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Mistral AI se rapproche d’Ekimetrics
Pour développer son activité de services, Mistral aurait envisagé de racheter un autre champion français de l’IA, spécialiste des projets à grande échelle, Ekimetrics. Malgré le refus de ce dernier, un rapprochement resterait à l’ordre du jour.
Mistral chercherait à étendre ses sources de revenus au-delà de ses modèles d’intelligence artificielle générative (les LLMs) et serait en train de se rapprocher d’un autre expert en IA, Ekimetrics. D’après une source du Figaro, le co-fondateur de Mistral, Arthur Mensch, aurait même proposé de racheter le cabinet français qui est également éditeur de solutions.
Bonne entente entre X
Ekimetrics aurait refusé l’offre. Mais – toujours selon le quotidien – l’entente entre Arthur Mensch et le co-fondateur d’Ekimetrics, Jean-Baptiste Bouzige, polytechniciens l’un et l’autre, serait bonne et un rapprochement stratégique serait en cours.
Le but pour Mistral est de « muscler » son activité conseils et services pour les déploiements et l’intégration aux processus des entreprises.
Pour mémoire, Ekimetrics est justement une société spécialisée dans la réalisation concrète des projets IA à grande échelle. Elle travaille avec toute forme d’IA – au-delà de la seule IA générative. Elle revendique par ailleurs une approche qui prend en compte diverses dimensions comme la frugalité et la durabilité (avec par exemple une utilisation parcimonieuse de l’IA générative).
Les succès français de l’IA
Moins médiatique que Mistral, Ekimetrics est cependant un autre vrai succès de l’IA française, au même titre qu’Artefact.
Selon un expert des affaires cité anonymement par le Figaro, tout rapprochement entre ces pépites complémentaires aurait donc du sens, à la fois d’un point de vue économique et stratégique ; encore plus s’il intègre un acteur souverain de l’infrastructure et du cloud (comme OVH ou Scaleway par exemple), pour créer un « attelage européen » de l’IA face aux géants américains et chinois.
En septembre 2025, c’est ASML qui s’était rapproché de Mistral. Le géant hollandais, qui fabrique des machines essentielles pour graver des processeurs, a investi 1,3 milliard d’euros dans la licorne française. Officiellement, pour créer une synergie industrielle et avoir un accès privilégié à ses modèles.
Officieusement, cet investissement minime à l’échelle du groupe ASML (première capitalisation boursière européenne et dont un des conseillers est l’ancien ministre français Bruno Le Maire) permettait de sécuriser le capital de Mistral pour qu’il reste européen.
L’Europe, mais aussi l’Amérique
Ce rapprochement entre Ekimetrics et Mistral AI pourrait cependant avoir des visées géographiques bien au-delà de l’Europe.
Dans sa stratégie de croissance, Ekimetrics regarde en effet très fortement vers les États-Unis. En juin 2025, l’entreprise a lancé un plan stratégique, baptisé « Elevate », pour devenir « le leader mondial du déploiement de l’IA à l’échelle ».
« Dans le cadre de ce plan, Ekimetrics va densifier sa présence sur le marché nord-américain », confirmait la société, qui s’est dotée d’un « Hypergrowth Committee » et qui promettait d'« identifier des acquisitions de société pertinentes, afin de tripler son chiffre d’affaires et ses effectifs d’ici 2028 ». La première acquisition a été concrétisée ce mois-ci avec l’acquisition d’Actable, une spécialiste américain de l’analytics client.
Cette volonté d’hypercroissance explique certainement le refus d’Ekimetrics de se vendre. Mais ce pied mis aux États-Unis en fait un partenaire encore plus intéressant pour Mistral, qui ne cache pas, lui non plus, ses intentions de croissance à l’international sur un marché de l’IA générative mondialisé.
Publié le 30/01/2026 et MaJ 03/02/2026 avec l’acquisition d’Actable par Ekimetrics.
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