Cet article fait partie de notre guide: Oracle : le Grand Guide de l'OpenWorld 2018

Oracle ajoute des serveurs AMD EPYC à son offre de cloud

Le fournisseur américain a profité d'OpenWorld pour annoncer la disponibilité d'instance bare-metal motorisées par les puces serveurs d'AMD. Il va également proposer des services de VM basés sur ces machines. Le tout à un prix par coeur près de deux-tiers inférieur à celui des instances Intel Xeon.

La semaine dernière, Oracle a profité de sa conférence annuelle OpenWorld pour annoncer l’arrivée de nouvelles instances dans son cloud public motorisées par des processeurs AMD EPYC.Le constructeur devient ainsi le premier grand fournisseur de cloud américain à offrir des services de VM et des services bare-metal utilisant les puces du fondeur californien.

Les processeurs AMD EPYC vont équiper de nouvelles instances « bare-metal » du cloud Oracle : la série standard E2 avec 64 cœurs et 512 Go de RAM par instance. Les prix devraient débuter à 0,03 $ par cœur et par heure, soit 1,92 $ par heure pour un serveur E2. Ce prix est à comparer aux 0,0638 $ par heure et par cœur (soit 3,57 $ par serveur et par heure) pour les instances standard « E » à base de puces Intel Xeon (serveurs avec 52 cœurs et 768 Go de RAM).

Oracle va aussi décliner son offre AMD sous forme de machines virtuelles disposant de 1 à 8 cœurs. Selon les deux firmes, l’offre sera notamment bien adaptée pour les applications Big Data (en particulier les clusters Hadoop) et pour les applications de calcul intensif.

Selon la firme dirigée par Larry Ellison, il s’agit de l’offre la plus abordable proposée sur un cloud public. Il convient toutefois de modérer cette affirmation. Si effectivement l’offre d’Oracle semble compétitive avec celle de ses grands concurrents américains, en Europe, la firme devra encore faire un petit effort.

OVH propose ainsi une alternative environ 20 % moins chère avec ses nouvelles machines bare-metal taillées pour les applications Big Data. Son serveur BHG-2019 avec 56 cœurs Xeon, 768 Go de RAM et deux disques SSD internes est ainsi proposé aux environs de 1030 € par mois, contre 1202 € pour l’offre Oracle (sans SSD interne). L’offre d’Oracle a toutefois un avantage en matière de réseau avec deux liens Ethernet à 25 Gbit/s là où l’offre de réseau interne d’OVH plafonne à 10 Gbit/s.

Oracle et AMD : des liens qui datent de l'époque Sun Microsystems

Après plusieurs succès dans le monde des acteurs web hyperscale (DropBox, Baidu), dans le monde de l’hébergement (1&1, Packet) et dans celui du Cloud (Microsoft), l’adoption de ses plates-formes EPYC par Oracle est un succès important de plus pour AMD. Et il est aussi symbolique : avant son rachat par Oracle, Sun Microsystems avait en effet bâti sa stratégie serveur initiale sur les plates-formes d’AMD.

Andy Bechtolsheim — cofondateur de Sun et actuel patron d’Arista —, alors à la manœuvre, avait à l’époque reconnu la supériorité des puces d’AMD sur celle d’Intel et les avait utilisées pour disposer d’un avantage concurrentiel sur les constructeurs établis comme Dell, HPE ou IBM. Jusqu’à ce qu’AMD trébuche avec ses puces Opteron quadricœur « Barcelona » et que Sun, puis Oracle ne se concentrent sur les puces Xeon.

Depuis AMD a fait son retour sur le marché des serveurs avec ses puces EPYC et la firme a graduellement séduit de nouveaux clients tout au long de 2018. Le fondeur mise désormais sur l’arrivée prochaine de sa seconde génération de puces Epyc (architecture Zen 2) pour conforter ses premiers succès, avec l’objectif affiché d’une part de marché à deux chiffres sur le marché des serveurs d’ici la fin 2019.

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