Opentext place Magellan sur les terres de l’analytique

Le groupe canadien a officiellement lancé sa plateforme analytique et d’IA, bâtie sur Spark. En route pour la 2e génération d’Actuate.

C’est officiel : Opentext a donné vie à Magellan, une plateforme analytique qui embarque des composants de Machine Learning, annoncée il y a maintenant un an. Cette solution devient ainsi un projet clé pour le groupe canadien qui le fait entrer sur un secteur aujourd’hui bouillonnant. Avec Magellan, Opentext fait passer Actuate et NStein, deux acquisitions clé de l’éditeur à la vitesse supérieure. « Une nouvelle génération » pour ces outils, lance d’ailleurs Mark Barranechea, le CEO et CTO d’Opentext, à l’occasion d’Enterprise World 2017, qui se tient actuellement à Toronto.

Concrètement, Magellan doit permettre d’exploiter différentes typologies de données, multi-sources et multi-formats (structurées ou non structurées, transactionnelles des bases de données et issues du Web) , de les fusionner, et de les passer à une moulinette analytique afin d’extraire de précieux indicateurs, prédictifs ou pas. Cette information peut ensuite être réinjectées dans les composants de la plateforme Opentext. A commencer par Experience Suite (pour les campagnes marketing) ou encore Process Suite, pour automatiser certains processus, explique Mark Gamble, Directeur en charge de l’analytique chez Opentext.

Spark, Actuate, Nstein précablés

L’intérêt de Magellan, a insisté Opentext, est de pré-cabler différents composants et de les rendre facilement consommables. Ainsi, l’un des objectifs listés par Opentext correspond à « démocratiser l’intelligence artificielle», par ce biais, résume en substance le responsable de la marque.

A la base de Magellan, on retrouve donc Spark, le framework Apache. Celui-ci apporte ses capacités de traitements en mémoire de données en temps réel, mais – et c’est là un point clé – ses algorithmes de Machine Learning, qui donneront l’intelligence à Magellan. Opentext y a associé Jupyter et ses notebooks afin que les data scientists puissent coder (via les langages standards R, Java, Scala et Python) leurs modèles de ML et les publier vers Magellan. Ces scripts se retrouvent au cœur la plateforme pour être ensuite appliqués à des masses de données, via de simples glisser-déposer. Le support de Jupyter correspond à la seule modification d’Opentext opérée sur Spark, affirme encore Mark Gamble.

Les deux autres étages de Magellan reposent quant à eux sur les outils d’analyse sémantique de textes et de contenu de Nstein – racheté par Opentext en 2010 -  et de BI et de découverte des données d’Actuate. L’ensemble étant exposé sous la forme d’API, exploitables ensuite dans AppWorks, la plateforme de développement dite Low Code – qui ne nécessite donc pas d’écrire des lignes de code.  

Marc Gamble positionne directement Magellan sur le terrain de l’IoT – un secteur où Opentext a déjà posé ses jalons -, où les informations issues de capteurs sont associées à d’autres sources, et où les modèles de Machine Learning viennent par exemple extraire des indicateurs pour des scenarii de maintenance prédictive. D’autres cas d’usage portent également sur la segmentation de clients dans le cadre de campagnes marketing ou encore dans  la gestion intelligente de RH. Une démonstration a d’ailleurs permis de comprendre que Magellan était infusé dans People Center, une plateforme Saas de gestion des recrutements. « L’intégration de Magellan à nos autres solutions est une priorité pour nous sur les 12 prochains moins », a précisé Muhi Majzoub, vice-président en charge de l’ingénierie chez Opentext.

« Les premiers clients de Magellan ciblés sont ceux qui disposent des processus bâtis sur un moteur de règles qui pourrait alors être remplacé par de l’IA », précise Mark Gamble. Certes, mais uniquement sur une cible de clients déjà établis d’Opentext et de Documentum ? Oui et non, semble-t-il répondre, en demi-teinte : « Nous ciblons assurément notre base installée de clients, mais pas seulement. L’un des premiers clients n’était pas un grand client d’Opentext, mais avait un problème de traitement de données multi-sources. Mais nous constatons un intérêt pour les clients de Business Network (plateforme de transactions) et Experience Suite (campagne marketing et relation clients). »

Créer un écosystème au-dessus de Magellan

Surtout, ce qu’Opentext veut faire de Magellan : un socle capable de faire émerger des applications et, surtout de créer un écosystème de partenaires – et donc d’applications, a rappelé Mark Barranechea qui nourrit de belles ambitions pour la solution. L’ouverture de Magellan est donc clé pour Opentext. Outre les API, cette ouverture vient aussi du fait que les fondations de Magellan s’adossent à des briques Open Source, lance encore Mark Gamble – Spark mais aussi Birt de la fondation Eclipse supporté par Actuate. Et cela d’être présenté par le responsable comme un levier pour cet écosystème.

Autre argument pour pousser sa solution : le fait que Magellan puisse être configuré sur des serveurs de commodité x86 abaissant les coûts d’entrée par rapport à Watson et IBM – par exemple -, souvent pris pour cible par Opentext lors de cette conférence. La marque a d’ailleurs débuté des certifications hardware.

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