021 pour Cegid

En 2017, l'éditeur a fait 30% de son chiffre d'affaires dans le SaaS. Il vise les 40% cette année, et les 60% d'ici 2021.

« Pour dire la vérité, on ne vend presque plus de licences », lance Pascal Houillon, nouveau DG de Cegid depuis son rachat par des fonds britanniques. Dans certains secteurs, comme la distribution, Cegid réalise même 75% de ses revenus dans le cloud depuis le début 2018.

« Le cloud ? C'est fait ! », lance le responsable des produits et de la R&D, André Brunetière, pour bien marquer les esprits, sur la scène de la plénière du tout premier Cegid Connections.

« Saison 2 » du Cloud

« Je pense qu'on a vécu la "saison 1" du cloud. C'était une phase où l'on a cherché la performance et la disponibilité des applications, la vitesse de mise à jour, la sécurité des données, etc. La "saison 2" arrive », renchérit le CTO, Sylvain Moussé. « Il y a de nouveaux services qui ne sont possibles que dans le cloud », ajoute-t-il en pensant à l'Intelligence Artificielle, à l'analytique Big Data ou au collaboratif.

Or même si elle est encore embryonnaire dans l'offre de Cegid (« nous sommes en phase de comparaison de technologies du marché », admet le responsable de la R&D), l'IA est la prochaine étape pour l'éditeur. Un premier bot, co-développé avec la startup DoYouDreamUp, est en approche et la détection d'anomalie dans les données comptables est promise « pour bientôt » (sic).

IBM et Microsoft pour une infrastructure mondiale

L'accord initial avec IBM prévoyait une configuration de cloud privé. Le renouvellement passe à une offre hybride avec une partie en cloud public.

Présente pour l'occasion, Béatrice Kosowski, General Manager, IBM Global Technology Services chez IBM France, a chaudement remercié en petit comité le Directeur Général, le CTO et le responsable de la R&D de l'éditeur.

L'autre partenaire historique de Cegid dans l'infrastructure s'appelle Microsoft. Azure héberge toute l'offre « retail » dans un « cloud métier mondial » avec deux zones actuellement - Europe et Amérique du Nord - et bientôt une troisième en Asie.

Interrogé par LeMagIT sur le choix de ces prestataires Sylvain Moussé répond qu'au regard des ambitions internationales de plus en plus marquées de Cegid, il était indispensable d'avoir un partenaire également mondial, pour assurer une disponibilité 24/24, 7 jours sur 7, partout sur la planète.

« Nous pensons que nos partenaires cloud ne peuvent être que très gros, parce qu'il y a une dimension internationale et qu'il faut être capable de faire face aux enjeux d'investissements qui sont colossaux. Il faut aussi être en capacité de respecter les règlements. Ma vision c'est que du fait de la croissance des problèmes de cyber-sécurité, les réglementations ne vont faire que se durcir. Donc seuls les très grands seront capables de tenir la route ».

Deux prestataires pour être indépendant, mais pas plus

Mais pourquoi deux prestataires et pas plus ? Sylvain Moussé explique que ce nombre lui parait un bon équilibre entre le coût industriel lié au fait de maîtriser chaque IaaS et l'indépendance technologique du développement de Cegid.

« Nous avons deux partenaires parce dès le début nous voulions être multisourcés pour ne pas dépendre d'un seul fournisseur. [Mais] on crée des process industriels. Il faut que ça tourne. Multiplier les partenaires c'est multiplier les problèmes industriels [...] Bouger des VM d'un prestataire à un autre ne pose en théorie pas de problèmes. Mais plus vous descendez bas dans les services - plus vous utilisez les possibilités de telle ou telle plateforme - plus le travail de migration devient complexe », explicite-t-il.

Les services d'orchestration, par exemple, diffèrent d'un IaaS à l'autre et nécessitent de trouver des équivalents, fournisseur par fournisseur. « Il y a aussi les contrats de support, les accords tarifaires, les engagements de disponibilité, etc.», ajoute-t-il.

Porte ouverte quand même ?

Pas question donc, de porter les solutions de Cegid sur un autre IaaS.

En tout cas pas officiellement. Car selon nos informations, les portes ne seraient pas entièrement fermées à d'autres acteurs. Ce qui ne veut pas dire que des discussions sérieuses existent mais que l'option, en cas de changement tarifaire ou de conditions des deux partenaires historiques, pourrait être une porte de sortie - ou un moyen de pression dans une négociation commerciale avec eux.

Il semble qu'AWS ne soit pas un partenaire possible (le boycott de son IaaS par le secteur du retail semble de plus en plus important ; or Cegid fait 140 millions de ses 300 millions d'euros de CA dans ce secteur). Google Cloud ou des Français n'auraient, eux, rien d'incompatible avec les perspectives à longs termes de Cegid en cas de plan B.

En attendant, « nous avons deux partenaires et pas spécialement envie d'en rajouter », assure le CTO. « Il y a plein de gens qui viennent nous voir, c'est vrai. Ils ont des offres intéressantes, comme en France OVH ou Orange. Je ne dis pas qu'ils sont mauvais. Nous disons que l'on ne veut pas multiplier les partenariats parce qu'il y a un coût derrière chacun d'eux ».

De fait, IBM et Microsoft étaient les deux seuls sponsors Platinium du Cegid Connections 2018. Mais comme dit le dicton, jamais deux sans trois ?

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