Stockage : NetApp généralise NVMe, QLC et S3 dans ses baies OnTap

Chez NetApp, même les baies de stockage d’entrée de gamme AFF A250 et FAS 500F sont désormais équipées de caractéristiques haut de gamme. Le système OnTap passe en version 9.8.

NetApp a profité de son événement annuel Insight pour mettre à jour toutes ses familles de produits. En vedette, les baies de stockage historiques voient arriver deux nouveaux modèles, les AFF A250 et FAS 500F respectivement en 100 % NVMe et en 100 % SSD, tandis que leur système OnTap est mis à jour dans une version 9.8 qui apporte principalement le stockage en mode objet.

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« La gamme de produits OnTap regroupe historiquement toutes les fonctions de stockage. Il était donc logique que nous proposions dès l’entrée de gamme, notre stockage NVMe avec l’AFF250, ainsi que des SSD en NAND QLC pour un meilleur rapport performances/capacité/prix avec le FAS 500F et, évidemment, du stockage objet dans OnTap », lance Mathias Robichon, le directeur technique de NetApp France.

« La famille OnTap n’a pas vocation à cannibaliser nos autres produits. Notre offre de stockage objet principale reste StorageGrid. »
Mathias RobichonDirecteur technique, NetApp France

« Pour autant, la famille OnTap n’a pas vocation à cannibaliser nos autres produits. Notre offre de stockage objet principale reste StorageGrid. L’arrivée du mode objet dans Ontap consiste par exemple, à pouvoir désormais intégrer les NAS du front-end, à la grille objet du back-end et à ses règles de métadonnées. L’idée est de pouvoir les connecter aux applications analytiques qui fonctionnent désormais en mode cloud. »

Les annonces liées aux nouvelles machines seraient à l’avenant : l’objectif est de mieux servir des entreprises en pleine transformation en généralisant sur toutes les gammes OnTap des caractéristiques autrefois réservées aux configurations haut de gamme, ou aux solutions dédiées. Les entreprises, peu importe leur taille ou l’ampleur de leurs applications, auraient en effet besoin de plus de vitesse, quelle que soit leur baie de stockage. Car tous leurs contenus sont plus sollicités qu’auparavant. En l’occurrence, les données sont soumises, là, à des outils d’analytique inédits ou, là, à des applications web qui démultiplient les accès utilisateurs.

En définitive, la différence entre entrée de gamme et haut de gamme chez NetApp ne se ferait plus tellement sur la richesse fonctionnelle, mais plutôt sur la capacité de stockage maximale possible.

« En Europe, nous avons ainsi des clients qui souhaitent mettre leurs données de production à la disposition d’une grille Hadoop/Spark via des API S3, mais qui n’ont ni le temps ni les budgets à consacrer à une infrastructure supplémentaire dédiée à l’objet. En France, nos clients sont quant à eux très intéressés par des baies OnTap compatibles S3, pour démarrer des tests sur le stockage objet, avant de lancer leurs nouveaux projets d’application cloud », illustre Mathias Robichon.

AFF A250 : 45 % plus rapide grâce à la généralisation des SSD NVMe

La nouvelle baie AFF A250, capable de servir aussi bien de NAS que de SAN, grâce à OnTap donc, est une machine au format Rack 2U qui embarque jusqu’à 24 SSD NVMe. Les capacités individuelles de ces SSD sont de 1,9, 3,8, 7,6 ou 15,3 To. Selon NetApp, elle serait 45 % plus rapide que la précédente AFF A220 dans laquelle les 24 SSD étaient connectés en SAS. Côté serveur, elle propose jusqu’à 24 ports Ethernet en 25 Gbit/s pour partager ses volumes en NAS (NFS comme SMB), ou jusqu’à 24 ports Fiber Channel 32 Gbit/s pour être utilisée comme un SAN (mode bloc).

La connexion physique Fiber Channel supporte d’être utilisée en NVMe-over-FC, le protocole qui exploite tout le potentiel des disques NVMe, c’est-à-dire avec plus d’accès en parallèle et moins de latence que lorsque l’on passe par le protocole Fiber Channel lui-même. Le NVMe-over-FC, qui traite les SSD comme des extensions PCie de mémoire non volatile, n’est en effet plus étranglé par la gestion des commandes SCSI, lesquelles ne servent qu’aux disques mécaniques et n’ont plus de raison d’être avec des SSD dépourvus de têtes de lectures et de plateaux magnétiques.

« Nous avons fait le choix de proposer du NVMe-over-FC et non du NVMe-over-RoCE, car le premier fonctionne directement avec les switches et les cartes contrôleurs Fiber Channel que les entreprises avaient déjà achetées. Le NVMe-over-RoCE aurait demandé, lui, des cartes Ethernet spéciales », précise Mathias Robichon.

Côté extension, l’AFF A250 supporte un tiroir de disques, également au format 2U, pour étendre la capacité sur 24 disques supplémentaires. Il peut s’agir du tiroir NS224 qui contient 24 SSD NVMe et qui est relié, pour le coup, en NVMe-over-RoCE à l’AFF A250 (via 4 ports Ethernet 25 Gbit/s supplémentaires), ou du tiroir DS224, déjà disponible sur pour l’AFF A220 et qui contient 24 SSD SAS. Dans ce dernier cas, le tiroir est relié à l’AFF A250 via quatre ports SAS 12 Gbit/s. Au maximum, il est donc possible d’atteindre une capacité brute de 734 To (2 baies x 24 SSD x 15,3 To) qui se traduirait, selon NetApp, en environ 3 Po de capacité utile grâce au ratio 5:1 apporté par les fonctions de compression/déduplication d’OnTap.

