Cet article fait partie de notre guide: Oracle : le Grand Guide de l'OpenWorld 2018

Oracle OpenWorld 2018 : après l'Intelligence Artificielle, au tour de la blockchain d'être infusée

Oracle évalue que la technologie des registres distribués arrivera à maturité d'ici quatre ans. En attendant, l'éditeur place doucement mais sûrement ses pions en sortant des fonctionnalités et des applications « infusées » à la blockchain.

Au premier jour de l'édition 2018 de l'OpenWorld, la grand-messe annuelle d'Oracle qui se tient cette semaine à San Francisco, l'éditeur a annoncé qu'une prochaine version de son SCM (Supply Chain Management) allait intégrer, nativement, des fonctionnalités qui s'appuient sur les registres distribués.

Ces fonctionnalités permettront d'avoir « un enregistrement unique et certifié, partagé entre plusieurs acteurs d'une chaine logistique », précise Steve Miranda, Executive VP, Applications Development en conférence de presse.

Le but d'une telle plateforme inter-entreprises est de connecter des acteurs d'industries de différents horizons - que ce soit pour automatiser le suivi des approvisionnements et des envois, ou pour augmenter la transparence sur la traçabilité.

Quatre applications clef en main

Au deuxième jour de l'Open World, Oracle a joint encore un peu plus le geste à la parole en sortant quatre applications SaaS, clefs en main, à base de blockchain.

« De nombreuses éditeurs proposent une plateforme sur laquelle les clients peuvent faire leur blockchain, mais nous voulions aller plus loin. Nous créons des solutions métiers, spécifiques à des domaines, pour que les entreprises puissent obtenir une valeur ajoutée immédiate de la blockchain », vante l'éditeur dans son communiqué pour qui « les applications clef en main à base de blockchain réduisent les barrières à l'entrée, pour l'adoption de cette technologie ».

« Ce n'est qu'un début », promet Amit Zavery, EVP Oracle Cloud dans un échange avec LeMagIT. D'autres applications devraient suivre dans la finance et le secteur de la santé, voire dans les ressources humaines (pour le recrutement de talents et des travailleurs indépendants amenés à aller d'entreprise en entreprise par exemple).

Oracle aime néanmoins à rappeler - à juste titre - que la blockchain ne fait pas tout. « Je ne pense pas que la blockchain sera utile pour toutes les applications. Mais dans certains cas d'usage, elle est parfaitement adaptée », souligne Amit Zavery.

Pour lui, même dans ces cas, les registres distribués ne remplacent pas non plus forcément les bases de données. « Un problème peut toujours être résolu de différentes manières. Nous nous assurons que les clients qui veulent une blockchain comprennent bien ce que cela signifie et qu'ils choisissent la bonne option en connaissance de cause. Pas parce qu'ils sont excités par le concept de blockchain ».

Un des points clefs à ne pas oublier, selon Steve Miranda, est « qu'une blockchain n'est pas faite pour une seule entreprise, mais pour une industrie ».

L'autre point est que tous les acteurs d'un réseau blockchain (ses noeuds) doivent choisir la même technologie.

Interopérabilité & AI

Pour ses blockchains, Oracle a choisi Hyperledger, tout comme SAP et IBM. Conséquence, il est possible d'avoir des noeuds avec la couche logicielle de chacun de ces éditeurs dans un même réseau.

Cette interopérabilité est confirmée par Amit Zavery. A terme, le rapprochement de la fondation Hyperledger et de l'Enterprise Ethereum Alliance devrait même « consolider des protocoles avec Ethereum », même si ce n'est pas encore le cas.

En plus d'infuser la blockchain dans ses applications, Oracle y ajoute une pincée d'Intelligence Artificielle dans la préparation des données qui vont être écrites dans le registre.

« Les données peuvent venir de sources très variées (structurées, non structurées, IoT, etc.). Il faut les dédupliquer, les nettoyer, repérer des données sensibles qui ne doivent pas être partagées - comme un numéro de sécurité sociale », analyse Amit Zavery. « Quand elles sont trop nombreuses, les préparer prend beaucoup de temps. L'IA permet alors de gérer, en temps réel, leur traitement ».

Blockchain infusée

Plus largement, pour Oracle, la blockchain - comme l'AI - a une valeur métier quand elle est intimement intégrée dans les fonctionnalités des applications et pas forcément en produit indépendant, résume pour sa part le co-PDG Mark Hurd lors de son intervention sur les évolutions à venir de la technologie - même si Oracle propose également une blockchain pur sucre (Oracle Blockchain Cloud Service).

« L'IA sera omniprésente et intégrée à toutes les applications d'entreprise d'ici 2025 », prédit-il. « Ce sera la même chose pour des technologies comme la blockchain ».

A ce jour, Oracle revendique une centaine de clients dans la blockchain. Certains sont en production et beaucoup en phase d'implémentation.

« C'est encore le tout début », constate Amit Zavery. D'après son expérience du terrain, il estime qu'elle arrivera réellement à maturité d'ici 3 à 4 ans. D'ici là et une fois l'effet de mode inhérent à toute nouvelle technologie retombée, il n'exclue pas que le mot « blockchain » ait disparu des appellations des solutions qu'elle infuse.

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