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Revue de presse : les brèves IT de la semaine (20 janvier)

Devoteam va racheter une dizaine de gPartner - Data Scientist, aussi bien payé que DSI - IoT : Bouygues Telecom attaque l’Allemagne, SAP le monde, Intel le Retail, Software AG à Rome - Crédit Mutuel au capital de l'éditeur Vermeg - HPC : Cray tente l’ARM - Transfert polémique chez Google France - HPE rachète Simplivity

LeMagIT revient chaque vendredi sur les actualités qui animent l'écosystème IT. Voici les brèves de notre revue de la semaine.

HPC : Cray tente lui aussi les puces ARM

Le GW4, qui réunit plusieurs  universités britanniques, a signé un contrat avec Cray pour un cluster de près de 10.000 cœurs ARM 64 bit.

Le projet, baptisé Isambard, s’appuiera sur l’actuelle plate-forme Cray CS400, développée à l’origine pour les puces x86. Il mixera des nœuds ARM avec des nœuds Intel Xeon, des Xeon Phi et utilisera aussi des GPU Nvidia.

Ce projet fait écho au choix des puces ARM de Cavium pour la 3e phase du projet Mont-Blanc, qui vise à évaluer le potentiel des puces ARM pour la conception de supercalculateurs exaflopiques.

Les deux montrent que ARM – qui commence tout juste à essayer de s’imposer dans les serveurs – est une option de plus en plus mûre dans le HPC. Comme en témoigne un autre futur supercluster, celui conçu au Japon par Fujitsu pour succéder à l’actuel supercluster K de l’institut Riken à l’horizon 2020, qui s’appuiera lui aussi sur ces puces.

HPE rachète Simplivity

À la traîne dans l’hyperconvergence, HPE a annoncé mardi le rachat de Simplivity pour un prix, somme toute modeste, de 650 M$. Ce tarif préférentiel reflète le retard commercial pris par Simplivity sur son grand rival Nutanix.

Jusqu’alors, HPE ne figurait pas parmi les partenaires de Simplivity. Ce rachat devrait sonner le glas des offres Proliant du géant de l’IT, qui seront a priori remplacées par celles de la start-up.

Il sera intéressant également de voir comment HPE va articuler les technologies rachetées avec son offre de stockage actuelle. Des intégrations sont par exemple envisageables entre les protocoles de réplication de Simplivity et ceux des baies 3Par.

Les réponses et la feuille de route HPE/Simplivity devraient être dévoilées à l'édition américaine de Discover, en juin prochain.

Salaires : les Data Scientists aussi bien payés que les DSI

Le cabinet de recrutement Hays a publié son rapport annuel sur les rémunérations. Dans l’IT, sans surprise, les DSI sont les mieux payés avec des salaires pouvant atteindre voire dépasser les 150 K€ par an.

La surprise vient plutôt du fait qu’ils ne sont plus les seuls « mieux payés » puisque les moutons à cinq pattes que sont les Data Scientists sont aux mêmes niveaux d’émoluments. Le troisième poste le mieux payé est Chef de Projet (de 80 à 100 K€ annuels).

« En 2016, les rémunérations de profils informatiques ont poursuivi leur ascension, à l’image des années précédentes. Les profils experts en Cloud computing ou Sécurité voient leurs salaires nettement revalorisés, afin de faire face à la pénurie de candidats. Les salaires des profils spécialisés en Digital ou en Data continuent d’évoluer, quel que soit le niveau d’expérience. Des compétences linguistiques recherchées telles que l’anglais, ainsi que l’externalisation offshore de certains services IT, font également fluctuer les salaires », analyse le rapport.

Du côté des indépendants, les freelances prendraient une place de plus en plus importante. « La part de prestataires employés en CDI dans une ESN diminue face au nombre croissant de travailleurs indépendants ». Le taux journalier d’un Consultant IT français oscille en moyenne entre 450 et 600€. Mais ce n’est qu’une moyenne. Leurs tarifs peuvent descendre en dessous des 300 € ou monter à plus de 700€ dans certaines disciplines (Responsable BI, Architecte technique ou Consultant CRM).

Le salaire d’un indépendant serait au final « 30 à 40% supérieur à celui d’un employé informatique en interne ».

Banque et Transformation numérique : Crédit Mutuel Arkéa entre au capital de Vermeg

Un autre symbole de la transformation numérique de l’industrie financière a été apporté ce vendredi. Le Crédit Mutuel Arkéa a officialisé son entrée au capital de Vermeg, un éditeur spécialiste européen des solutions financières et assurancielles.

Les banques n’hésitent plus à investir dans l’industrie IT. Soit - comme ici - pour « l’exécution de ses ambitions dans le domaine de la prestation de services pour compte de tiers ». Soit pour leurs propres besoins, comme Euro-Information - la filiale IT du Crédit Mutuel - qui s’est alliée la semaine dernière à IBM autour de la gestion des distributeurs de billets.

Cette tendance est profonde. En Europe par exemple, dès 2014 le groupe espagnol BBVA a racheté une start-up spécialiste du Big Data (Madiva). Et fin décembre 2016, le groupe a mis la main sur une jeune pousse mexicaine spécialiste du paiement dématérialisé et de la détection des fraudes (OpenPay). Entre ces deux rachats, en trois ans, le fonds d’investissements IT de BBVA (autre signe de cette transformation) a déboursé plus de 200 millions.

