Stockage élastique et peu cher : SoftIron simplifie encore plus Ceph

La startup britannique agrémente ses appliances NAS/S3 toutes intégrées d’un environnement d’administration graphique qui automatise leur installation et leur maintenance.

Après Red Hat, c’est au tour de SoftIron de proposer une simplification radicale du système de stockage Ceph, réputé aussi puissant que complexe. Fabriquant déjà des appliances de stockage basées sur ce SDS, la startup britannique accompagne désormais ses produits d’un outil d’administration, HyperDrive Storage Manager (HSM), qui découvre et configure tout seul les nœuds d’un cluster, sans qu’il soit besoin de saisir au clavier quelle commande que ce soit.

Doté d’une interface toute graphique, l’outil va jusqu’à représenter le cluster pour faire clignoter des diodes virtuelles et indiquer ainsi, par exemple, l’emplacement d’un disque dur tombé en panne. Des fonctions de plus haut niveau analysent aussi les commandes des administrateurs et bloquent les ordres contradictoires.

« Nous avons voulu que notre solution paraisse aussi intégrée que la baie de stockage haut de gamme d’un grand fournisseur de stockage », déclare Andrew Moloney, en charge de la stratégie chez SoftIron. Ses appliances HyperDrive sont commercialisées depuis environ un an avec l’objectif de proposer aux entreprises des baies de stockage très fiables, très élastiques et très peu chères.

Sur un marché où les baies de stockage coûtent une fortune, l’intérêt principal de Ceph est de transformer sans aucun coût de licence des machines peu chères en un cluster de stockage NAS/S3 théoriquement extensible jusqu’à 16 Exaoctets, soit 16 384 Po. Dans sa brochure commerciale, SoftIron propose notamment ses appliances sous forme de souscription, au prix de 1 centime/Go et par mois.

Une solution entièrement intégrée pour le prix sans la complexité

Basées sur un processeur ARM économique, les appliances HyperDrive embarquent chacune 14 disques dans des configurations 100 % Flash, 100 % disques durs ou hybrides. Le modèle le plus populaire, selon Andrew Moloney, est le nœud de 120 To en mode hybride. Les entreprises en achètent généralement huit pour démarrer avec un cluster d’environ 1 Po.

« Red Hat et Suse, les deux principaux fournisseurs de solutions de stockage basées sur Ceph, cherchent à adresser les besoins des grandes entreprises. L’intérêt de SoftIron est de proposer une solution tarifée pour les PME et les succursales. Ses nœuds HyperDrive peuvent tout à fait prendre place dans des supermarchés, des hôpitaux, des usines qui doivent traiter beaucoup de données, mais qui n’ont pas les budgets d’un datacenter », commente l’analyste Dennis Hahn du bureau d’experts Omdia.

Surtout, SoftIron joue dès le début la carte de la simplicité en proposant des solutions toutes intégrées, là où Red Hat et Suse invitent leurs clients à déployer Ceph sur des serveurs achetés à part. « Ceph est très sensible au matériel. En ayant fait nous-mêmes le design d’une baie où les 14 disques sont directement connectés à un processeur ARM 64 bits, nous apportons clefs en main des performances que n’atteignent pas des machines génériques à base de x86, qui coûtent plus cher et qui demandent beaucoup de travail aux utilisateurs pour donner de bons résultats sous Ceph », argumente Andrew Moloney.

L’une des clés du design des baies HyperDrive de SoftIron est la répartition en usine des fonctions de journalisation et de stockage sur des disques intrinsèquement différents, respectivement des SSD et des disques durs classiques dans les configurations hybrides.

« Le Software-defined est complexe par nature. Et Ceph est lui-même un produit complexe. Dans ce contexte, on ne peut que saluer l’initiative de SoftIron qui propose une solution intégrée jusqu’à, désormais, l’environnement d’administration. Avec sa nouvelle interface graphique, la solution de SoftIron est bien partie pour abolir les obstacles à l’adoption de Ceph par les entreprises », estime Enrico Signoretti, analyste chez GigaOm.

Décliner le modèle à d’autres pans de l’infrastructure

« Les entreprises qui pensent encore que les solutions d’infrastructure de type Software-Defined peuvent fonctionner sur n’importe quel type de matériel doivent s’attendre à rencontrer des déconvenues. À l’épreuve, elles se rendent compte qu’un matériel générique va leur imposer de faire des sacrifices sur les performances ou l’élasticité. Notre objectif est d’atteindre le meilleur du Software-defined en faisant fonctionner des systèmes Open source sur des équipements spécialement conçus pour », ajoute-t-il.

Il révèle que SoftIron pourrait bientôt décliner son modèle à d’autres pans de l’infrastructure. D’ici à la rentrée, la startup pourrait ainsi lancer des modules réseau, baptisés a priori HyperSwitch et basés sur le système Open source SONiC de Microsoft, un autre logiciel handicapé par une trop grande complexité. Par la suite, SoftIron se lancerait dans les appliances de traitement vidéo et audio avec un module HyperCast qui reposerait sur le logiciel Open source FFMpeg. Notons que SoftIron vient de recevoir une aide de 34 millions de dollars de la part de divers investisseurs pour concrétiser ces projets.

SoftIron compte pour l’heure une vingtaine de clients, principalement des universités où les chercheurs sont historiquement des utilisateurs de Ceph. Son seul véritable concurrent est Ambedded Technology, une société taïwanaise qui fabrique elle aussi une appliance de stockage basée sur Ceph et un processeur ARM.

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