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Rachat de SELL&SIGN : Oodrive dope sa e-signature

Dans le marché en croissance de la signature électronique, les éditeurs français Oodrive et Calinda Software se sont unis pour devenir un acteur européen « significatif » du secteur. Le COO d’Oodrive explique les bénéfices techniques de ce rachat pour oodrive_sign.

Le 28 avril, le spécialiste français de la gestion des contenus sensibles, Oodrive, annonçait qu’il rachetait SELL&SIGN, la solution de signature électronique développée par l’éditeur marseillais Calinda Software.

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Cette acquisition a pour objectif officiel de renforcer « le développement de la suite applicative de partage et de collaboration » qu’Oodrive vient de refondre. Second objectif affiché pour l’éditeur d’origine lyonnaise : devenir l’un « des acteurs significatifs » en Europe, à horizon trois ans, de la e-signature.

Un marché de la e-signature en maturation

De fait, Calinda Software – co-fondée en 2014 par Alexandre Mermod, Chief Executive Officer, et Sébastien Bassompierre, Chief Technical Officer – est une des trois plus belles réussites locales du domaine au côté des Parisiens de UniverSign et des Caennais de Yousign.

« 45 % des Grands Comptes du pays utilisent encore exclusivement la signature papier. »
Oodrive

Le rapprochement a par ailleurs lieu dans un marché en pleine croissance qui semble arriver doucement à maturité. « La croissance mondiale du secteur devrait afficher +25 % par an pour atteindre un chiffre d’affaires global de 3,7 milliards de dollars en 2024, dont 969 millions générés en Europe. En France, ce chiffre devrait être porté à 180 millions d’euros, soit une évolution de +140 % par rapport à 2020 », confirme Oodrive en citant des chiffres d’IDC.

« Paradoxalement, seuls 8 % des entreprises françaises ont à ce stade franchi le cap de la signature 100 % électronique, tandis que 45 % des Grands Comptes du pays utilisent encore exclusivement la signature papier », continue l’éditeur avec, cette fois, des chiffres d’une étude OpinionWay.

L’union signe la force

Le potentiel est donc là. Mais le marché est aussi très concurrentiel. On y trouve aussi bien des géants internationaux spécialisés comme DocuSign, ou plus généralistes comme Adobe (avec Adobe Sign) et comme les compétiteurs de Oodrive (Dropbox et Box). Rester un « pure player » dans ce contexte relevait presque de la gageure pour SELL&SIGN. Pas impossible, mais difficile.

« Ce rapprochement va nous permettre d’accélérer le déploiement de notre solution sur le marché européen et mondial. »
Alexandre MermodCEO de SELL&SIGN

« Ce rapprochement avec Oodrive va nous permettre d’accélérer le déploiement de notre solution de signature électronique intelligente, à valeur juridique garantie, sur le marché européen et mondial », se réjouit en tout cas Alexandre Mermod, CEO de SELL&SIGN.

Du côté de Oodrive, on souligne la dimension « souveraine et hautement sécurisée » de la solution rachetée et « une opération stratégique qui symbolise [sa] volonté de créer une alternative pérenne et attractive pour la donnée sensible au niveau européen ».

Reste que Oodrive disposait déjà d’un outil de ce type avec CertSign (devenu oodrive_sign). Et que des concurrents comme Yousign et UniverSign possède un Visa de Sécurité de l'ANSSI. Alors pourquoi ce choix de la part d’Oodrive ?

Une complémentarité à tous les niveaux

« L’apport est d’abord technologique. Son grand panel de fonctionnalité marque un vrai enrichissement pour notre offre de signature », répond Stéphane Ankaoua, COO de Oodrive dans un échange avec LeMagIT. « La complémentarité, c’est aussi que SELL&SIGN n’a pas d’autorité de certification sur laquelle s’appuyer. En nous appuyant sur CertEurope – tiers de confiance –, nous pourrons délivrer des certificats RGS ou eIDAS et proposer la signature qualifiée ».

« SELL&SIGN permettra de créer tout un parcours de signature dédié à chacun de nos grands verticaux. »
Stéphane AnkaouaCOO de Oodrive

L’autre intérêt majeur de ce rapprochement est le peu de recoupement entre leurs clients actuels respectifs. D’après Stéphane Ankaoua, l’éditeur marseillais cible plus les PME, quand l’éditeur d’origine lyonnaise est plus présent dans les ETI et les grands groupes. Cette complémentarité serait aussi géographique. « Cela nous donne une force de frappe plus importante en France et en Europe, d’autant que la solution est souveraine, très complète, ergonomique et qu’elle répond à nos exigences de sécurité en particulier au Règlement européen eIDAS », ajoute le COO.

Enfin (et surtout ?), la technologie de l’éditeur marseillais va, dans un sens, moderniser oodrive_sign. « Évidemment, SELL&SIGN vient enrichir notre offre de signature électronique. SELL&SIGN se distingue par son offre SaaS, tout-en-un, innovante et simple d’utilisation, avec de nombreuses fonctionnalités clés parmi lesquelles le moteur d’éditique, les balises intelligentes (Smartfields), la signature à distance et/ou en mode déconnecté, la facturation et le suivi des consommations, l’intégration par API [ou encore] la disponibilité multi-device », liste Stéphane Ankaoua.

90 % des besoins du marché européen couverts

« SELL&SIGN permettra de créer tout un parcours de signature dédié à chacun de nos grands verticaux. Nous avons la possibilité de customiser les parcours de signature, par métier, et par domaine d’expertise », souligne-t-il.

« Comme pour toute offre de signature, il y a un tronc commun [entre les deux solutions] qui permet d’éditer un document et de le signer. Mais globalement, SELL&SIGN propose deux fois plus de fonctionnalités qui permettent d’optimiser nos parcours », conclut Stéphane Ankaoua. « Technologiquement, nous pourrons désormais couvrir 90 % du besoin du marché en Europe ».

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