Process mining, cloud et IA agentique : Celonis se rapproche d’Oracle

Celonis peut désormais héberger sa plateforme de supervision des processus sur Oracle Cloud Infrastructure. L’éditeur allemand et son partenaire américain espèrent accélérer les migrations vers Oracle Fusion Cloud et l’adoption de l’IA agentique.

En conflit latent avec SAP, Celonis renforce son partenariat avec Oracle. Le spécialiste du process mining peut désormais installer sa plateforme sur Oracle Cloud Infrastructure (OCI). Pour rappel, Celonis déploie habituellement sa solution sur Microsoft Azure ou AWS. Il disposait jusqu’alors de connecteurs vers Oracle EBS, NetSuite, Oracle Database 11 g et Oracle Fusion Cloud. Cela lui permettait de centraliser la collecte de données avant les opérations de croisement et d’analyse.

Celonis sur Oracle Cloud Infrastructure

Oracle fait face à un triple impératif. Comme SAP, il a pour objectif d’accélérer les migrations vers le cloud de ses applications métiers legacy. Lui aussi vante les mérites de processus standardisés, basés sur les modèles les plus répandus du marché. Au troisième trimestre fiscal 2026, Oracle a rapporté des ventes en hausse de 14 % par rapport à l’année dernière pour Fusion ERP, et de 15 % pour Fusion SCM et HCM. Cette hausse serait en partie due au taux de change et à une augmentation continue des frais de support, d’après SoftwareOne. Toutefois, plus de 2000 clients auraient passé le cap du go live ce trimestre. Cela n’est généralement qu’une première étape avant une migration complète. Le fournisseur doit accompagner ses clients et l’intégrateur de leur choix.

Toutes les entreprises ne sont pas prêtes pour les déploiements purement greenfield et il faut souvent faire cohabiter les applications Oracle Fusion Cloud avec les anciennes, tout du moins le temps des migrations.

Le processus standard ne fait pas tout

Et quand les applications sur étagère ne suffisent pas, les entreprises peuvent se tourner vers les services Cloud d’Oracle afin de compléter les processus, défend la firme de Larry Ellison. Dans ce cas-là, il faut pouvoir les orchestrer de bout en bout.

S’ajoute à cela l’avènement de l’IA. Oui, Oracle fournit des agents IA sur étagère. Cependant, les intégrations avec les SI de l’entreprise et les cas limites demeurent un effort de personnalisation. De même, il n’est pas d’emblée évident qu’un agent soit plus efficace qu’un humain pour accomplir certaines tâches. Et les entreprises ne sont pas à l’abri de dysfonctionnements du fait du caractère probabiliste des LLM. Surtout, comme pour les migrations vers Fusion Cloud, l’adoption n’est pas encore suffisante pour couvrir les frais d’infrastructure engagée par le groupe en matière d’IA.

D’où l’intérêt pour l’intelligence des processus. Elle est d’ailleurs fortement recommandée par Forrester, à l’ère de l’IA agentique.

Celonis s’étend au-delà de l’ERP

Pour Celonis, il s’agit également d’étendre sa base de clients installés bien au-delà de la sphère SAP. Bien qu’il ait déjà commencé à le faire, la majorité de ses grands clients ont commencé par suivre les processus financiers au sein d’ECC 6 ou de S/4HANA. Justement, une fois les migrations opérées, les clients utilisent sa technologie pour suivre de près les mouvements financiers et ont dû mal à l’imposer au-delà de ce périmètre. Les offres SCM, CRM et HCM d’Oracle représentent donc des opportunités de croissance à plus long terme.

De son côté, SAP a acquis Signavio et tente de convaincre ses clients d’opter pour sa propre solution d’exploration des processus.

Sans oublier les ambitions de certains acteurs, dont UiPath. Le spécialiste de la RPA lorgne de plus en plus du côté du process mining et de l’EDM, les deux credo de Celonis. Il justifie lui aussi ce positionnement à l’aune de l’IA agentique. Plus loin, les acteurs du BPM et du low-code/no-code misent sur des fonctionnalités similaires.

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