viperagp - stock.adobe.com

Pour l’IA, Numspot mise sur des partenaires

Concentré sur la mise à disposition de ses premiers services PaaS essentiels et leur qualification SecNumCloud, le fournisseur de cloud fait appel à des partenaires pour lancer des services d’IA : ThinkDeep et ABA Technology. Pour le compte de la Caisse des dépôts et consignations, Numspot travaille avec les équipes de Mistral AI.

En cours de qualification SecNumCloud pour ses offres IaaS et PaaS, Numspot veut aussi mettre à disposition de ses clients des services d’IA (Numspot IA).

« Le parti pris de Numspot est de délivrer des plateformes complètes, du GPU jusqu’à l’interface », avance Alexis Gendronneau, directeur Data et IA chez Numspot.

Néanmoins, si les collaborateurs de Numspot exploitent l’IA (certains développeurs consomment 1 milliard de tokens par semaine, dixit Alexis Gendronneau), ils n’ont pas encore la bande passante pour livrer des services IA managés en propre.

En attendant, la société lancée par la Banque des territoires, Bouygues Telecom, Dassault Système et Docaposte s’appuie d’abord sur les technologies et services de partenaires.

IA : deux partenariats et une « collaboration »

Ils sont pour l’instant au nombre de deux : ThinkDeep et ABA Technology.

ThinkDeep est une société installée près de Bordeaux. Elle développe la plateforme DeepBrain qui permet d’orchestrer des pipelines RAG. Elle s’appuie sur des techniques de recherche hybride (vecteurs+mots clés), de reconnaissance visuelle des documents et de GraphRAG.

En partenariat avec Nvidia, ThinkDeep a installé pour le compte du ministère de l’Économie et des Finances un système RAG et des assistants IA pour simplifier le langage administratif auprès des contribuables (« Parler Clair »). Les agents n’ont pas été pleinement convaincus lors des phases d’expérimentation. Le système en cours de déploiement auprès de 10 000 d’entre eux a été depuis mis à jour.

Chez Numspot, ThinkDeep met à disposition les interfaces utilisateur, les briques RAG, et les LLM. La société déploie ses solutions sur le Kubernetes managé, le IAM et les GPU mis à disposition par le fournisseur cloud. ThinkDeep peut aussi au besoin s’appuyer sur la DBaaS PostgreSQL de Numspot et son extension pgvector (la société semble régulièrement utilisée le SGBD Milvus).

« Nous avons choisi ThinkDeep pour la pertinence de leurs solutions techniques et eux nous ont sélectionnés pour l’efficacité du déploiement sur notre plateforme », affirme Alexis Gendronneau.

C’est plutôt ABA Technology qui a choisi Numspot. L’ESN-société d’édition logicielle marocaine basée à Casablanca est spécialisée en IoT et en IA. « ABA Technology est venu nous voir en nous expliquant qu’ils avaient beaucoup de demandes en France pour héberger leurs solutions dans des environnements qualifiés HDS, SecNumCloud ou simplement souverain », raconte Éric Haddad, président exécutif de Numspot.

ABA Technology a développé la plateforme FusionAI. Celle-ci est destinée au développement de flux d’orchestration agentique low-code/no-code. Elle s’appuie sur des LLM, des agents IA, des algorithmes de machine learning, les outils du marché tout en permettant la collecte de données IT et OT (en provenance du cloud, des PLC, des équipements Edge, des ERP sur site, etc.). FusionAI est déclinée en solutions pour les entités de R&D, les gouvernements et les entreprises.

Par ailleurs, Numspot « collabore avec Mistral AI ». Il « encapsule » Mistral AI Studio et Mistral Vibe pour le compte de la Caisse des Dépôts, ses filiales et la Banque des Territoires. « Les services s’exécutent sur la plateforme de Mistral AI et les infrastructures sous-jacentes », précise Éric Haddad. « Notre plateforme sert ici à sécuriser et protéger les données », ajoute-t-il. Le projet est en cours de déploiement auprès de 10 000 agents et cadres de la Caisse des Dépôts. Un autre suivra pour la Banque des Territoires.

Ce déploiement s’inscrit dans un accord-cadre signé en février par le groupe Caisse des Dépôts avec Sopra Steria et Computacenter. Il s’étalera sur une durée maximale de quatre ans. Mistral AI est missionné pour mettre à disposition 40 000 licences de Mistral Vibe et AI Studio (jusqu’à 100 000 licences d’ici à la fin de vie du contrat). Il participera également à la mise en place d’une IA Factory au sein de la Caisse des Dépôts. Outre les prestations de services, Sopra Steria et Computacenter mettent à disposition du groupe des capacités de calcul, dont des instances cloud souveraines et de confiance.

« Souverain et français », bientôt de confiance, Numspot ne veut pas se fermer de portes

Éric Haddad prend ainsi l’exemple du projet de la Caisse des Dépôts pour rappeler la stratégie d’hybridation de Numspot. « Notre capacité à sourcer des GPU pour nos clients est importante », illustre-t-il. Cette approche vise à sécuriser les environnements, même en dehors d’un cloud qualifié par l’ANSSI, tout en promettant aux clients le choix de leurs infrastructures.

Si le fournisseur entend porter sa plateforme sur site, l’hybridation passe principalement par le fait que la région non qualifiée est ouverte aux intégrations sur site et avec d’autres clouds.

Numspot accède pour le moment à deux régions cloud d’Oustcale : eu-west-2 et cloudgouv-eu-west-1. Si la seconde est qualifiée SecNumCloud, Numspot doit tout de même obtenir le coup de tampon de l’ANSSI (le jalon J3) pour son IaaS.

L’acteur espère obtenir le précieux sésame d’ici au mois de septembre pour son offre qu’Alexis Gendronneau qualifie de « monotenant-as-a service ». L’audit d’un IaaS par « composition » – du fait de la gestion de l’infrastructure par Oustcale et de la console et de l’orchestration par Numspot – serait une première pour l’ANSSI.

« Tous les audits ont été passés », affirme Éric Haddad. « En ce qui concerne les services PaaS, nous commençons l’audit du jalon J2 la semaine prochaine », ajoute-t-il. Dans le meilleur des cas, ils pourront être qualifiés d’ici à la fin de l’année 2026, mais il faudra probablement attendre 2027. « Tout dépendra de la disponibilité de l’ANSSI », insiste le dirigeant.

En parallèle, d’autres services managés d’IA suivront. Tout comme des briques de gestion de données et d’analytique.

« Les services de gestion de données et d’analytique sont sur notre feuille de route à court et à long terme », assure Alexis Gendronneau. « Nous adopterons sans doute la même stratégie qu’avec l’IA : des briques open source que nous proposons en propre et des partenariats avec des éditeurs qui sont en phase avec nos valeurs et notre stratégie ».

Numspot tente ainsi de se distinguer des fournisseurs cloud américains et des S3NS (Thales Google) et Bleu (Capgemini, Orange, Microsoft). Ces deux derniers font déjà mouche : ils attirent les grands comptes et les éditeurs, même en dehors de France. Si Numspot ne voit pas OVHcloud comme un concurrent, Scaleway et Cloud Temple sont également de la partie.