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Revue de presse : les brèves IT de la semaine (2 juin)

Apps Mobiles : priorité sur le papier, pas dans la réalité (Gartner) - Western Digital revient en force dans le rachat de la Flash de Toshiba - GSL 100 : les éditeurs français tirés par le SaaS et l’infra - RGPD : une facture moyenne de 30 M€ pour les grands groupes - L’hébergeur français Oxalide se vend à l’anglais Claranet

LeMagIT revient chaque vendredi sur les actualités qui animent l'écosystème IT. Voici les 5 brèves de notre revue de la semaine.

GSL 100 : les éditeurs français tirés par le SaaS et l’infrastructure

PWC et Tech’In France(ex-AFDEL) ont publié mercredi leur traditionnel classement des éditeurs IT français (le GSL 100). « Le top 100, c’est 12,2 milliards € de chiffre d’affaires et une croissance de 11,8% », synthétise Pierre Marty, Responsable du secteur Technologies chez PwC.

Le classement mélange les éditeurs (Dassault Systèmes – n°1 du classement), les services (Criteo, n°2) et les studios de jeux vidéo (Ubisoft, n°3). Si l’on se concentre sur les 68 éditeurs, ils pèsent aujourd’hui la moitié du CA du secteur informatique total en France. Le rapport note cependant « un fléchissement de la croissance [de ces éditeurs] à + 6,5%, après 2 années consécutives à plus de 10% », là où les services bondissent de +25%. En cause, la consolidation et le passage au SaaS.

Dans ce domaine du Cloud applicatif (Software as a Service), la croissance en France est de 16% avec des sociétés en plein boom comme Ivalua (pilotage des achats) qui fait +45% ou TalentSoft (RH/HCM, qui progresse de +50% mais en prenant compte une croissance externe).

Parmi les autres fortes croissances, le rapport souligne les bonnes performances de l’ex-lyonnais et désormais hollandais Cegid (qui achève sa diversification (HCM) et son passage au Cloud) et la dynamique très positive des « logiciels à la base de l’infrastructure du numérique de demain », à savoir : Talend (ETL), Scality (Stockage), Mega International (gestion d’infra) et Axway (APIs).

Le marché français reste néanmoins dominé par les « gros » (cf. les enseignements du Truffle 100 de 2017) et par les éditeurs sectoriels métiers (par exemple Murex dans la finance (n°4), Cegedim (n°2) et Pharmagest (n°18) dans la santé, Isagri (n°12) dans l’agriculture, ou le Montpelliérain Septeo (n°27) dans le notariat).

Le RGPD : 30 millions pour une entreprise du CAC 40

Lundi, Les Echos ont publié les résultats d’une étude de Sia Partners sur le coût financier du GDPR pour les entreprises. D’après ce rapport, la facture de mise en conformité avec la nouvelle réglementation européenne se montra à 30 millions d’euros pour une société du CAC 40.

Cette somme couvrira les trois pans d’un projet RGPD : l’audit des données et des systèmes, la sensibilisation des équipes à la donnée privée (et la mise en place d’un Data Protection Officer) et enfin la mise en place des outils informatiques appropriés.

« Le chantier IT représente entre la moitié et les deux tiers des coûts », précise Julien Sac de Sia Partners au quotidien économique.

Les 30 millions sont évidemment une moyenne. Le budget RGPD différera grandement en fonction de la taille, de l’existant IT (vieux ou récent) et du secteur. Rappelons tout de même que toutes les entreprises sont concernées. Y compris celles officiant dans le B2B qui « sous-estiment souvent leurs budgets, au risque de les voir doubler en fin de parcours » avertit Sia Partners.

