Cet article fait partie de notre guide: Cloud hybride : l'avenir du Cloud se dessine

NetApp avance vers le stockage Cloud hybride, mais (très) doucement

A l’occasion de son événement américain Insight 2015, le fabricant de baies de stockage s’est contenté d’annoncer un accord avec Google et des baies prêtes pour le cloud hybride. Les offres hybrides européennes et les baies FlashRay sont (encore) remises à plus tard.

Juste un accord avec le service de stockage en ligne de Google. Un an après son lancement, la stratégie intitulée Data Fabric de NetApp, qui vise à proposer à ses clients d’étendre leur stockage local avec de l’espace en plus dans le cloud, avance doucement. A date, Data Fabric est compatible avec Amazon AWS, Microsoft Azure, IBM Softlayer et, à présent, Google Cloud Platform. Mais uniquement pour les instances américaines.

« Nous avons une instance de Data Fabric sur le site irlandais d’AWS, mais pas encore sur celui de Francfort. En France, nous aurions aimé déjà proposer un accord avec l’un des offreurs de cloud souverain, mais leur business est un peu compliqué en ce moment. Nous ferons néanmoins une annonce européenne dans les semaines à venir », assure Jean-François Marie, directeur marketing de NetApp EMEA, au lendemain de l’événement Insight 2015 qui vient de se tenir à Las Vegas.

Il promet de prendre la mesure de toute l’attente des entreprises pour des solutions de cloud européennes. Qui plus est dans le contexte actuel où l’Europe considère que l’accord Safe Harbor ne suffit plus à garantir l’application du droit européen sur les données stockées sur le sol américain.

Un cloud hybride limité par la rareté des accords commerciaux

Les solutions de cloud hybride de NetApp fonctionnent lorsqu’une baie du constructeur est physiquement installée chez l’hébergeur de cloud, ce qui explique, selon Jean-François Marie, que la disponibilité d’un tel service se fasse attendre.

Pourtant, NetApp propose depuis un an Cloud Ontap, une version de ses baies de stockage en machine virtuelle, bien plus facile à déployer qu’un matériel. On ignore pourquoi celle-ci n’a été jusqu’ici déployée que dans les clouds américains d’AWS.

Dommage. Car NetApp propose désormais des baies « tout-en-un » qui intègrent d’origine l’extension des données dans un cloud public, à des fins de sauvegarde peu chère et, surtout, pour garantir la reprise d’activité en cas d’incident sur site. Le modèle type est un cluster de quatre nœuds - deux tiroirs de disques SSD, deux autres de disques classiques - destinés à stocker les bases de données SQL d’Oracle ou de Microsoft. Mais pas dans un cloud européen, à part AWS Dublin.

Et NetApp ne communique pas non plus sur de telles offres disponibles chez des prestataires de cloud privés français.

Encore plus étrange, NetApp n’a pas eu l’idée d’associer son système de cloud hybride avec celui de Cisco, Cisco ONE Enterprise Cloud Suite, alors que les deux constructeurs proposent ensemble l’infrastructure convergée FlexPod, un bundle comprenant des serveurs et du réseau de Cisco avec du stockage de NetApp. Cisco ONE Enterprise Cloud Suite ne fonctionne, lui aussi, qu’avec des hébergeurs partenaires.

Pire, alors que les Flexpod étaient jusqu’ici utilisés pour exécuter du SAP HANA ou des machines virtuelles VMware, les deux fabricants le repositionnent aujourd’hui comme une plateforme de cloud privé OpenStack, c’est-à-dire avec une troisième technologie potentielle pour faire du cloud hybride.

« Il n’y pas qu’un seul moyen d’étendre un cloud privé dans du cloud public. Au moins, avec Flexpod, nous offrons plusieurs possibilités de cloud hybride, pour satisfaire un maximum de besoins », élude Jean-François Marie.

Le vrai frein : l’adoption lente de Clustered Ontap

Il n’y a un autre problème : le stockage hybride, mi-local et mi-cloud public, ne fonctionne que si la baie de stockage locale dont dispose l’entreprise tourne sous le système Clustered Data Ontap.

Or, non seulement les clients historiques ne mettent pas à jour leurs baies FAS vers ce système, mais en, plus, les nouveaux clients n’y adhèrent pas tous non plus.

« Clustered Data Ontap représente, en France, 70% des nouveaux déploiements. Les clients historiques ne mettent pas à jour leurs baies parce qu’il s’agit d’une migration de système et que, dans ce cas, ils préfèrent attendre de migrer vers une nouvelle baie de stockage. Quant aux nouveaux clients qui achètent de nouvelles baies avec l’ancien système (en l’occurrence Data Ontap 8 mais fonctionnant en mode Data Ontap 7, alias ’7-Mode’)), il s’agit pour eux de conserver la compatibilité avec d’anciennes installations », dit Jean-François Marie. Et de souligner que bon nombre de grandes compagnies clientes de NetApp continuent de maintenir en exploitation Windows Server 2003 ou Windows XP pour leur compatibilité établie avec d’anciennes applications.

Pour l’heure, la migration de Data Ontap 8 « 7-mode », vers Clustered Data Ontap demande encore de passer par une baie temporaire. Un processus lourd à mettre en place et qui perdure alors que Clustered Data Ontap existe depuis 2010.

« Nous lancerons une moulinette d’ici à quelques semaines qui permet d’automatiser cette migration », dévoile Jean-François Marie. A priori, cette annonce aura lieu, tout comme celle d’un hébergeur de cloud européen compatible, lors de l’événement Insight 2015 de Berlin, en novembre.

Toujours pas de FlashRay

Enfin, dans un contexte où le numéro un des baies de stockage, EMC, vient de se faire racheter par Dell pour 67 milliards de dollars et où HP grimpe, selon IDC, à la première place des baies de stockage Flash milieu de gamme, il est étonnant que NetApp n’ait toujours pas lancé son fameux modèle de baie Flash FlashRay, attendu depuis au moins deux ans.

« Nos baies All-Flash-FAS actuelles n’ont pas à rougir de la concurrence ! Elles atteignent 4 millions d’IOPS en cluster et ont reçu trois prix d’excellence lors du dernier salon Flash Summit. De plus, grâce aux dernières versions d’Ontap, nous sommes les seuls capables de rallonger suffisamment l’usure des disques SSD pour les faire durer 15 ans », se défend Jean-François Marie.

Les spécialistes reprochent tout de même à NetApp de ne pas avoir suffisamment musclé les baies AFF pour, par exemple, que leur nombre d’IOPS croisse en même temps que la quantité de tiroirs de disques, ou pour que la déduplication des données se fasse à la volée avant d’écrire sur les SSD (ce qui les use prématurément). Comme le font déjà les XtremIO d’EMC, les 3PAR de HP ou encore les FlashArray de Pure Storage.

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