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Avec iResOps, Veeam bascule dans la gouvernance des données
Issu du rachat de Securiti.AI, le nouveau logiciel cartographie et surveille les données, pour l’heure uniquement celles de Microsoft 365. Veeam le présente comme une extension de ses solutions de sauvegarde, mais il ne nie pas qu’il pourrait aussi servir aux métiers.
Veeam, qui édite d’ordinaire des logiciels pour sauvegarder les serveurs, lance une solution de gouvernance des données. Baptisé iResOps (Intelligence Resilience Operations), il cartographie et surveille les documents. Son but est de mieux identifier leur fonction et leur propriétaire, de mieux étiqueter leurs contenus critiques, de mieux faire le ménage parmi eux pour économiser de l’espace de stockage, et d’alerter l’administrateur responsable en cas d’effacement accidentel.
Si ces fonctions ne sont pas nouvelles parmi la myriade de solutions qui proposent déjà aux entreprises la gouvernance des données, l’intérêt d’iResOps serait d’être connecté au reste des logiciels Veeam pour restaurer plus directement des données perdues depuis une sauvegarde.
« Ce qu’on apporte finalement à la gouvernance des données, c’est un bouton Annuler. Pour annuler une erreur humaine, ou, ce qui est d’autant plus d’actualité, annuler l’effet malheureux qu’un agent d’IA a eu sur des documents et qu’iResOps a détecté, car il suit en en continu tous les accès à ceux-ci », argumente Yoann Castillo, le directeur avant-vente de Veeam France, lors d’un entretien avec LeMagIT.
Le logiciel est pour l’heure limité à la surveillance des données stockées en cloud par Microsoft 365. Il est donc d’abord vendu comme une option à Veeam for Microsoft 365, le service que l’éditeur propose pour sauvegarder les documents créés par la version en ligne de Microsoft Office.
À terme, Veeam entend cependant le décliner pour toutes les autres ressources que ses logiciels savent sauvegarder et restaurer. Dans ses cartons, des versions pour accompagner ses solutions de sauvegarde du gestionnaire d’identité Okta, de GitHub, d’Azure DevOps et de Google IAM, toutes affiliées à sa collection de services Veeam Data Cloud, devraient arriver courant 2027. Des versions dédiées aux sauvegardes sur site paraîtront après.
iResOps est issu du rachat de Securiti.AI par Veeam fin 2025. Securiti.AI était l’éditeur d’un logiciel éponyme de cartographie des données stockées en cloud hybride. Il indexait et classait les documents sur les services qu’on lui indiquait, monitorait leur activité en continu et disposait de fonctions automatisées pour les rendre conformes aux réglementations (alertes de contenus sensibles, anonymisation, etc.) ou encore repérer les biais classiques des accès par des agents d’IA.
Cartographier pour faire le ménage dans les sauvegardes... initialement
Reste à savoir pourquoi Veeam s’aventure dans le domaine de la gouvernance des données, une discipline relativement éloignée de sa spécialité et qui commence à devenir une option commune parmi le tout-venant des fournisseurs d’infrastructures.
Ainsi, un client Veeam qui sauvegarderait les données qui sont stockées par des serveurs Cisco sous Nutanix sur des baies de stockage NetApp (ou EverPure) se retrouverait désormais avec quatre solutions optionnelles pour cartographier ses données. Respectivement Veeam iResOps, Cisco Data Fabric, Nutanix Data Lens et NetApp Data Estate Mapping (ou EverPure Data Intelligence). Sans parler des spécialistes du domaine : Panzura, Igneous... Spontanément, ça fait beaucoup.
« Il y a deux raisons qui nous poussent à partir dans cette direction. La première est que nos clients ont exprimé ce besoin. La seconde est que nous avons la conviction que cette notion de gouvernance, pour fonctionner correctement, a besoin de s’appuyer sur un socle de résilience, c’est-à-dire une solution de sauvegarde à partir de laquelle on peut restaurer une information saine. Or, parmi tous les acteurs que vous avez cités, nous sommes les seuls à proposer un tel socle », argumente Yoann Castillo.
Concernant la demande que les entreprises auraient exprimée à Veeam, elle aurait avant tout été liée à des considérations purement économiques. Au fil du temps, les utilisateurs amasseraient des données en perdant régulièrement de vue à quoi elles servent et leur cumul coûterait de plus en plus cher à sauvegarder, alors qu’il n’est même pas certain qu’elles méritent toutes d’être préservées.
« Et à propos de Microsoft 365 en particulier, le fait est que SharePoint est devenu dans les entreprises un tel fourre-tout, que ce n’est même plus une plateforme collaborative, c’est la plupart du temps un véritable datalake », alerte Yoann Castillo, en faisant référence à ces entrepôts dans lesquels on réunit en vrac toutes les données existantes dans l’entreprise dans l’espoir qu’une application décisionnelle soit capable d’en tirer une prédiction pas trop fumeuse de l’activité à venir.
iResOps permet a priori de sortir d’une telle situation en collectant en continu des métadonnées chronologiques à propos des documents qu’il supervise, puis en les stockant dans une base orientée graphe qui sert à faire le lien entre les contenus. C’est cette base orientée graphe qui est ensuite présentée sous la forme d’une cartographie, laquelle donne une vue aérienne très pratique pour identifier ce qu’il faut jeter, ce qu’il ne faut surtout pas abîmer et qui est l’utilisateur responsable de tel ou tel contenu.
« Un de nos clients dépense quasiment 1 million d’euros par an dans SharePoint. Il est venu nous voir en disant je veux optimiser, je veux payer moins cher, je veux comprendre ce que je stocke, comment je le stocke et si j'ai des données sensibles à l’intérieur qui doivent être traitées à part », ajoute Yoann Castillo pour appuyer son propos.
Au-delà de la DSI, des fonctions qui intéressent les métiers
Sauf que l’histoire ne s’arrête pas. Les fonctionnalités d’iResOps sont si particulières, que Veeam se sent désormais capable d’étendre ses activités au-delà de la sauvegarde. Après tout, iResOps est capable de pointer rapidement des données réglementées sur certains marchés et des propriétaires de document qui ne travaillent plus dans l’entreprise. Et il n’est pas du ressort de la DSI de savoir quoi faire de ces informations.
« C’est-à-dire qu’une fois que nous avons démontré les capacités d’iResOps à des clients-tests, ils ont considéré qu’ils pouvaient l’utiliser pour aller au-delà de la simple réalisation d’économies », intervient Marc Dollois, le nouveau directeur général de Veeam en France et dans les pays francophones.
« Initialement, nous interagissions avec leurs équipes informatiques, car le sujet était sur les optimisations réalisables parmi tout ce qui était sauvegardé. Mais, de nos jours, la DSI n’a plus toutes les clés des conséquences liées aux données. Les métiers sont impactés par ce qui se passe sur les données, ils font des études légales, des études juridiques. Donc nous avons été invités à rencontrer leurs équipes commerciales, leurs équipes légales, pour qu’elles comprennent comment elles pourraient utiliser à leur avantage cette cartographie », explique-t-il.
« Et oui, nous voulons devenir le partenaire de nos clients autour de ces aspects-là aussi. Nous voulons être le fournisseur des outils qui vont permettre à leurs métiers d’avoir une bonne utilisation et une bonne visibilité de la donnée », conclut-il.
Yoann Castillo ajoute qu’iResOps a, selon lui, une interface graphique suffisamment visuelle et ergonomique pour être utilisé par des personnels non techniques. « Après, c’est à l’entreprise de décider qui peut l’utiliser, pas à Veeam », pondère-t-il.
