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Intel chercherait à vendre ses activités de sécurité

L’intégration de McAfee a-t-elle atteint ses limites ? Selon le Financial Times, Intel chercherait à céder ses activités sécurité largement recentrées autour de l’éditeur racheté en 2011.

Selon le Financial Times, Intel s’interroge sur la direction à prendre pour ses activités de sécurité, jusqu’à en envisager la vente. Le fondeur a articulé celles-ci autour de McAfee, dont il a finalisé début 2011 un rachat annoncé à l’été précédent. A l’époque, de nombreux observateurs voyaient dans cette opération une tentative de rapprocher la sécurité logique du matériel. Un an après l’annonce de cette acquisition, Intel semblait en effet avancer dans cette direction, avec l’annonce de la technologie DeepSafe, à l’occasion de l’ouverture de sa grand messe développeurs. Celle-ci consiste en effet en une couche de sécurité s’interposant entre le matériel et le système d’exploitation, en profitant de la technologie VTx des puces d’Intel, avec la promesse de pouvoir surveiller la mémoire, les registres du processeur, ainsi que leur activité et celle d’autres composants matériels.

Pour compléter son offre de sécurité, Intel avait par la suite racheté Stonesoft, en mai 2013. Mais le vent semble avoir depuis tourné. Le fondeur a en effet cédé ce dernier à Raytheon-Websense, qui s’est mué au passage en Forcepoint mi-janvier. Intel le laissant manifestement faire ses emplettes dans ses gammes, Forcepoint en a profité pour racheter la technologie de pare-feu d’entreprise Sidewinder, arrivée chez le fondeur à l’occasion du rachat de McAfee : ce dernier l’avait acquise auprès de Secure Computing, une spin-off d’Honeywell, en 2008.

Fin avril, Intel a en outre annoncé une vaste restructuration, devant conduire à la suppression de 12 000 postes sur un total de 112 000, d’ici à la mi-2017. Le fondeur justifie cette opération par sa transformation en cours, d’un fabricant de puces pour PC en un spécialiste des processeurs pour le Cloud et l’Internet des objets.

Surtout, lassé des milliards de pertes générés par son activité mobile, Intel a annoncé début mai l’arrêt du développement de sa prochaine génération de puces mobiles. De quoi concéder sa défaite, sur ce terrain, face à ARM. Et justement, proposer des systèmes intégrant des fonctions de sécurité aurait pu donner à Intel des arguments pour pénétrer un marché des terminaux mobiles dominé alors par ARM. Une approche qui n’a manifestement pas fonctionné. Dans cette perspective, la cession d’Intel Security apparaîtrait comme la conséquence logique du revirement stratégique annoncé il y a bientôt deux mois.

Pour Paula Musich, directeur de recherche des NSS Labs, « s’il est vrai qu’Intel cherche à vendre ses activités sécurité, c’est très probablement parce qu’ils n’ont pas trouvé comment les faire croître. Ils n’ont pas réussi à créer les synergies qu’ils soupçonnaient. » Et de souligner que « beaucoup d’argent est déversé sur le marché de la cybersécurité par les investisseurs, et les valorisations sont plutôt attractives ». Un bon moment pour vendre, donc.

Intel s’est refusé à tout commentaire.

Avec nos confrères de SearchSecurity.com

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