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Recrutements et rémunérations, l'optimisme reste de mise

Les recrutements de cadres comme les rémunérations, mais aussi les tensions sur les métiers du numérique s'affichent en croissance pour 2020. Conscientes des difficultés, les entreprises changent leurs processus de recrutement.

A l'échelle mondiale, l'année 2019 a rassemblé tous les facteurs qui pouvaient conduire à une crise de l'emploi : le Brexit, des crises sociales dans de nombreux pays, la guerre économique Chine/Etats-Unis, le ralentissement de la croissance en Allemagne…
« Malgré tous ce chaos, le recrutement de cadres a très bien tenu. Ce qui dénote un changement de comportement des patrons. Au lieu de faire des plans de licenciements, ils continuent à recruter, car ils savent que leur performance future en dépend et que l'on va vers une pénurie de talents », explique Antoine Morgaut, CEO EMEA & Americas du cabinet de recrutement Robert Walters, en préambule de la présentation de l'étude de rémunération pour 2020 que le cabinet vient de publier.

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Les cadres restent confiants

L'indice de confiance des cadres en ce qui concerne l'emploi dans leur secteur d'activité se maintient donc à un niveau élevé : 74 % en moyenne en Europe, 80 % pour la France. Cette bonne santé du recrutement est confortée par le baromètre emploi de RégionsJob. En 2019, le nombre d'offres d'emploi proposées en France a progressé de 18 % pour atteindre 815 000. Le segment Ingénierie, études et développement informatique a pour sa part progressé de 22 %. Mieux, la part des CDI a augmenté de 23 %. Résultat, 3 emplois sur 4  (75 %) sont désormais proposés en CDI, la part des CDD est passée de 12 % en 2018 à 10 %, celle du travail temporaire baisse de 17 % à 15 %. 

Augmentations attendues

L'étude de rémunération des cadres montre que la France atteint quasiment le plein emploi. « Nous sommes passés d'un marché “confiant” en 2017 à un marché “optimiste” en 2018 et 2019 », constate Coralie Rachet, directrice générale Robert Walters France. Conséquence, 3 cadres sur 4 (73 %) attendent une augmentation en 2020 et 1 cadre sur 5 espère une augmentation supérieure à 7 %. Ces espoirs tiennent à une individualisation croissante des salaires et à la multiplication des métiers en tension. La rémunération n'est pourtant que le cinquième critère de satisfaction des cadres, le premier étant le sens de leur contribution, l'intérêt du poste et de leur mission.

Tensions dans le numérique

Les métiers les plus demandés en 2019 sont ceux du juridique. Le volume d'offres a progressé de 23 % et l'augmentation attendue en 2020 devrait atteindre 9 % en moyenne. Les métiers du numérique arrivent en deuxième position, ex-aequo avec l'immobilier, avec une augmentation du volume d'offres entre 2018 et 2019 de 19 %. Sans grande surprise, les fonctions les plus demandées sont responsable cybersécurité, data scientist et expert SAP, « ce sont les métiers dans lesquels l'acquisition d'expertise est plus longue », explique Coralie Rachet. Pour l'IT et le digital, l'augmentation de rémunération attendue pour 2020 est de 6 % en moyenne.

Inversion du pouvoir

Qui dit pénurie dit nouvelles manières d'aborder le recrutement. Pour faire face à la pénurie de talents, notamment dans le digital, les entreprises n'hésitent à relocaliser les lieux de travail en centre ville ou à recruter à l'étranger, mais aussi à revoir leurs processus de recrutement.

« On observe une “inversion du pouvoir” dans le recrutement. Par exemple, 57 % des candidats renoncent à une offre car le processus est trop long. De même, il y a beaucoup de contre-offres de l'employeur pour conserver ses cadres et donc de surenchère salariale… », souligne Coralie Rachet. De fait, les entreprises sont attentives au on-boarding, au pré-boarding, à la transparence du management, à l'équilibre vie professionnelle/vie personnelle…

La confiance dans leur avenir et les tensions dans de nombreux métiers rendent les cadres optimistes et… mobiles. Trois sur 4 (74 %) d'entre eux pensent changer d'emploi en 2020, ce taux atteint 84 % dans les métiers de l'informatique et du numérique. « Incontestablement, 2020 sera l'année de la mobilité. », conclut Antoine Morgaut.

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