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Green IT : HPE se veut exemplaire en termes de sobriété énergétique

Le fournisseur s’est fixé des objectifs ambitieux sur sa neutralité carbone. Et il compte en faire profiter ses clients.

C’est à ne pas en douter un signe. Commençant sa keynote lors de son événement HPE Discover, qui s’est tenu en décembre à Francfort, Antonio Neri, Président et PDG de HPE, a signifié dès le début « que HPE sera une entreprise neutre au point de vue des émissions carbone en 2040. D’ailleurs, HPE Discover, comme dorénavant tous les événements organisés par HPE, ne produira aucun déchet ».

Au-delà de l’image, l’initiative s’adresse aux multinationales, dont les actionnaires analysent désormais à la loupe le RSE (Responsabilité sociale et environnementale). Les actifs polluants étant désormais inscrits au bilan comptable des entreprises, tous les efforts en termes de développement durable sont présentés comme des bénéfices. Et ces efforts comprennent le fait de choisir un fournisseur lui-même capable de démontrer une politique de développement durable efficace.

En l’occurrence, HPE compte être réellement neutre en termes de CO2, c’est-à-dire que le fournisseur ne compensera pas ses émissions en achetant des « droits à polluer » ou en plantant des arbustes. Cette politique de développement durable, HPE souhaite la transmettre à ses clients en leur proposant des modèles d’utilisation cloud efficaces et en reconditionnant leurs matériels, quelle qu’en soit la marque.

Donner l’exemple

Pour y parvenir, John Frey, Chief Technologist, Sustainable Transformation chez HPE, donne une réponse simple à un objectif compliqué à atteindre : « nous partageons avec nos clients ce que nous faisons nous-mêmes depuis 20 ans. Nous en avons tiré de nombreux enseignements ». HPE va procéder par étapes. En 2030, l’objectif est de réduire les émissions de CO2 de 70 %, et d’utiliser 100 % d’énergie renouvelable – qui est de 50 % à l’heure actuelle.

Précisons qu’aux USA, plus de 80 % de l’énergie est produite à partir de combustibles fossiles (pétrole, charbon, gaz) selon les chiffres de 2019. Mais les émissions de HPE lui-même ne représentent que 3 % de ses émissions globales : la grande majorité est due à l’utilisation des équipements par ses clients (2/3) et par la logistique, notamment le transport (1/3).

Pour l’emploi des serveurs, plusieurs pistes ont déjà été explorées : ils acceptent désormais un fonctionnement à 30°C environ, évitant le recours à une climatisation énergivore. Et le refroidissement liquide, plus efficace que celui par air, se développe.

Une communication plus transparente

Premier constat de HPE en interne et qu’il enseigne à ses clients : « les équipes en charge du développement durable et de la technologie ne se parlent pas, car elles n’ont pas le même langage. Faisons en sorte que le DSI et le responsable du développement durable communiquent entre eux », dit John Frey.

Concrètement, HPE a rédigé des livres blancs à destination de ses clients, mais qui restent valables pour les entreprises clientes de ses concurrents. Ces white papers délivrent plusieurs axes stratégiques clés en matière de politique environnementale.

Par exemple, des progrès sont à portée des entreprises dans le domaine de la virtualisation. Selon l’Uptime Institute, les VMs (machines virtuelles) ne sont utilisées qu’à 30 % de leur capacité. Un comble quand on sait qu’un avantage de la virtualisation est justement d’optimiser la puissance de calcul. Une des solutions envisagées est l’exploitation plus systématique des containers, plus efficace sur le plan énergétique.

Agir sur les datacenters, les langages de programmation, le stockage

Autre point stratégique : la consommation des data centers. Longtemps, l’industrie informatique s’est concentrée sur le PUE (Power usage effectiveness). Mais tout le monde s’accorde aujourd’hui pour dire que cet indicateur n’est pas très significatif : « les entreprises se focalisent sur la façon dont sont construits les datacenters, leur distribution électrique et la climatisation. Or il est temps de se concentrer sur les applications qui tournent sur ces serveurs », estime John Frey.

Autrement dit, mieux programmer les logiciels avec des langages plus sobres. Et là, John Frey n’y va pas de main morte : « le langage Python est à proscrire ». Mais le choix du langage doit aussi prendre en compte des facteurs comme la consommation d’énergie lors de la phase de compilation. 

Enfin, le nombre de données qui croît exponentiellement constitue un autre point noir en termes de sobriété énergétique : elles sont sauvegardées, dupliquées, conservées sur de multiples supports « au cas où », sans que les entreprises ne sachent réellement si elles vont leur servir un jour… Et pour les inciter à faire un peu de ménage dans leurs données, une solution est de les faire payer davantage pour leur stockage. Et d’exploiter des supports économes en énergie : sur ce point, la bande magnétique, dont on prédit régulièrement la fin, a un rôle primordial à jouer.

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