Windows Server 2022 : les fonctions stockage qui justifient son achat

Le dernier système de Microsoft modernise à ce point les serveurs de fichiers qu’il n’est même plus besoin de remplacer les équipements actuellement en production.

Parmi tous les apports de Windows Server 2022, c’est certainement dans le domaine du stockage que l’on trouve les nouveautés les plus intéressantes. La compression SMB présente par exemple l’intérêt d’accélérer (de raccourcir, plus exactement) les transferts sur le réseau, ce qui peut éviter à une entreprise d’investir dans des équipements Ethernet plus rapides.

Les serveurs de fichiers n'ont pas massivement migré vers le cloud comme beaucoup l'avaient prévu. De nombreuses entreprises utilisent toujours un serveur Windows sur site principalement pour ses capacités de serveur de fichiers. Malgré sa promotion constante du cloud Azure, Microsoft reconnaît les qualités de son logiciel serveur pour les besoins de stockage, au point d’ailleurs que de nouvelles fonctionnalités dans ce domaine justifient à elles seules le passage à Windows Server 2022.

La compression pour accélérer par 6 les transferts

Microsoft a donc introduit la compression dans la version 3.1.1 du protocole SMB proposée avec Windows Server 2022. Cette fonctionnalité compacte les données avant qu'elles ne soient envoyées sur le réseau, puis les décompacte à leur destination. Il s'agit d'un nouveau concept qui pourrait changer la donne pour de nombreuses entreprises. En effet, avec les machines virtuelles et les données des utilisateurs dont la taille ne cesse de croître, la compression SMB apporte une solution très attendue au problème des réseaux surchargés.

Selon une démonstration effectuée par Microsoft, cette technologie permet d’effectuer un transfert de 20 Go de données entre 30 secondes, contre 3 minutes auparavant, sans rien changer au niveau du réseau.

Certes, la compression affecte nécessairement les performances du processeur sur le serveur. Mais le nombre de cœurs de ces machines a augmenté au point que l'impact est aujourd’hui minime. Il sera intéressant de voir si Microsoft développe davantage cette technologie de compression pour tirer parti des SmartNIC, les cartes réseau intelligentes qui embarquent assez d’électronique pour s’occuper elles-mêmes de cette compression. 

Un cache même sur les petits serveurs

Cette compression va de pair avec une autre nouveauté : la gestion d’un cache sur les serveurs de fichiers les plus simples. Le cache des données entrantes et sortantes est normalement l’apanage des NAS, des machines intégralement dédiées au partage de fichiers.

Ce cache accélère les transferts grâce à un système de hiérarchisation. Il utilise des disques plus rapides, comme des SSD, pour accéder plus vite aux données chaudes, celles les plus susceptibles d’être lues à un instant T. Un tel cache est susceptible d’apporter une forte augmentation des performances pour un coût minime (le remplacement d’un disque dur par un SSD), ce qui devrait donner une nouvelle vie à un serveur de fichiers Windows déjà amorti.

ReFS supporte les sauvegardes, le chiffrement

Le système de fichiers Resilient File System (ReFS) se pare à présent d’une fonction de Snapshot, particulièrement utile pour sauvegarder des disques virtuels. Entièrement automatisée, celle-ci bénéficie d’une optimisation sur le clonage des blocs qui rend la procédure de sauvegarde excessivement rapide. ReFS dans Windows Server 2022 bénéficie par ailleurs d’une sécurité renforcée avec un chiffrement sur 256 bits.

L'objectif initial de Microsoft était de faire de ReFS le remplaçant de NTFS : il est plus fiable, plus élastique (il supporte des volumes de 35 Po, contre seulement 256 To pour NFS), plus performant. Problème, il n’est toujours pas possible de démarrer Windows depuis une partition ReFS. Néanmoins, ce système constitue à présent la meilleure option pour héberger des les données partagées en SMB.

La migration de données facilitée

Autre point fort de Windows Server 2022, le service de migration du stockage. Celui-ci offre à présent à l'administrateur davantage de moyens de gérer les données et de les placer à divers endroits. Par exemple, il sait extraire les données des anciennes baies de stockage NetApp pour les déployer sur des modèles plus récents, qui fonctionnent sous la dernière version d'OnTap 9, ou vers des volumes hébergés dans le cloud Azure. Il sait aussi déplacer les données des serveurs Linux utilisant Samba vers des serveurs de fichiers Windows.

Le point clé ? Il convertit au passage toutes les métadonnées. Il allège la charge de l’administrateur en gérant les aspects problématiques de la migration, comme le transfert des autorisations et des noms de partage.

Cette fonction de migration est censée contribuer à la mise en place de copies de secours, un besoin en croissance face au péril des ransomwares. Le véritable avantage pour de nombreux administrateurs pourrait d’ailleurs bien être la partie Azure. Une migration vers le cloud nécessite normalement une planification complexe et un budget conséquent.

La migration d'un serveur de fichiers vers le cloud est un peu mal nommée ; les données sont copiées, et non déplacées, à partir de la source sur site. Cela rend la migration vers le cloud moins risquée, car la mise hors service du serveur de fichiers sur site ne doit pas être immédiate. Il existe des outils tiers pour effectuer ce type de migration, mais le fait que la fonctionnalité soit intégrée à Windows Server présente des avantages. Citons la préservation de l'accès au compte, à condition que tout reste dans le même domaine.

Une autre nouveauté du service de migration apportée par Windows Server 2022 est le fait que la vitesse de réparation du stockage devient réglable. La reconstruction d'un RAID est généralement éprouvante pour le matériel et provoque des ralentissements importants sur les systèmes de production. Désormais, les administrateurs ont la possibilité de réguler les priorités entre le processus de réparation et les charges de travail en cours d'exécution. Ce réglage permet aussi de prévoir des créneaux d’heures creuses lors desquelles la priorité du système rebascule sur la reconstruction d’un RAID.

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