HP et Google ont lancé un écran de visioconférence immersive 3D, sans lunettes, qui se veut être « la première rupture technologique majeure dans la collaboration à distance depuis la téléprésence ». Son prix le réserve aux grandes entreprises, mais il affiche déjà plusieurs centaines de commandes.
Le monde de la visioconférence a été agité par le retour au bureau. L’avènement d’un monde majoritairement hybride a déplacé la problématique du software (qui reste importante) pour remettre sur le devant de la scène la qualité des installations physiques et le hardware. Que ce soit pour l’équipement des salles (les « Rooms »), ou pour le travail hybride (avec des périphériques comme les casques à IA intégré).
Dans cette grande évolution mixte, hardware-software, « l’immersif » est une problématique qui commence à être mise en avant par les fournisseurs. Elle reste une offre de niche, encore très en avance de phase, mais elle fait son chemin.
« C’est la première véritable innovation dans le monde de la visioconférence depuis l’invention de la téléprésence. »
Cédric CoutatPDG de HP France
Et plus récemment, HP et Google ont sorti en commun un produit d’un nouveau genre, très intrigant, qui rappellera aux plus anciens les films avec lunettes 3D, mais sans lunettes.
« HP Dimension avec Google Beam » – c’est le nom de la « chose » – est intéressant à plus d’un titre. Bien qu’étant à la fois futuriste et rétro/vintage (elle prend la forme d’une grosse télévision qui rappelle l’époque des tubes cathodiques), l’appareil aurait trouvé un public, intéressé par le réalisme du rendu.
Le dispositif « apporte le meilleur de la 3D et de la spatialisation de la téléprésence d’antan, à un coût bien moindre et dans un format bien plus compact », vante Cédric Coutat, PDG de HP France. « C’est la première véritable innovation dans le monde de la visioconférence depuis l’invention de la téléprésence. »
Grâce à l’IA, « HP Dimension avec Google Beam recrée la sensation d’une interaction en face-à-face – sans casque, lunettes et sans autre accessoire – pour un contact visuel proche de celui en présentiel », décrit par ailleurs le constructeur.
L’IA de Google, le hardware de Poly
Le dispositif s’appuie sur un système de six caméras intégrées à la « grosse télé », de micros (deux Poly Studio A2, de chez HP également), d’un éclairage adaptatif et d’une table (obligatoire).
Le HP Dimension avec Google Beam
L’écran peut s’accrocher au mur, mais il pèse tout de même 120 kilos pour une diagonale de 65 pouces et une profondeur de 30 cm. Avec son socle, le dispositif monte à plus de 240 kilos.
Ces six caméras et l’IA de Google (Beam donc) recréent « une représentation vidéo 3D réaliste de chaque participant avec un rendu fidèle en termes de taille, de profondeur, de couleur et de contact visuel. »
Sur le plan technique, l’ensemble du traitement du signal s’effectue dans le cloud de Google ; ce qui permet à la solution d’offrir une qualité de rendu inaccessible à un traitement local, justifie Cédric Coutat.
Ce qui implique une connexion de 50 Mb/s en symétrique (soit environ dix fois plus que pour une visio classique) et une latence maximale de 100 ms pour que le rendu immersif puisse fonctionner en temps réel sans décalage perceptible. Ces contraintes constituent les conditions sine qua non pour bénéficier de la 3D immersive.
Le système prend également en charge les visios traditionnelles (Zoom, Meet, Teams, WebEx, etc.), mais son intérêt se concrétise réellement lorsque les deux interlocuteurs sont équipés. HP Dimension supporte les réunions Google Meet et Zoom classiques, et peut se connecter aux réunions Teams au travers d’une passerelle d’interopérabilité vidéo.
« Un levier de productivité »
Quels bénéfices, d’ailleurs ? Ce concentré de R&D et de miniaturisation – le prototype de départ occupait l’équivalent d’un gros simulateur en borne d’arcade – ne serait pas un gadget.
« Au-delà de l’effet “Waouh !”, les bénéfices sont mesurables et significatifs. »
Cédric CoutatPDG de HP France
HP l’assure, chiffre à l’appui : +39 % de communication non verbale supplémentaire, +14 % de focus sur son interlocuteur, +28 % de mémorisation du contenu de l’échange, et +37 % de prise de parole ; signe d’un échange plus naturel et engagé.
« Au-delà de l’effet “Waouh !” généré par l’expérience, les bénéfices sont mesurables et significatifs par rapport à une visioconférence classique », assure Cédric Coutat. « On ne parle pas d’un outil de prestige, mais d’un véritable levier de productivité et d’efficacité dans les échanges. »
Les cas d’usage cités par les premiers clients touchent les réunions entre dirigeants et managers, les entretiens de recrutement et les entretiens annuels (RH), les formations à distance, ou encore la téléconsultation avec un spécialiste, notamment dans le secteur médical.
Une offre très sélective
Sur les marchés ciblés, HP adopte une approche volontairement sélective. Dans le secteur privé, la priorité est donnée aux grandes entreprises internationales qui possèdent des sites de décision dans les pays du lancement (France, Allemagne, Royaume-Uni, États-Unis, Canada et Japon). Ce sont elles qui ont constitué la première vague de déploiement depuis mai 2026.
Dans le secteur public, ce sont les entités distribuées en région qui sont visées en priorité.
La distribution est sélective également. Elle s’appuie sur un réseau de partenaires triés sur le volet. En France, seuls Orange et Vidélio ont été retenus pour leur savoir-faire « historique » dans les solutions HP et Poly.
30 k€, mais déjà des clients
Lors de la phase de prélancement, HP a réalisé de nombreuses démos pour faire découvrir la solution : à l’occasion de l’ISE à Barcelone, dans différents Customer Welcome Centers de HP, et dans les Google Cloud Spaces aux États-Unis et en Europe (Londres, Paris, Barcelone).
« Le carnet est plein, et le prix n’est pas le frein que l’on pourrait imaginer : les clients voient rapidement le ROI. »
Cédric CoutatPDG de HP France
Avec à la clé, des intentions de commandes. En France, la curiosité des entreprises serait piquée. Et ce n’est pas qu’une impression, insiste le PDG de la filiale.
« Cette phase de prélancement a permis d’enregistrer des intentions de commandes pour plusieurs centaines d’unités », assure Cédric Coutat. « Le carnet est plein, et le prix n’est pas le frein que l’on pourrait imaginer : les clients voient rapidement le retour sur investissement. »
Le prix, justement. À 30 000 € pièce (et non par paire d’écrans), le tarif est hors de portée des PME. Mais il reste cohérent avec le positionnement haut de gamme assumé par HP et Google sur ce segment.
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