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Mistral AI et Cloudera s’allient autour de l’IA privée

Si le discours sur la souveraineté reste à nuancer, l’alliance de Mistral AI et Cloudera repose avant tout sur l’IA privée et le contrôle des infrastructures et des données au service des secteurs bancaire, industriel et public.

Le 10 septembre, Cloudera et Mistral AI ont annoncé un partenariat en direction des entreprises régulées.

Les clients de Cloudera pourront déployer la majorité des modèles d’IA développés par la startup française dans leurs environnements cloud, hybrides, sur site ou isolés d’Internet. Cela inclut les modèles de raisonnement (Mistral Large 3, Medium 3.5, etc.), de programmation (Codestral), de traitement de documents (OCR) et de speech-to text (Voxtral).

Les modèles seront accessibles depuis la place de marché Cloudera Enterprise AI, un module de la CDP et depuis Anywhere Cloud, la plateforme nouvelle génération de l’éditeur américain.

Un partenariat pour les entreprises régulées

Évidemment, c’est cette deuxième option que Cloudera entend mettre en avant. Anywhere Cloud s’appuie sur la distribution Kubernetes de Taikun, une société acquise en août 2025. Selon l’éditeur, elle permet d’accélérer les déploiements en passant de plusieurs heures à quelques minutes.

Par ailleurs, les clients de Cloudera pourront s’appuyer sur l’intégration à Mistral Forge, une solution de bout en bout pour affiner (fine tuning) ou réentraîner des grands modèles de langage sur les données à leur disposition, sans sortir des environnements sécurisés. Mistral AI n’a toujours pas détaillé publiquement sur quel cloud Forge peut être déployé. Des intégrations avec Mistral Vibe et Mistral Studio sont également à l’étude.

« Nous avons échangé avec de nombreuses grandes entreprises mondiales issues de secteurs réglementés comme les services financiers, la production industrielle et les télécommunications. L’un de leurs partenaires stratégiques communs est Cloudera », justifie Mistral AI, dans un communiqué de presse.

Mistral AI cherche ainsi à étendre sa présence internationale. Plus tôt cette année, il avait annoncé un partenariat go-to-market avec Microsoft.

« En matière d’hébergement local et souverain ainsi que d’ouverture, nous partageons les mêmes valeurs avec Mistral AI », affirme Fabien Pétiau, vice-président France et Afrique du Nord chez Cloudera. « En France, ce partenariat résonne avec les exigences de nos clients dans le monde bancaire, la défense et le secteur public ». Un partenariat que Cloudera souhaite populariser auprès de ses partenaires.

Une IA privée plus que souveraine

Pour l’heure, le discours sur la souveraineté ne tient pas totalement. Cloudera est un acteur américain. L’éditeur assure que sa PaaS et son offre on premise ne sont pas assujettis au FISA Act et que le risque d’exposition au CLOUD Act est minimal : il n’héberge pas directement les données des entreprises. Dans les faits, si ses clients hébergent des données sur les clouds des fournisseurs américains, ces deux lois s’appliquent pleinement. Les autorités ne passeront tout simplement pas par Cloudera.

Cloudera cherche toutefois des solutions pour répondre aux exigences des services publics. Les discussions avec les fournisseurs proposant des offres estampillées SecNumCloud se poursuivent pour proposer une version self-managed de la plateforme Cloudera dans des environnements cloud sécurisés, en France.

« Si la solution Cloudera est utilisée sur des infrastructures en propre ou sur des clouds souverains, alors la totalité de la chaîne est souveraine », affirme Denis Fraval-Olivier, directeur senior des avant-ventes en EMEA chez Cloudera, sur LinkedIn.

Seul le déploiement de la plateforme Cloudera sur AWS European Sovereign Cloud est officialisé. Malgré les garanties supplémentaires promises par Amazon, cette infrastructure demeure exposée aux lois étasuniennes.

En dehors du cloud, les solutions de Cloudera offrent surtout un contrôle des données et une indépendance vis-à-vis des hyperscalers. « En France, comme ailleurs nos clients cherchent à contrôler la localisation des données, assurer leur gouvernance, leur classification, leur sécurité », martèle Fabien Pétiau.

Éviter la tarification au million de tokens

À cela s’ajoute le contrôle des coûts. En France, en Afrique du Nord et aux États-Unis, certains clients de Cloudera réinvestissent dans des centres de données. En matière d’IA, ces mêmes entreprises cherchent à moins dépendre de la facturation au tokens. Elles souhaiteraient également éviter les surprises causées par les traitements de données serverless. « Concernant les traitements de données et l’IA dans le cloud, nous avons un modèle de consommation à l’heure et à l’utilisation, mais nous savons prédire notre tarification et éviter les pics », avance le vice-président.

En mode hybride, l’éditeur utilise les mêmes métriques pour définir le coût de la souscription annuelle. Pour les déploiements sur site, la licence annuelle dépend généralement du nombre de nœuds, de la taille de cluster, des charges de travail et du volume de données.

En s’associant à Mistral AI, Cloudera cherche surtout à dire à ses clients qu’il n’est pas à la traîne en matière d’IA privée. Son concurrent Teradata mise actuellement sur Nvidia NIM. Cloudera entend aussi marquer sa différence avec Databricks et Snowflake, eux aussi partenaire de la startup française, mais dans le cloud public. Reste que le fournisseur de LLM n’est plus dans la course face à Anthropic, OpenAI et les acteurs chinois. C’est donc le cas d’usage et le niveau de contrôle qui dictera la pertinence des LLM de Mistral AI pour les clients de Cloudera.

 

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