Cet article fait partie de notre guide: Quelle blockchain privée choisir ?

Blockchains : Oracle va présenter ses premiers services Cloud

Après avoir rejoint une alliance autour d’Hyperledger, Oracle prévoit une trentaine sessions à l’OpenWorld 2017. Le champion des SGBD veut surtout regarde les projets Blockchain de ses clients avant d’aller plus loin. Ou non.

Jusqu’à présent Oracle n’a pas vraiment parler de Blokchain. Et pour cause, ces livres de comptes distribués sont, quoi qu’on en dise, encore peu matures et viennent concurrencer – à la marge – les bases clefs valeurs et les SGBD traditionnels appliqués aux transactions. Deux domaines où Oracle disposent d’offres très installées et très lucratives.

Mais l’effet de mode autour des « chaines de blocks » et les premiers PoCs ont semble-t-il poussé le leader des bases de données à se pencher sur le sujet.

Oracle se dirige doucement vers la Blockchain

En juin, l’éditeur demandait si « la blockchain sera la prochain grosse technologie », en tout cas pour les services financiers. La question était à peu près la même en 2015, lorsqu’Oracle constatait que la blockchain était un gros sujet de préoccupation de ses clients qui essayaient (comme beaucoup aujourd’hui) d’en comprendre le fonctionnement, les subtilités et les implications.

Depuis juin, les choses se sont (un peu) accélérées. Oracle a rejoint une alliance autour de Hyperledger, la version de la technologie également choisie par SAP et IBM et soutenue par la Fondation Linux.

Mais même lors de l’annonce de cet été, Todd Little, Software Architecte chez Oracle, prévenait que bien que la Blockchain « puisse changer la donne », il ne fallait pas se laisser submerger par « l’engouement ambiant ».

Il faut déterminer si un registre distribué est vraiment la meilleure solution à un défi identifié
Todd Little, Oracle

« Il faut étudier attentivement les promesses des fournisseurs et déterminer si un registre distribué est vraiment la meilleure solution à un défi particulier identifié. » Souvent, force est de constater que les entreprises font l’inverse. Elles veulent tester la blockchain et tentent, tant bien que mal, de trouver des projets pour en déployer une.

C’est d’ailleurs un des motifs de l’adhésion d’Oracle à la Hyperledger Fabric. Oracle veut « étudier l’émergence des blockchains et les besoins des clients en s’appuyant sur des retours d'expérience mondiaux ».

Fruit de cette adhésion, l’éditeur proposera officiellement ses premiers services Cloud, comme en témoignent les 27 sessions déjà présentes dans l’agenda de l’OpenWorld 2017, sa grand-messe annuelle,. Dont une qui en confirme le nom : Oracle Blockchain Cloud Service.

Oracle Blockchain Cloud Service : « pour voir » plutôt que « all-in »

« C’est un point de départ », expliquait l’éditeur en aout, « Nous allons travaillez prioritairement à renforcer les bases technologiques des registres distribués, à simplifier et accélérer les déploiements des blockchains, et à accompagner les projets de nos clients ». Une déclaration qui montre clairement que la blockchain est encore « mi-cuite » dans l’esprit d’Oracle.

D’après Nick Heudecker, analyste chez Gartner, cette offre de type PaaS permettra surtout « aux clients d’Oracle d’expérimenter Hyperledger Fabric […] les cas de mises en production réels en dehors des crypto-monnaies sont extrêmement rares, et souvent ces projets n’ont de Blockchain que le nom », remet-il en contexte.

Les mises en production réelles n’ont souvent de Blockchain que le nom
Nick Heudecker, Gartner

Pour lui, « Oracle pourra plus tard intégrer son histoire de Blokchain à celles de son IaaS, de son PaaS et de son SaaS. Mais comme la pertinence des Blokchains pour ces applications n'a pas encore été prouvée, Oracle va probablement regarder ce que ses clients en font avant de décider de l'orientation future ».

Quelle place pour les smart contracts dans la stratégie d’Oracle ?

Il sera intéressant de voir quelle place tiendront les « Smart Contracts » dans ce prologue.

Hyperledger et Ethereum sont en effet deux variantes dont la principale différence avec la Blokchain originelle (Bitcoin) est de permettre d’archiver des programmes (des Smart Contracts) à la place de transactions.

Ces programmes s’exécutent, selon des modalités fixées à l’avance et codées dans le marbre de la blockchain, lorsque les conditions préétablies se vérifient.

Les conditions (météo, horaires, localisation d’un actif, réception d’un document, etc.) sont vérifiés par des « témoins » (des oracles), qui peuvent être d’autres entreprises, la plupart du temps de manière automatisés (via une API, des capteurs, etc.).

Au-delà des simples registres – en fait des bases clefs-valeurs - massivement distribués, ces cas d’usages sont ceux qui intéresseront a priori le plus les entreprises sur le long terme.

Blockchain ou simples registres distribués (pas nécessairement massivement distribués) ?

Oracle mettra aussi certainement en avant la sécurité et sa culture « entreprise », tout comme le fait Microsoft pour son offre concurrente (sur Ethereum).

« Pour les applications qui fonctionnent avec des blockchains, vous aurez un niveau de sécurité et de fiabilité plus élevé en raison de sa nature décentralisée », confirme déjà Brian Peasland, DBA Oracle et contributeur à TechTarget (propriétaire du MagIT).

Comme les autres acateurs des Blockchains, Oracle imagine des débouchés dans les services financiers mais aussi dans l’ERP, dans la gestion des droits numériques, dans la chaîne d’approvisionnement, dans le secteur public et dans celui de la santé.

Reste à voir ces usages des Blockchains réellement arriver en production. Et, comme le souligne Nick Heudecker de Gartner, s’il s’agira encore de Blockchain ou plutôt d’outils qui s’en inspirent de manière lointaine (comme les Digital Ledger Technologies (DLT). Des DLT qui eux-mêmes sont rarement massivement distribués dans les cas de Blockchain de consortium d’entreprises à accès privés.

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