Software AG oriente sa plateforme DBP vers l’IoT

Le spécialiste de l’intégration et de l’analytique mise sur la co-innovation avec les acteurs de l’IoT pour positionner sa plateforme sur ce très juteux marché. Software AG se place comme référent technique de ces cas d’usages si spécifiques.

En matière d’IoT, Software AG ne proposera pas une plateforme dédiée d’interconnection universelle. Pas de Cloud dédié non plus. L’éditeur allemand a décidé de se positionner sur ce créneau en se présentant comme un référent technique qui accompagne les entreprises à construire leur propre plateforme et leur propre framework IoT. Pas question d’imposer une plateforme globale sur un marché déjà fortement encombré – Software AG dénombre plus de 400 acteurs sur le marché de l’IoT - , ni de se positionner face aux géants comme IBM. Chez l’éditeur allemand, du spécifique naîtront les gains si attendus de cet Internet des objets.

Pour cela, Software AG n’a pas non plus souhaité sortir de sa R&D des outils dédiés. L’éditeur a plutôt décidé de miser sur sa plateforme Digital Business Platform (DBP), qui constitue aujourd’hui le vaisseau amiral de l’offre de l’éditeur – elle fédère la quintessence des services d’intégration, de gestion d’Apis, de streaming analytics, chers à la marque.

DBP orientée IoT

« Cette plateforme de services IoT a pris vie dans la DBP autour d’un contexte d’IoT, pour ce cas d’usage bien particulier, résume en substance Wolfram Jost, le CTO de Software AG. Mais si ces services sont pour la plupart extraits de ce socle universel Software AG, d’autres sont quant à eux apportés par des partenaires. « L’intégration est par exemple une fonction coeur de DBP. Nous avons décliné cette brique Intégration pour l’IoT, qui représente un cas d’usage car il s’agit de connecter du hardware physique à des applications Cloud. On retrouve également de nouveaux services, comme la gestion de points d’entrée IoT et de leur connectivité, apportés par des partenaires », explique le CTO de l’éditeur, illustrant de quoi ces services IoT sont faits.

L’IoT est donc un cas d’usage pour la Digital Business Platform. Mais pour s’immiscer sur ce segment aujourd’hui très porteur, mais naissant -voire inconnu pour les entreprises-, Software AG a plutôt décidé de miser sur la co-innovation : faire éclore les cas d’usage en collaboration avec les entreprises, étape par étape. « Le domaine de l’IoT est nouveau pour tout le monde. Quand on souhaite avancer dans un monde nouveau, on progresse par étape », rappelle-t-il.

Mais Software AG n’a pas non plus le souhait de prendre à son compte les spécificités inhérentes à l’IoT. Comme c’est par exemple le cas de fonctions d’analytiques portées au niveau des terminaux (on parle d’Edge Analytics, intégrer directement aux devices un moteur analytique).  « Nous ne pouvons pas développer cela dans nos labos. Pourquoi le ferais- je ? », poursuit-il.  De là naissent ces partenariats de co-innovation.

Se positionner sur le marché grâce à la co-innovation

La société italienne Octo en fait par exemple partie. Ce spécialiste de l'assurance télématique a développé une plateforme de reconstruction d’accidents en collectant depuis les véhicules, et via un boitier, des données spécifiques. « Nous essayons de transférer notre moteur de streaming analytics qui réside généralement dans le Cloud, dans ce boitier»,  raconte Wolfram Jost. Les ajustements – il cite par exemple un ajustement au niveau de la mémoire ou du nombre de cœurs CPU- sont ainsi réalisés, pas à pas, avec Octo. Des travaux ont aussi été menés pour réduire l’empreinte globale du moteur de Software AG . « Nous ne pouvons réaliser cela qu’avec les clients car nous n’avons ni l’infrastructure ni les données.»

La plateforme Octo NGP remonte des milliards de données liées au comportement, au contexte, à la distance, et en rapport avec les collisions. Elles passées au filtre d'algorithmes propriétaires. Elles déterminent par exemple des patterns géo-localisées qui sont croisés avec une cartographie des risques. Les crashes sont ainsi reconstitués. Les compagnies d’assurance sont évidemment les premiers clients de cette société.

Mais l’autre point important est qu’à travers ces co-développements, Software AG fait aussi avancer son offre et sa capacité à interagir avec l’écosystème de l’IoT.  Ces méthodes appliquées à l’un, ces composants développés pour l’autre, peuvent être ré-injectés dans un autre cas d’usage, confie Wolfram Jost.

Si Software AG affiche une dizaine de partenariats, on retiendra celui noué avec l’industriel allemand Bosch, portant sur le développement de solutions et services communs pour l’IoT industriel. Un des volets de l’accord comprend un rapprochement de la Digital Business Platform du Cloud IoT (Bosch IoT) de Bosch – une plateforme qui sera  promu d’ailleurs commercialement par les 2 parties. Selon Wolfram Jost, des discussions avec General Electrics pour se rapprocher de Predix sont aussi en cours.

L’IoT compte aujourd’hui pour de plus 25 millions d’euros dans les revenus de Software AG. Mais cette part devrait progresser rapidement. « Aujourd’hui, nombre de projets numériques contiennent au moins une brique IoT. »

Aujourd’hui si le poids de la base installée historique d’Adabas ou de Naturel reste stable et encore rémunératrice,  Software AG distille désormais sa Digital Business Platform auprès de cette cible, confirme le CTO. Et avec, des capacités plus étendues d’innovation…et d’intégration IoT, donc.

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