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Blockchain et ERP : les défis à relever (et comment les relever)

Plutôt que des défis techniques, la construction d'un réseau d'entreprises et l'élaboration d'une gouvernance sont les obstacles les plus difficiles à surmonter pour tirer parti de l'alliance entre blockchain et ERP.

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Bien que la blockchain et l'ERP semblent destinés à avoir un avenir commun, la relation n'en est encore qu'à ses débuts. D'autant plus qu'il existe plusieurs obstacles à surmonter avant que les entreprises puissent en récolter les fruits.

« Intégrer blockchain et ERP crée un environnement plus ouvert », vante Prasad Satyavolu, Chief Digital Office et consultant pour les secteurs de la fabrication, de la logistique et des énergies chez Cognizant. « Les deux ensemble permettent une meilleure collaboration et un meilleur accès à toute une chaîne d'approvisionnement. Ils assurent une transparence, sécurisée, tout le long des processus de transaction ».

Trouver des cas d'usages pertinents et clairs

Certes. Mais la première étape d'un plan d'action pour faire un bon duo blockchain ERP ne diffère pas de celle de tout projet à grande échelle : il faut d'abord évaluer les cas d'utilisation possibles et comment ceux-ci peuvent bénéficier de la transparence et du registre non corrigeable d'une blockchain.

« La fabrication et l'exploitation ont-elles pour objectif d'élargir le réseau de fournisseurs avec de plus petits acteurs afin d'obtenir une plus grande souplesse ? Ou veulent-elles créer un contexte propice pour des usages IoT ? », illustre Prasad  Satyavolu.

« Toutes les décisions techniques doivent aller dans le sens des objectifs stratégiques de l'entreprise », ajoute-t-il.

Pour bien commencer et doter l'organisation d'une expertise, il est recommandé de créer un centre d'excellence aidant à établir des cas d'usage, qui seront de bons points de départ.

Pour mémoire, la blockchain (dans comme hors ERP) a surtout du sens dans le cadre de processus où plusieurs parties sont impliquées et où beaucoup d'efforts sont déployés pour créer de la confiance.

Commencer petit

Les « cas d'utilisation les plus viables » (« Most Viable Use Cases ») sont ceux où plusieurs acteurs d'une chaîne d'approvisionnement complexe ont besoin de partager toutes sortes de données - de l'information sur les produits aux données financières. Ce sont aussi ceux où la capacité de partager facilement et d'automatiser des tâches fortement consommatrices de main-d'œuvre, créent une valeur immédiate.

« Commencez à intégrer la blockchain à votre l'ERP à une petite échelle », conseille Gil Perez, responsable des initiatives numériques clients chez SAP.

« Les petits pilotes sont très utiles pour comprendre toutes les implications et avoir plus confiance dans la plate-forme. D'ailleurs, il ne fait aucun doute que dans quatre ou cinq ans, la blockchain fera partie d'une boîte à outils de base utilisée dans l'ensemble de l'ERP ».

Déterminer en amont la gouvernance et les responsabilités

Au-delà des défis techniques, les questions de gestion et de gouvernance sont encore plus importantes lors de l'élaboration d'un réseau blockchain. Il faut répondre dès le début à des questions telles que : Qui fournit les données ? Comment seront-elles utilisées ? Qui paiera pour elles (modèle économique) ?

Il faut aussi beaucoup travailler en amont sur les règles d'engagement (qui pourra devenir membre de la blockchain ? Selon quel processus de décision ?). Et sur la responsabilité : par exemple, comme faciliter (et qui prendra en charge) l'évolution de la blockchain pour coller à d'éventuelles évolutions réglementaires de l'industrie ?

Avoir un consortium, mais pas trop gros

« Le véritable défi consiste à construire un réseau d'entreprises, avec une gouvernance et ses règles pour les Smart Contracts », ajoute David Haimes, directeur principal du développement d'Oracle Cloud ERP. « Ces questions sont beaucoup plus ardues que la construction d'une infrastructure applicative ».

Étant donné la complexité de ce genre de situations, les experts suggèrent de s'appuyer sur des consortiums existants - ou sur ceux qui se forment autour de blockchains dédiées à des industries (santé, pétrole, gaz, transport maritime, etc.). Ceci étant, bien que la mise en place en amont d'un consortium clair soit essentiel, un trop grand nombre de participants est aussi un inconvénient.

« La vraie valeur d'avoir une blockchain intégrée dans un ERP, c'est de pouvoir travailler dans un grand consortium complexe où les gens collaborent. Mais le problème, c'est que plus le consortium est gros, plus il est difficile d'amener tout le monde autour d'une table et de se mettre d'accord sur la manière de faire les choses », avertit Bas de Vos, directeur de l'IFS Labs (la R&D de l'éditeur d'ERP IFS).

Bien se préparer pour défendre le projet en interne

Il est aussi important de connaître la feuille de route de votre éditeur d'ERP sur la blockchain. Cependant, ce qui est crucial - s'accordent à dire les experts - c'est de comprendre comment un mix de blockchain et d'ERP peut apporter de la valeur par rapport à un environnement traditionnel. Et d'être prêt à défendre ces conclusions devant la direction supérieure.

« Vous devrez commencer par présenter un exemple clair et convaincant qui montre comment - et pourquoi - la blockchain bénéficiera plus à l'entreprise que l'utilisation d'un simple ERP sans blockchain » conseille fortement Eric Kimberling, PDG de Third Stage Consulting Group, un cabinet-conseil spécialisé dans les ERP.

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