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La pénurie de développeurs français est surtout une pénurie de salaires (CodinGame)

Le site de recrutement constate que les salaires français des développeurs et leur satisfaction au travail sont largement inférieurs à ceux de beaucoup de leurs homologues étrangers, ce qui crée les conditions d'un fort roulement.

Le site de recrutement de développeurs CodinGame, basé à Montpellier mais à forte visée internationale, vient de publier sa deuxième étude annuelle sur le marché du travail de cette fonction, ô combien recherchée.

Il en ressort que pour 75 % des développeurs, le salaire reste la condition la plus critique dans le choix d'un poste. Les horaires flexibles (66.3 %) et les défis techniques (63.6 %) sont deux autres conditions importantes d'épanouissement professionnel.

Pénurie ? Oui, mais surtout de salaires

Pour expliquer la pénurie de développeurs en France (qui est aussi liée aux départs des jeunes talents à l'étranger), CodinGame avance donc les salaires comme argument massue.

« Aux États-Unis, le salaire moyen d'un développeur est de 100K$, en Suisse il s'élève à 95K$, en Allemagne à 67 K$, aux Pays-Bas à 64K$ et au Canada à 63K$. Alors qu'en France le salaire moyen reste autour de 53 K$ », explique le site.

La semaine dernière, un autre site de recrutement, Hired notait que le Top 12 des compétences en développement les plus recherchées en France dépassaient toutes les 50 K€ par an à Paris. Mais avec un salaire moyen (52.5K€), presque identique à celui constaté par CodinGame.

« Pour les Juniors (0 à 3 ans d'expérience), le salaire moyen s'établit en dessous de la barre des 38 000 €. Les développeurs plus expérimentés (entre 4 et 7 ans d'expérience) sont en moyenne rémunérés à hauteur de 42 250 €. Le salaire des développeurs Seniors (10 ans+ d'expérience) dépasse quant à lui les 50 000 € », ventile CodinGame.

Un fort turnover

Les RH ont semblent-ils bien intégré cette notion de salaire. Mais pour le reste, elles constitueraient aujourd'hui souvent un frein au recrutement des talents IT plutôt qu'un accélérateur.

« Un facteur bloquant reste le fait que les spécialistes de RH ne comprennent pas le domaine de la tech (pour 21.3 %) », souligne CodinGame.

Là encore, cette étude confirme une autre analyse de Hired qui conseille de confier le recrutement des profils techniques... à des techniciens.

Selon CodinGame, la principale raison qui pousse un développeur à refuser une offre d'emploi est que le poste proposé ne correspond pas à sa description initiale - dont le salaire.

Toujours sur cette question financière, l'étude note que la majorité des sondés déclare bouger au moins une fois tous les trois ans, principalement pour rechercher une meilleur rémunération (60.3 %). Raison connexe, cette bougeotte a pour but de se créer de meilleures possibilités d'évolutions de carrière (49 %) - loin devant le besoin de changer d'environnement (39 %).

Mais, l'enquête montre aussi que l'argent n'est pas - loin s'en faut - la seule condition pour diminuer son turnover de profils IT. « L'ambiance, la communication interne et les valeurs de la société jouent aussi un rôle très important ».

On pourrait y ajouter la possibilité de concrétiser une forme d'aspiration casanière puisque plus d'un tiers des développeurs voudraient travailler dans leur ville natale (32.6 %) ou au moins dans leur région (18.3 %). A l'inverse 26 % sont prêts à partir travailler à l'international.

Des développeurs moins heureux en France

Autre chiffre clef intéressant et préoccupant, il n'y aurait en France que 23 % de développeurs « très contents » - comme au Royaume-Uni et en Russie - là où ce taux de satisfaction dépasse les 30 % au Brésil, au Canada, aux Etats-Unis, en Allemagne et en Pologne.

Dernier enseignement dans ce rapport très riche, le Machine Learning est de loin la compétence que les développeurs planifient le plus d'acquérir en 2019 (pour la moitié d'entre eux) alors que les entreprises externalisent de plus en plus leur IA. Dans les « buzz words » ils ne sont que 16 % à vouloir se former à la blockchain et à la réalité virtuelle, 22,5 % à l'IoT et 23,5 au Big Data.

L'étude a été menée en novembre et en décembre 2018 auprès de 9 000 développeurs dans 120 pays par CodinGame dont le site, qui possède 500 clients internationaux, regroupe plus d'1,3 millions de développeurs dans 175 pays.

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4 commentaires

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52000€ brut à Paris, c'est 69000€ super brut payé par l'employeur soit 77000$...
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et donc?
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on est bien loin des 53000$ indiqués dans l'article.
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En même temps j'ai vu un reportage sur des jeunes ingénieurs français travaillant aux États-Unis payés entre 100 k$ et 150 k$ mais obligés de vivre à 5 ou 6 pour payer le loyer...
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