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Microsoft courtise les utilisateurs de bases de données sur site

L’éditeur a réalisé plusieurs annonces autour de ses services de bases de données cloud, lors de sa conférence Connect dont l’ambition est d’encourager les entreprises à migrer vers son cloud.

A l’occasion de sa conférence Connect, Microsoft a annoncé plusieurs mises à jour et changements de politiques de ses bases de données sur Azure dont l’ambition est d’inciter davantage de clients à migrer vers le cloud… et de suivre la concurrence.

Dans cette logique, Microsoft a décidé d’abaisser la facture de Cosmos DB, sa base de données géo-distribuée qui est en concurrence directe avec Google Cloud Spanner et DynamoDB d'AWS.

Redmond facture les clients de Cosmos DB en fonction des ressources de stockage utilisées et au moyen d'une mesure appelée unités de requête par seconde (RU/s). Jusqu’alors, Microsoft avait fixé un minimum à 10 000 RU/s, avec des options incrémentales de 1 000 RU/s. Mais, désormais, les tarifs commencent à seulement 400 RU/s et être échelonnés par de tranches de 100 RU/s.

Parmi les autres annonces, Microsoft a présenté la version 3.0 du SDK de Cosmos DB, qui propose ce que le fournisseur appelle un modèle objet plus intuitif et le support des flux de données, ainsi qu'une fonctionnalité pour partage des ressources entre origines multiples (Cross-Origin Resource Sharing – CORS). Grâce à cette fonction, les applications communiquent directement avec les instances de la base de données Cosmos depuis le navigateur. Au final, l’expérience d'utilisateur est bien plus rapide qu'avec un intermédiaire, comme un broker de messages.

Microsoft a beaucoup travaillé sur Cosmos DB pour rendre le service plus attractif et en élargir le champ d’actions, souligne Doug Henschen, vice-président et analyste principal chez Constellation Research. Les racines de Cosmos DB se trouvent dans DocumentDB, une base de données NoSQL, mais Microsoft y a ajouté des API pour SQL, le modèle graphe avec Gremlin, MongoDB et Cassandra.

Cette baisse de prix correspond également à une réponse de Microsoft au marché. Un marché sur lequel la pression concurrentielle est très forte. « Cette idée du multi-région est propre aux grandes entreprises et aux déploiements à grande échelle », explique l’analyste.

Il est probable que Microsoft ait fixé le prix d'entrée de gamme – un peu trop élevé –, pensant que c'était le point fort de Cosmos DB. Mais il s'est ensuite rendu compte que d’autres entreprises ou startups développaient aussi des applications qui pourraient atteindre une telle échelle, ajoute-t-il.

SQL Data Warehouse progresse

Parmi les autres annonces réalisées lors de cette conférence, on remarque que Microsoft a abaissé le niveau d’entrée pour les clients d'Azure SQL Data Warehouse Gen2. Ils peuvent désormais commencer avec 100 unités de compute (cDWU) qui regroupent CPU, mémoire et E/S, contre 500 cDWU minimum jusqu’alors. Cette option sera disponible dès décembre dans 15 régions, le reste sera ajouté l'année prochaine.

Cette option est bien adaptée aux clients qui veulent d’abord expérimenter avant de migrer à plus grande échelle sur Azure. Toutefois, Microsoft est à la traîne par rapport à d’autres, commente encore Doug Henschen. Snowflake et Teradata, par exemple, différencient processeur, mémoire et E/S, de sorte qu'ils ne sont pas obligés d'évoluer au même rythme. Les clients peuvent donc effectuer des réglages de performance plus sophistiqués, ajoute-t-il.

Autre annonce : MariaDB est désormais disponible sur Azure. Conçue à l'origine comme une alternative à MySQL – en réaction au rachat de Sun Microsystems par Oracle en 2009 – , MariaDB a évolué au-delà de la compatibilité MySQL pour devenir autonome, rappelle l’analyste.

Microsoft promet une disponibilité de 99,99 % pour MariaDB sur Azure et a également présenté la version de test publique du support pour MariaDB des fonctions de réseau virtuel. L’éditeur a également ajouté la réplication « data-in » pour migrer les données d'une instance MariaDB sur site à une autre sur Azure.

La disponibilité générale de MariaDB renforce l’approche open source de Microsoft, et l'ajout du support de MySQL et Postgres sur Azure permet d'atteindre la parité avec la plupart de ses principaux concurrents. Oracle n'offre pas Postgres sur son propre cloud, car la base est un concurrent de sa propre base de données, commente encore Doug Henschen.

La nouvelle option Business Critical pour Azure SQL Database Managed Instance cible, quant à elle, cible les clients qui souhaitent migrer leurs workloads SQL Server sur site vers Azure. Ce niveau, désormais accessible, doit améliorer les performances et la disponibilité grâce à des réplica de la base permanents et à du stockage flash.  « Les obstacles disparaissent progressivement pour les clients de SQL Server qui ont des problèmes de performance avec le cloud », note encore l’analyste.

Ces annonces de Microsoft font suite à d’autres réalisées par AWS lors de sa conférence AWS re:Invent, qui s’est tenue en novembre dernier. Le n°1 du cloud public a présenté une base de données time-series ainsi qu’un service Blockchain.

Si à Connect, Microsoft n'a rien présenté d'aussi spectaculaire, l’éditeur a toutefois une stratégie réfléchie en matière de bases de données sur Azure, commente à son tour Curt Monash, analyste principal chez Monash Research.

Microsoft dispose d’un système de gestion de bases de données depuis les années 90, qu’il a positionné avec des prix et une facilité d'administration concurrentiels, tirant parti de ses atouts en tant que fournisseur d’outils pour le poste de travail, reprend-il. Cela semble également être une priorité pour les bases de données d'Azure. Microsoft  lance un message clair aux entreprises : la route vers Azure est bien pavée et la destination finale leur est familière.

« Ces avantages peuvent être plus importants que les service en eux-mêmes. Si vous recherchez la portabilité, alors vous essaierez de ne pas utiliser les fonctionnalités de pointe mais celles que l'on trouve dans de nombreux produits. C'est particulièrement vrai dans le cas des langages et des API. L'utilisation de fonctions différenciées dans ces causes entraîne le lock-in », termine-t-il.

 

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