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Mistral AI met un deuxième pied (et 1,2 milliard d’euros) dans l’infrastructure
Le spécialiste français de l’IA générative annonce un investissement en Suède. Pour Mistral, c'est un nouveau pas vers une indépendance de l’Europe dans l’IA.
Mistral va investir 1,2 milliard d’euros dans une infrastructure en Suède dédiée à la conception, à l’optimisation et à l’exploitation de modèles d’IA.
Une infrastructure destinée au marché européen
« Cet investissement constitue une étape concrète vers la construction de capacités indépendantes en Europe, dédiées à l’IA », se félicite Arthur Mensch, CEO et cofondateur de Mistral. « Cette initiative pose les bases d’un cloud européen de l’IA, capable de servir à grande échelle les industries, les institutions publiques et la recherche. »
Le projet sera mené en partenariat avec EcoDataCenter dans la petite ville de Borlänge, à 200 kilomètres de Stockholm.
EcoDataCenter revendique une forte implication environnementale. Son projet à Borlänge réhabilite le site d’une papeterie. Ses installations utiliseront 100 % d’énergies renouvelables. Les conditions climatiques de la région seraient par ailleurs favorables au refroidissement naturel avec un recours massif au free cooling.
Côté conception, EcoDataCenter met régulièrement en avant qu’il utilise des matériaux comme le bois pour réduire l’empreinte carbone. Enfin, comme dans beaucoup de sites, il intègre des systèmes de récupération de chaleur pour la réinjecter dans les réseaux de chauffage urbain locaux.
Déjà un datacenter en France
La première phase de ce campus de très grande capacité bénéficiera d’une capacité énergétique initiale de 250 MW, avec une extension possible jusqu’à 600 MW.
La mise en service est prévue pour 2027.
Il s’agit de la première infrastructure d’IA de Mistral AI implantée hors de France et de la deuxième en tout.
Précédemment, à l’automne 2025, le spécialiste de l’IA générative a ouvert une autre infrastructure dédiée à l’IA de plusieurs milliers de mètres carrés et « de plusieurs milliards d’euros » – dixit son président – à Bruyères-le-Châtel dans l’Essonne.
Cette infrastructure près de Paris est hébergée par l’opérateur français Eclairion et réalisée en coopération avec Fluidstack. Sa puissance est bien inférieure à celle du futur site suédois puisque sa capacité énergétique est de 40 MW, avec un objectif à terme de 100 MW.
Avec le site de Borlänge, Mistral met donc un deuxième pied dans l’infrastructure, mais il passe surtout à l’échelon supérieur.
Mistral Compute
Ces deux infrastructures ne serviront pas que les besoins internes de Mistral. Ils sont aussi deux fondations de l’offre « Compute », dévoilée en juin 2025, et que l’éditeur veut muscler.
Pour mémoire, Mistral Compute est une panoplie de services d’hébergement de charges de travail IA – du Bare Metal au PaaS.
Sous le capot, cette plateforme est propulsée par les 18 000 GPU Blackwell (B200) et Blackwell Ultra (B300) du datacenter francilien de Mistral.
L’offre devrait donc profiter des nouvelles capacités du datacenter suédois en 2027 et, dans un troisième temps, du grand campus IA en Île-de-France prévu pour 2028, auquel Mistral est associé sous la forme d’une co-entreprise avec NVIDIA, Bpifrance et le fonds MGX.
Mistral, fer de lance de la souveraineté
Mistral AI inscrit son datacenter suédois dans un mouvement européen plus large.
L’éditeur français assure que, l’année passée, les gouvernements et les organisations ont intensifié leur collaboration avec lui pour développer des capacités d’IA sur mesure, avec l’intention clairement affichée de réduire leur dépendance aux fournisseurs non européens.
Toujours dans cette optique « souveraine », Mistral a également entamé des collaborations avec la France, le Luxembourg, la Grèce et l’Arménie pour contribuer au déploiement de stratégies nationales en matière d’IA, au soutien de la recherche et à l’adoption de l’IA par les entreprises.
En sens inverse, l’éditeur a bénéficié en septembre 2025 d’un investissement de 1,3 milliard € du géant industriel hollandais ASML qui a assuré, par là même, que le capital de la pépite française restait majoritairement européen.