Dans le monde, comme le notait The Economist, Barclays, Citigroup, HSBC, Santander ou UBS ont toutes investi dans les FinTechs.

Tous ces groupes financiers investissent massivement dans l’IT pour leurs besoins, par nécessité (arrivée de nouveaux concurrents comme Apple ou les Opérateurs sur le marché des paiements), et pour développer une activité de conseils et de services auprès des entreprises non financières, des clients qui aux aussi se « numérisent » et qui doivent gérer de nouveaux modes de paiements.

En France, en 2015, la Société Générale a créé un programme d’accélération pour start-upz et a ouvert un incubateur à Paris avec PLAYER. La SoGé a même ouvert un LAB en Afrique (à Dakar) en 2016. La même stratégie est à l’œuvre au Crédit Agricole, qui a ouvert une pépinière à Paris en 2014 (Village by CA) avant de le décliner en province. Quant à BNP-Paribas, L’Atelier (sa cellule de veille technologique créée il y a 30 ans) s’est vu compléter il y a 2 ans d’un incubateur (We Are Innovation). Bref, les métiers de banquier et d’éditeurs se rapprochent chaque jour un peu plus.

IoT : Bouygues Telecom part à la conquête de l’Allemagne, SAP à la conquête du Welt, Intel à la conquête du Retail, Software AG à Rome

Début d’année très riche dans l’Internet des Objets. La semaine dernière, SAP avait annoncé son nouveau programme d’accompagnement des entreprises. Baptisé « Leonardo IoT », ce service de conseil proposera « des programmes de tests pour définir des analyses de cas, en vue de déploiement de stratégies IoT à grande échelle ». Le tout, évidemment, avec SAP HANA comme plateforme. L’éditeur allemand a racheté plusieurs Start-ups pour étoffer son offre IoT et il entend bien continuer avec un budget de 2 milliards d’euros alloué à cette stratégie agressive.

En France, Bouygues Telecom a créé en 2016 une filiale dédiée à l’IoT B2B, Objenious. Cette semaine, son président, Stéphane Allaire a fait savoir qu’Objenious se portait bien, qu’elle avait une quarantaine de clients, et qu’elle couvrait désormais 93% de la population française – avec 4.000 antennes et en s’appuyant sur le réseau LoRa, comme Orange.

Même si elle n’est pas encore rentable, Objenious. s’attaque cette semaine à l’Allemagne avec un accord de roaming signé avec Digimondo. Cette filiale IoT de l’électricien E.ON va déployer 10.000 antennes dans le pays. Pour mémoire, Objenious avait passé en 2016 un accord similaire aux Etats-Unis avec le fournisseur de réseau à basse consommation d’énergie Senet.

Dans le même temps, Intel annonçait un plan d’investissement de 100 millions de dollars sur cinq ans dans les solutions IoT pour la distribution (retail), et Software AG faisait savoir depuis Rome qu’il allait orienter sa plateforme Digital Business Platform - vaisseau amiral du spécialiste de l’intégration et de l’analytique - vers l’Internet des Objets.

Devoteam repart à la chasse

Devoteam a publié ce jeudi ses résultats annuels prévisionnels. L’ESN française affiche un chiffre d’affaires de 555 millions (contre 485 en 2015, +14%) et une marge de 8.5%.

Pour atteindre son objectif d’un milliard de CA en 2020 et une marge de 10%, « le Groupe ambitionne de réaliser des opérations de croissance externe lui permettant d’ajouter au moins 200 millions d’euros de chiffre d’affaires consolidé, dans des niveaux de profitabilité en ligne avec ceux du Groupe » (NDR : c’est nous qui soulignons en italique).

Trois ans après le rachat de gPartner et de Progis, des spécialistes du Google Cloud, Devoteam va donc repartir à la chasse.

Ces futures acquisitions devraient participer quasiment pour moitié à la croissance du CA de l’ESN. En guise de comparaison, gPartner a réalisé en 2016 un CA de 23 millions d’euros. Dit autrement, sur les trois ans à venir, Devoteam va racheter une dizaine de gPartner (ou l’équivalent).

Nomination : transfert polémique chez Google France

Benoît Loutrel, le directeur général de l’Arcep va quitter son poste fin février. Il rejoindra l'équipe en charge des affaires publiques de Google France.

La nomination fait polémique. Pour la sénatrice centriste Catherine Morin-Desailly, il y a de la part de Benoît Loutrel une méconnaissance du « caractère sensible de ses fonctions au sein de l’autorité en charge des télécoms et [des] risques élevés de conflits d’intérêts qu’impliquent son nouveau poste au service du lobbying d’une puissante entreprise étrangère ».

Pas du tout, se défend l’intéressé au Figaro. Il explique au quotidien que pour que Google puisse dialoguer avec l’Etat et Bruxelles, « il faut des interlocuteurs des deux côtés ». Sa connaissance des arcanes de la régulation devrait donc, dans sa version, fluidifier les échanges et les rendre constructifs.

Pas convaincue, la sénatrice se demande depuis quand Benoit Loutrel était en négociations avec Google. « Et quelles décisions ont été prises par l'Arcep durant cette période particulièrement ‘’sensible’’ […] alors que l’Arcep doit se prononcer depuis plusieurs mois sur le caractère d’opérateur télécom de Google ».

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