Western Digital revient en force dans le rachat de la Flash de Toshiba

Dans un contexte de pénurie, la vente de l’activité de stockage Flash du premier constructeur mondial qu’est Toshiba attise les convoitises. En tête des propositions les plus élevées, le chinois Foxconn et l’américain Broadcom avaient fait monter les enchères bien au-delà des espoirs initiaux de Toshiba. Mais malgré les montants colossaux qui pourraient sauver le conglomérat industriel nippon, le gouvernement japonais n’a jamais caché qu’il voyait d’un très mauvais œil le départ  à l’étranger de cette activité qu’il juge stratégique. Autre mécontent de la tournure que prenait la vente, le partenaire privilégié de Toshiba, l’américain Western Digital, avait menacé de porter l’affaire sur le terrain juridique pour faire valoir son droit – avéré ou non – à une négociation exclusive, sur la base d’un montant bien inférieur à ceux avancés par Foxconn et Toshiba.

Lundi, Reuters a confirmé que ces deux contre-attaques s’étaient concrétisées. « Western Digital pourrait intégrer un consortium regroupant […] des investisseurs japonais soutenus par le gouvernement afin de faire une offre de reprise de la filiale mémoires de Toshiba », écrit l’agence de presse.

Ce consortium semble désormais le favori, du fait de la présence en son sein du fonds du Ministère de l’Industrie et d’une banque publique. Toshiba pourra en effet difficilement vendre à un autre acheteur et s’opposer aussi directement à son propre Etat pour le reste de ses activités.

Les autres repreneurs possibles (Foxconn, Broadcom et l’industriel sud-coréen SK Hynix), bien que fragilisés, n’ont pas encore dit leurs derniers mots. L’énorme feuilleton financier, industriels, politique et IT continue. Des sources proches du dossier parlent d’un dénouement courant juin.

L’hébergeur français Oxalide se vend à l’anglais Claranet

« Nous sommes heureux de ce rapprochement qui prolonge et renforce le projet d’entreprise qui nous motive depuis plus de 15 ans ». C’est par ces mots qu’un des fondateurs d’Oxalide a annoncé son rachat par le groupe britannique Claranet (360 millions € de CA).

Oxalide est une société française spécialiste du DevOps, de l’hébergement et de l’infrastructure Cloud qui réalise un CA d’environ 18 millions d’euros (contre 6,6 pour un Ikoula et 22,7 millions pour Outscale).

« Oxalide a atteint ainsi une envergure lui permettant de répondre aux besoins croissants du marché. […] ce rapprochement a pour objectif de préserver et d’accélérer l’agilité qu’Oxalide offre à ses clients avec des moyens plus importants et la crédibilité d’un groupe », explique le communiqué officiel. Qui ne donne pas le prix du rachat.

Les entreprises veulent aller vers la mobilité. Mais elles n’y vont pas (Gartner)

Bien que les entreprises mettent la mobilité en tête de leurs priorités IT pour 2017 (Etude TechTarget/LeMagIT ou baromètre CSC) la concrétisation des intentions n’est pas si simple. C’est en tout cas ce qu’affirme Gartner ce jeudi.

« Plus d’un quart des entreprises mondiales n’ont pas développé, ni personnalisé ni virtualisé la moindre app mobile sur les douze dernier mois », affirme le cabinet d’études. « C’est un chiffre étonnamment élevé ».

La tendance est cependant à l’amélioration puisque que ce chiffre de « non-mobilité » était de presque 40% un an plus tôt.

« Les entreprises répondent encore lentement à une demande de plus en plus forte d’applications mobiles », constate Adrian Leow du Gartner. Le risque pour la DSI est de voir les métiers set tourner à nouveau vers le Shadow IT et de perdre en crédibilité (et donc à terme en budget).

Un cercle vicieux puisque le retard de ces développements est dû à des manques de budgets, de ressources humaines et de compétences. Les décision des DSI ne sont cependant pas à exonérer pour autant puisque seulement 11% des budgets développements sont alloués par l’IT aux apps (une proportion qui baisse de plus en plus)… et encore, certaines de ces apps sont des web apps (des site en responsive design) et pas des applications natives.

A l’inverse, les entreprises étudiées par Gartner sont très intéressées par le triptyque Bot, AI, assistant personnel. Ce que le cabinet appelle les « technologies post-apps ». De mart de mettre la charrue avant les bœufs ? 

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