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ERP : « Oracle ne nous a pris aucun client » (SAP)

Dans la bataille de mots entre Oracle et SAP sur les résultats de leurs ERP respectifs, le directeur financier de l’éditeur allemand a répondu fermement, devant des investisseurs, aux affirmations de « défections » de ses clients pour Oracle. Il invite son concurrent à donner les noms.

Nouveau round dans le combat des chiffres et la bataille de mots entre SAP et Oracle autour de leurs ERP respectifs. Depuis plusieurs mois, Oracle affirme qu’il gagne des clients de SAP grâce à son ERP cloud, tirant parti d’une forme de désertion des clients échaudés par S/4HANA (des affirmations reprises régulièrement par Larry Ellison, le fondateur et CTO d’Oracle, habitué à « basher » ses concurrents pour mettre en valeur ses propres offres).

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En début d’année, lors de l’OpenWorld Europe, Jurgen Lindner, transfuge de SAP aujourd’hui chez Oracle, confirmait en assurant au MagIT qu’il n’avait « plus besoin de faire du marketing pour que les clients SAP viennent ».

Ceci étant, le SVP allemand du SaaS d’Oracle se gardait bien de citer des noms – même s’il semblait alors qu’ils lui brûlaient les lèvres – et la communication de l’éditeur veillait au grain (cordialement, mais fermement). Sept mois plus tard, Oracle n’a toujours pas donné de noms.

La semaine prochaine, Oracle tiendra un évènement virtuel en remplacement de son traditionnel OpenWorld de San Francisco (qui était prévu à Las Vegas pour 2020). Un des points importants – peut-être pas le plus important, mais qui engagera tout de même sa crédibilité – sera cette fois d’apporter des preuves de ce qu’il avance.

Car la réponse de SAP a été diplomatique. Mais pas tendre.

D’abord une parade…

Le 8 septembre, lors d’un évènement pour investisseurs (la « Citi’s 27th Technology Investors Conference »), le DAF de SAP, Luka Mucic, a en effet renvoyé Oracle, Larry Ellison (et au passage Jurgen Lindner) dans leurs cordes – pour emprunter une expression du domaine de la boxe, correspondant bien à la concurrence des deux géants des applications métiers qui se rendent coup pour coup, verbalement et commercialement.

« J’ai pris ces affirmations très au sérieux », répond Luka Mucic à la question sur le sujet d’un participant. « J’ai fait des recherches en interne sur le Top 10 de nos plus gros clients, puis sur notre Top 50 [N.D.R. : Larry Ellison avait en effet affirmé qu’un des plus gros clients de SAP dans l’ERP avait ou allait passer chez Oracle]. Je suis même descendu plus loin dans la liste. Et bien nous n’avons été, à ma connaissance, remplacés chez aucun d’entre eux ».

« J’ai vérifié personnellement : nous n’avons perdu aucun client », tranche-t-il, on ne peut plus explicite.

… puis un jab et un direct

Mais le DAF ne s’est pas arrêté là. Il a contre-attaqué. Une réplique en deux temps, qui n’est pas sans évoquer un jab et un direct.

« Peut-être qu'à un moment donné, notre concurrent sera plus clair et nous dira exactement de quel client il parle ? »
Luka MucicSAP

Le jab d’abord. « En fait, ce que nous constatons même… c’est que nous avons récemment remplacé des ERP de notre concurrent traditionnel avec S/4HANA. Et c’est vrai dans toutes les régions géographiques, et dans des industries très différentes – l’automobile, les services financiers, les télécommunications. Donc je ne peux que vous répondre en vous disant que, selon nos propres données et nos propres renseignements, nous estimons que nous continuons à gagner des parts de marché […] dans le domaine de l’ERP et dans la gestion de la supply chain en particulier ».

Et le direct enfin : « je pense que la croissance que nous sommes capables d’afficher par rapport à ce concurrent traditionnel, à mon humble avis, parle plus que tout le reste. Peut-être qu’à un moment donné, il pourra être plus clair et nous dire exactement de quel client il parle ? », ironise le DAF.

Avec cette sortie de Luka Mucic – on le rappelle, devant des investisseurs (et non de simples journalistes) – Oracle ne pourra plus longtemps se contenter d’affirmer sans prouver. Sauf à prêter le flanc à SAP, et pire, aux analystes financiers.

Première opportunité de réponse le 29 septembre, lors du Oracle Cloud Applications ?

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