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Le chant du signe de l’EMM

Les jours heureux de la gestion de la mobilité d’entreprise sont passés. La valeur des éditeurs spécialistes du secteur a chuté, et cette technologie n’est plus le point d’attention principal de la plupart des produits liés à l’informatique de l’utilisateur final.

Le marché de la gestion de la mobilité d’entreprise (EMM) a atteint son sommet en janvier 2014, lorsque VM a racheté AirWatch pour 1,2 Md$. Un an plus tard, Good Technology aurait refusé une offre à 825 M$ de CA Technologies, selon le New York Times. Bien mal lui en a pris : il a finalement accepté l’offre de BlackBerry à 425 M$. L’action de MobileIron, le plus important spécialiste de l’EMM encore indépendant, a passé une bonne partie de l’année écoulée à reculer, après un repli important fin avril 2015.

En fait, beaucoup d’acteur sont passés à autre chose, regardant au-delà de la seule gestion de la mobilité. VMware et Citrix ont ainsi fait évoluer leurs offres dans la direction de la gestion des espaces de travail, qui donnent accès aux travailleurs mobiles à leurs postes de travail, application et données en tout lieu, à tout moment, et à partir de n’importe quel terminal.

IBM et SAP adossent leurs solutions d’EMM à leurs offres de développement d’applications mobiles et de services de backend. Microsoft a lancé Windows 10, qui peut fonctionner sur quasiment n’importe quel appareil, et des versions de sa suite bureautique Office sont disponibles pour tous les principaux systèmes d’exploitation mobile. Mais sa stratégie va plus loin, associant intimement Cloud et mobilité.

Toutes ces approches s’appuient, dans une certaine mesure, sur l’intégration avec l’EMM, mais sans en faire la pierre angulaire. Même Barry Mainz, Pdg de MobileIron, ne donne pas un « oui » sans équivoque lorsqu’on lui demande si l’EMM a encore un avenir comme produit autonome. « Nous allons avoir une nouvelle phase. L’EMM en fait partie, mais il y a aussi une composante sécurité et intégration des processus métiers », explique-t-il.

Cette tendance n’est pas forcément une mauvaise chose. L’EMM n’a jamais eu vocation à être une fin en soi pour l’informatique de l’utilisateur final. C’est une technologie nécessaire pour sécuriser les données à l’heure de la mobilité. Mais si les travailleurs n’ont pas accès à leurs données et à des applications de nouvelle génération, l’EMM en elle-même n’a qu’une valeur limitée.

Et le marché l’a clairement réalisé. Anticipant la convergence de l’administration des PC et des mobiles, Leif-Olof Wallin, du cabinet Gartner, soulignait d’ailleurs récemment dans nos colonnes que « MobileIron, l’un des derniers indépendants du MDM, sera probablement celui qui aura le plus de difficultés » à embrasser cette évolution. D’autres entrevoient par ailleurs une convergence entre gestion des identités et des accès (IAM) en mode cloud, broker sécurisé d’accès Cloud (CASB) et EMM. Dans tous les cas, la gestion de la mobilité d’entreprise apparaît appelée à évoluer, à s’intégrer.

Adapté de l’anglais.

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