L’AFF A250 est le nouveau modèle d’entrée de gamme dans la famille AFF, laquelle comprend déjà les AFF A400, A700 et A800, des baies dans des formats 4U ou 8 U. Toutes ces machines peuvent être installées en cluster, avec un maximum de 24 nœuds ou, plus exactement, 12 paires de nœuds redondants. Dans ces conditions, la capacité utile d’un cluster complet d’AFF A250 serait d’environ 35 Po.  

Comme les autres modèles d’AFF, l’A250 se décline en une version ASA A250. Il s’agit d’une version de la machine plus simple à administrer et moins chère, car elle n’offre qu’un fonctionnement en SAN.

FAS 500F : du stockage 100 % Flash au prix de l’hybride pour restaurer plus vite

L’autre nouvelle baie de stockage OnTap est la FAS 500F. Physiquement identique à l’AFF A250, elle embarque 24 SSD SAS de 15 To chacun, soit également une capacité brute maximale de 734 To pour environ 3 Po de capacité utile. La différence est qu’il s’agit ici de SSD à cellules NAND QLC, qui ont l’avantage de coûter bien moins cher que les SSD NVMe MLC de l’AFF A250. Au détriment, en revanche, de ne pas supporter d’accès intensifs. Les composants NAND QLC, en effet, vieillissent prématurément sous l’assaut des écritures et sont donc plus adaptés aux trains d’écriture séquentielle, comme ceux des sauvegardes habituellement effectuées durant la nuit.

Selon NetApp, cette machine aurait déjà été vendue à des studios de production, comme ceux de Dreamworks qui s’en servent pour héberger les sauvegardes. Mathias Robichon ajoute que la FAS 500F n’est pas cantonnée aux sauvegardes, qu’elle peut servir de NAS pour les applications non critiques, ou pour partager des documents essentiellement en lecture. Dans une certaine mesure, la baie FAS 500F attaque le segment de marché adressé jusqu’ici par les baies FlashArray//C du concurrent Pure Storage.

La gamme FAS est historiquement la gamme de baies NetApp aux prix les plus abordables. Précédemment, le constructeur ne proposait dans cette famille que des baies pourvues de disques durs mécaniques, complétés par quelques SSD en guise de cache. En basculant au 100 % SSD, la baie FAS 500F atteindrait une latence minimale, soit entre 2 et 4 millisecondes. Son atout principal, par rapport aux configurations à disques mécaniques, serait de pouvoir restaurer bien plus rapidement des données sauvegardées en cas d’incident. 

OnTap 9.8 : 33 % plus efficace, cache CIFS, LUNs de 128 To et S3

Le système OnTap 9.8 n’apporte pas que le support du mode objet, via le protocole S3. Ses fonctions de compression/déduplication ont été améliorées au point d’augmenter la capacité utile des baies d’encore un tiers. Les LUNs, qui étaient auparavant limités à 16 To, atteignent désormais 128 To, « parce qu’une telle capacité est devenue possible dans le cas des clusters de machines virtuelles », dit le directeur technique. Le cache FlexCache, pour accélérer les accès NAS, couvre désormais le protocole SMB/CIFS, alors qu’il ne concernait jusqu’ici que le protocole NFS.

« Étendre les fonctions de cache à CIFS permet d’accélérer les succursales qui ne sont qu’en Windows, ainsi que les projets de VDI avec des postes Windows virtuels. »
Mathias RobichonNetApp France

« NFS est le protocole des applications et des serveurs Linux. Étendre les fonctions de cache à CIFS permet d’accélérer les succursales qui ne sont qu’en Windows, ainsi que les projets de VDI avec des postes Windows virtuels », indique Mathias Robichon. Et de préciser que cette accélération fonctionne aussi pour le VDI depuis le cloud public, dès lors qu’il est utilisé avec des volumes OnTap en ligne.

Mais la nouveauté sur laquelle NetApp insiste le plus est l’extension de SnapMirror : cette fonction, qui génère automatiquement l’image des contenus à un instant T (un snapshot), peut désormais elle-même stocker son résultat sur une grille de stockage objet.

« L’intérêt premier de SnapMirror est de sauvegarder une copie conforme d’une baie de stockage afin de pouvoir relancer l’activité en cas d’incident. Jusqu’à présent, on ne pouvait enregistrer ces snapshots que sur d’autres baies OnTap, qu’elles soient physiques dans le datacenter, ou virtuelles dans le cloud public. Nos clients nous ont demandé d’étendre les destinations possibles au stockage objet, sur site comme en cloud, car le prix inférieur de ce format permet d’archiver des sauvegardes supplémentaires », témoigne Mathias Robichon.

En l’occurrence, il s’agit surtout de pouvoir remonter dans l’historique des données, par exemple à un instant où le SI n’aurait pas encore été corrompu par un ransomware.

« Il n’est pas question pour autant de concurrencer les logiciels de sauvegarde qui s’interfacent parfaitement à nos solutions, notamment Veeam et CommVault, et qui eux-mêmes savent enregistrer leurs backups sur du stockage objet. Il s’agit surtout de pouvoir contrôler ces snapshots depuis l’interface d’OnTap, même lorsqu’ils sont enregistrés en ligne sur AWS S3, ou sur site, dans nos solutions StorageGrid », conclut Mathias Robichon.

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