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Diane Greene (Google) : sa stratégie pour pousser le Cloud de Google dans les entreprises

Nos confrères britanniques de ComputerWeekly se sont entretenus avec Diane Greene la patronne du Cloud chez Google.

Google entend bien ancrer dans l’esprit des entreprises qu’il n’y a pas que les Clouds d’AWS (Amazon Web Services), Microsoft et IBM à considérer si elles veulent migrer leurs workloads.

Le géant californien a renforcé sa stratégie en la matière fin 2015, avec le recrutement de Diane Greene, un cadre du secteur, co-fondatrice de VMware et déjà board du groupe, Si la firme de Mountain View jouait déjà un rôle clé sur les marchés de l’infrastructure et de l’applicatif Cloud, ces actifs étaient inclus dans des divisions séparées. Jusqu’à ce que la matière grise chez Google décide d’en confier la responsabilité à une équipe, qui a la charge de l’ingénierie, du marketing et des ventes. Diane Greene est à sa tête.

Dans un billet de blog publié à l’époque, Sundar Pichai, le CEO de Google avait soutenu que cette réorganisation permettrait aux activités Cloud du groupe d’être mieux intégrées et mieux coordonnées.  Pour au final, mieux positionner Google dans la course aux parts de marché.

Depuis, les choses ont quelque peu bougé, et Google a signé des contrats cadres comme celui avec Spotify, par exemple.

Préparer Google au monde de l’entreprise

Même si l’adoption des Google Apps a progressé dans les entreprises ces dernières années, faire comprendre aux grandes entreprises que Google est aussi capable de supporter leur infrastructure est une autre histoire et prendra plus de temps. C’est un des points clé sur lequel Diane Greene et son équipe travaillent. 

Jusqu’à présent, la Google Cloud Platform a suivi une stratégie identique à celle d’AWS. Le groupe s’est d’abord cantonné à séduire une communauté de start-ups avant de se tourner vers le segment des entreprises. 

Mais, comme ont pu s’en rendre compte toutes les entreprises ayant décidé d’élargir leur cible, trouver un équilibre entre les besoins des utilisateurs existants et les demandes des nouveaux clients peut être quelque peu délicat, a confirmé Diane Greene à nos confrères de ComputerWeekly (groupe TechTarget, propriétaire du MagIT).

« Je suis membre du board depuis 2012. Nous avons décidé de créer un Cloud public, mais jusqu’alors Google n’avait pas eu à élaborer des fonctions entreprises. Nous avons donc démarré cette formidable plateforme pour les start-ups, mais certaines d’entre elles ont grossi, et elle ont choisi de grossir avec nous », assure la patronne du Cloud.

Mais dans leur phase de croissance - c’est par exemple le cas de Snapchat -, elles se sont retrouvées confrontées à des entreprises et ont du composer avec des contraintes réglementaires. Cela a permis d’orienter Google et de l’accompagner sur la façon dont il fallait améliorer la plateforme Cloud pour mieux cibler les entreprises, explique Diane Greene. « Désormais, tout cela est en place, nous sommes prêts pour le marché des grandes entreprises. »

Regrouper pour mieux avancer 

Rassembler toutes les activités Cloud a joué un rôle clé dans le positionnement de la société sur le segment des entreprises. Cela a facilité la tâche des DSI qui peuvent désormais avoir un aperçu global des options Cloud, qui s’étendent bien au delà des outils de productivité et des services d’infrastructures, constate-t-elle encore.

« Nous proposons nombre d’outils pour les entreprises. Google Apps est juste un outil pour que les entreprises travaillent mieux. Cela concerne tous les employées, leur permet de mieux collaborer, de partager des données, et d’organiser des réunions », ajoute-t-elle.

« Nous menons aussi des recherches depuis longtemps dans le domaine de l’intelligence artificielle. Nous mettons à disposition de nombreuses APIs que tout le monde peut utiliser ; et nous avons aussi les Chromebooks qui comportent beaucoup de fonctions de sécurité et d’administration. Nous avons les Google Glass.  

La pile Cloud de Google repose sur la Google Cloud Platform, sur laquelle fonctionnent tous les services du groupe. Au dessus, on retrouve la suite de productivité Google Apps. Selon le cabinet Synergy Research Group, Google aurait enregistré une croissance de 100% de services d’infrastructure au premier trimestre 2016.

AWS a lui aussi fait évoluer sa pile vers les couches supérieures, avec par exemple la sortie de Webmail.

Mais les Google Apps sont bien plus mûres, et pour certains, bien plus encore que les outils de productivité d’AWS. D’ailleurs pour Gartner, le marché de ce type d’outils est une course entre les Google Apps et Office 365. 

Perspectives d’avenir

Dans ce contexte propice à la croissance de la Google Cloud Platform, quelles sont les chances de Google ? A-t-il la capacité de se rapprocher d’AWS voire de le détrôner ?

« Amazon était là en premier, leur champ fonctionnel est très développé, et il dispose d’un solide réseau de partenaires.  Mais nous nous rapprochons sur ces derniers points et nous avons vraiment augmenté nos investissements. Je suis très satisfaite de la rapidité avec laquelle nous sommes en mesure d’évoluer », souligne Diane Greene.

Ces perspectives de croissance seront largement liées à la volonté des entreprises à laisser de côté leurs propres datacenters et à migrer vers le Cloud public, affirme-t-elle. « Les entreprises ont souscrit à de gros contrats de location pour leurs datacenters, mais je crois qu’elles ont compris que le Cloud public est plus sécurisé. Chez nous, 600 personnes travaillent à temps plein sur ce sujet et il est difficile d’atteindre ce niveau si vous-mêmes n’êtes pas fournisseur de Cloud public. »

« Tout le monde va migrer vers le Cloud, mais le timing reste encore flou. Pour certains, cela prendra beaucoup de temps, d’autres y ont déjà migré. »

 

Traduit et adapté par la rédaction

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