L’industriel Haulotte élargit les usages de son PLM aux métiers

Le constructeur français d’élévateurs télescopiques Haulotte a déployé une nouvelle plateforme PLM dont les usages vont aujourd’hui bien au-delà du seul bureau d’études et du manufacturing.

C’est pour faire face à une problématique d’obsolescence de sa solution de gestion de données techniques que l’industriel Haulotte lance en 2017 un projet de déploiement d’une plateforme PLM. Jusqu’alors, le bureau d’études qui conçoit les matériels d’élévation s’appuie sur une version obsolète de la solution SmarTeam.

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Outre les difficultés d’utilisation sur des postes Windows 7 (finalement contournées), l’arrivée de Windows 10 contraint l’industriel à moderniser d’urgence son outil. De plus, pour des raisons de compatibilité, il était impossible de mettre à jour l’outil de CAO SolidWorks 2009, ce qui devenait un handicap certain pour échanger des données de conception avec les partenaires de l’industriel qui utilisait déjà SolidWorks 2016.

« L’origine du projet était une vraie problématique d’obsolescence », confirme David Breneur, PLM Project Manager du groupe. « Nous avons préféré nous positionner dans une approche plus globale de gestion de l’information produit et de PLM en intégrant des aspects collaboratifs, de continuité et de cohérence, et d’efficience opérationnelle ».

Une première « shortlist » de trois plateformes PLM est alors établie avec des solutions d’approches assez différentes. La première envisagée, Enovia (Dassault Systèmes), a été écartée, car jugée trop complexe. TeamCenter (Siemens Digital Industries Software) offrait un grand nombre de modules, mais avec un modèle de licencing qui a été jugé trop complexe à gérer. Par ailleurs, ses modules paraissaient relativement figés à Haulotte, ce qui offrait un niveau de personnalisation trop limité.

Le choix d’Haulotte s’est finalement porté sur le PLM d’Aras, une solution très orientée métier et qui offrait les meilleures capacités de personnalisation.

« Les métiers ont souhaité privilégier la personnalisation et coller au plus près à notre organisation », se souvient le chef de projet. « Ce choix a nécessité de mettre en place une vraie organisation pour faire remonter les besoins des métiers, traduire ces besoins bruts en solution, puis personnaliser les modules et les mettre en œuvre ».

Une cellule de développement Aras créée en interne

Plutôt que de mener un projet de déploiement en Big Bang avec un intégrateur, l’approche choisie a été de déployer la solution puis de mener le déploiement petit à petit avec une « Factory » interne. Cette « factory » maîtrise l’outil et peut mettre en ligne de nouvelles fonctionnalités très régulièrement ou de grosses évolutions – le tout avec l’aide de l’intégrateur Minerva (un partenaire de l’éditeur Aras).

L’équipe se compose de deux personnes au support, d’un « Solution Owner » qui gère l’aspect technique de la solution (environnements de développement, de production, les connecteurs, etc.), et de David Breneur, en charge de la gestion de projet, du fonctionnel et du rôle de « Product Owner ».

« Nous avons préféré une approche plus globale du PLM en intégrant des aspects collaboratifs, de continuité, de cohérence, et d’efficience opérationnelle ».
David BreneurPLM Project Manager, Haulotte

« Nous avons mis en place une équipe interne pour gérer ce flux de développements : nous sommes capables de définir le besoin, de développer et tester, puis de mettre en production ces évolutions de manière autonome », précise-t-il. « Toutes les deux semaines, nous déployons un package d’évolutions qui font grandir petit à petit notre plateforme PLM. Et nous déployons un gros module fonctionnel tous les 6 mois environ ».

« Nous travaillons avec Minerva pour bénéficier de leur expertise, mais aussi pour mener les gros projets afin de bénéficier de capacités de développement supplémentaires, de leur capacité à travailler en méthodes agiles et à gérer un backlog et des sprints de deux semaines », ajoute-t-il.

Le déploiement initial du PLM a porté sur les grandes briques fonctionnelles de base de gestion des documents CAO, sur les intégrations avec l’ERP et les connecteurs.

