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Cloudian poursuit sa percée sur le marché du stockage objet

Cloudian, connu la compatibilité S3 de sa plate-forme de stockage objet, continue d'enrichir sa solution avec de nouveaux services visant à simplifier son exploitation et à enrichir ses capacités. La firme veut désormais rivaliser avec des acteurs comme Scality ou Cleversafe

À l’occasion d’un récent tour de start-ups dans la Silicon Valley, LeMagIT a pu discuter avec les dirigeants de Cloudian pour faire le point sur la solution de stockage objet compatible S3 de l’éditeur et sur le développement de la société face à ses grands concurrents comme Scality, IBM CleverSafe ou EMC ECS.

Comme l’explique le CEO de la firme, Michael Tso, la force de Cloudian est d’avoir parié très tôt sur le fait que S3 deviendrait le protocole standard pour le stockage objet. Un pari qui fait que la firme est Aujourd’hui l’une des rares à avoir accès aux évolutions du protocole avant même qu’Amazon ne les implémente. Cette même compatibilité avec S3 est d’ailleurs devenue une priorité pour les concurrents de la firme comme Scality, qui a récemment annoncé son S3 Server compatible avec les API du géant du cloud.

Cloudian est donc bien conscient que s’il a acquis une réputation sur sa compatibilité avec S3, celle-ci ne lui suffira pas à terme pour se différencier de ses concurrents. La firme a donc choisi d’une part de renforcer ses services de données, mais surtout de travailler sur la simplification de l’exploitation de sa solution à grande échelle. Objectif : simplifier à  l’extrême les opérations d’exploitation des clusters Cloudian afin de réduire autant que possible les coûts d’exploitation de sa solution.

Cloudian continue d'enrichir sa plate-forme de stockage objet

Pour ce qui est des services de données, Cloudian avait déjà ajouté en décembre des services de partage de fichiers SMB, NFS et FTP à sa plate-forme. Comme tous les services de la plate-forme de l’éditeur, les services de partage de fichiers sont distribués. Ils présentent des caractéristiques intéressantes comme le support d’un mécanisme de verrouillage global et le support d’un espace de nommage unique (Global NameSpace). Cela signifie que nativement, Cloudian intègre sans frais certaines fonctionnalités jusqu’alors réservées à certaines passerelles comme celle de Panzura, par exemple. Plus récemment l’éditeur a profité du lancement de la version 6.0 de sa plate-forme de stockage pour ajouter des capacités d’indexation via l’intégration d’Elastic Search. L’idée est de permettre aux utilisateurs d’effectuer des recherches avancées dans les métadonnées mais aussi de visualiser les résultats de leurs requêtes via des tableaux de bord simples générés par la plate-forme de visualisation Kibana (Kibana est le K de la pile open source ELK - pour Elastic Search, LogStash, Kibana - au coeur de l'offre d'Elastic Search).

L'interface d'administration de la solution de stockage objet de Cloudian.

Pour ce qui est de la simplification de l’exploitation, Cloudian a tout d’abord affiné son interface d’administration et a ajouté à sa plate-forme des capacités analytiques en temps réel basées sur Spark. La plate-forme collecte désormais des métriques en temps réel qui sont utilisées pour optimiser son fonctionnement mais aussi transmises au support de Cloudian pour des opérations de support proactif. Les informations ainsi collectées sont par exemple utilisées pour optimiser les reconstructions de disques et de données afin de minimiser leur impact sur le cluster. Elles sont aussi utilisées pour équilibrer le positionnement des données sur les disques afin de limiter les phénomènes de « points chauds » et maximiser la performance.

Un carnet de commande multiplié par trois et une alliance avec Lenovo

Selon l’éditeur, ces fonctions visant à simplifier l’exploitation de la plate-forme ont permis à la firme de s’imposer face à Scality sur plusieurs contrats et plus récemment lui ont aussi permis de convaincre un client de basculer de Scality vers Cloudian pour un cluster de 5 Po. Selon Michael Tso, Cloudian a vu son carnet de commandes tripler sur un an. La firme s’est aussi alliée à Lenovo, qui propose désormais la solution de l’éditeur sous la forme d’appliance prêtes à l’emploi (la gamme HyperStore). Chaque « nœud » HyperStore se compose d’un châssis dense en rack 3U FL3000 (capable d’accueillir 8 lames bi-socket Xeon E5 chacune connectée à 2 SSD pour le cache) et de 2 à 4 tiroirs d’extension SAS capables d’accueillir jusqu’à 60 disques (soit un ratio maximal de 30 disques par lame avec les lames les plus performantes). La solution est commercialisée conjointement par Lenovo et Cloudian et a pour but de faciliter le déploiement et le support de la plate-forme objet de l’éditeur par les entreprises. Selon Cloudian, HyperStore est vendu à partir de 90 To de capacité et peut ensuite évoluer par ajout de nœuds additionnels pour gérer plusieurs centaines de Pétaoctets de données.

Terminons en notant que comme Scality et OpenIO, Cloudian a fait ses débuts dans le monde du stockage pour les systèmes de messagerie internet (les premiers grands systèmes ayant nécessité du stockage massif au-delà du Pétaoctet). La firme, d’origine japonaise, portait alors le nom de Gemini Mobile, et développait des systèmes de messagerie mobile. Et ce n’est qu’en 2013 qu’elle a décidé de se concentrer sur le stockage, après un investissement de 20 M$ de Goldman Sachs. Depuis, elle a aussi levé des fonds auprès de financiers japonais, mais aussi auprès de Fidelity et d’Intel Capital.

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