La base applicative « monde » et toutes les métadonnées sont hébergées « on-premise » au siège du groupe (en région parisienne) et sur des serveurs de fichiers de type « Vault » au plus près des pôles d’ingénierie en France, en Chine, en Roumanie et aux États-Unis.

« Nous avons accordé des accès au niveau mondial à tous les utilisateurs métiers concernés, tant côté industrie que services », se félicite David Breneur. « Un atout de la solution Aras est sa gestion des permissions par rôles pour chaque “Item” et pour chaque process. Les utilisateurs peuvent cumuler des autorisations en fonction de leur profil et de leurs missions. C’est une approche extrêmement efficace ».

Le PLM d’Aras est interfacé avec l’ERP Infor M/3. Des connecteurs ont été mis en place avec la suite Microsoft Office ainsi que vers l’outil de CAO SolidWorks.

Le remplacement de la version obsolète de SmarTeam par Aras V11 a aussi permis au bureau d’études de monter en version sur SolidWorks (vers SolidWorks 2017, puis vers SolidWorks 2020).

Une logique de déploiement à l’œuvre sur le Change Management

Dans cette logique d’évolution continue, l’empreinte de la plateforme PLM s’est peu à peu étendue dans l’entreprise. Le PLM compte maintenant 600 utilisateurs dans 150 pays. Et les demandes d’évolution se multiplient auprès de l’équipe PLM, notamment pour créer de nouvelles vues et des extractions propres à chaque équipe et à chaque usine.

« Nous privilégions une approche très pragmatique dans nos processus. »
David BreneurPLM Project Manager, Haulotte

« Les équipes gagnent en maturité sur l’outil. Il faut leur assurer un accompagnement sur des process qui sont toujours un peu différents une fois qu’ils sont implémentés dans un outil. Même si notre travail s’appuie sur les retours de “Key Users”, il faut accompagner les métiers […]. C’est aussi la raison pour laquelle, le choix d’une solution qu’il est facile de faire évoluer est important ».

Avec la plateforme Aras, faire évoluer un workflow demanderait entre une heure à une heure trente de travail seulement, et à peu près autant de temps pour les tests.

Ces délais courts permettent d’être plus « pragmatiques » et donc efficaces. Ce pragmatisme est primordial pour l’industriel. Son bureau d’études compte un peu moins d’une centaine de personnes pour une gamme de plus de cent machines et des catalogues qui vont de 600 à 800 références de pièces détachées pour chaque machine.

« Nous devons privilégier ce type d’approche très pragmatique dans nos processus », insiste bien le responsable du projet. « C’est la raison pour laquelle nous n’avons pas voulu aller vers une solution avec des briques fonctionnelles prédéfinies, conçues pour des entreprises dont le mode de fonctionnement est différent ».

Le défi de concilier pragmatisme et ambition

Illustration de ce pragmatisme, la dernière brique fonctionnelle activée sur la plateforme est celle du Change Management. Mais pas d’une manière traditionnelle.

Dans les solutions PLM, le Change Management concerne en effet les évolutions des caractéristiques techniques des produits. Mais pour Haulotte, il s’agit d’un process majeur qui doit se placer en amont de l’évolution du produit lui-même.

« Il s'agit véritablement d'une vision end-to-end du Change Management. Nous intégrons dans ce processus tous les collaborateurs amenés à intervenir dans l’évolution du produit, depuis le marketing jusqu’au manufacturing, mais aussi les achats, les approvisionnements, la qualité. De ce fait, l’empreinte du PLM s’est élargie à tous ces métiers ».

L’équipe de David Breneur travaille désormais sur l’extension de ce processus afin d’intégrer les changements autres que techniques, comme par exemple les modifications de tarifs.

Pour l’heure, Haulotte s’apprête à migrer sa plateforme Aras v11 vers la version 12. L’interface et l’ergonomie de la v12 ont été retravaillées en profondeur et modernisées. Un atout de plus pour séduire les utilisateurs au-delà du bureau d’études.

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