Au-delà de l’AIOps, « l’AgenticOps » s’impose aux administrateurs IT

Une étude d'Omdia montre que de nombreuses entreprises modernisent leurs serveurs en faisant des capacités d'IA intégrées un critère incontournable pour leurs nouveaux investissements en infrastructure.

L’intelligence artificielle appliquée aux opérations informatiques est désormais une réalité, et les premiers résultats témoignent d’évolutions positives dans le métier d’administrateur système. En effet, l’IA ne vient pas seulement alléger la contrainte de gérer des environnements de plus en plus dispersés et complexes. Elle vient aussi rationaliser les nouveaux besoins en optimisation, en sécurité, en régulation des environnements métiers qui se trouvent eux aussi transformés par l’IA.

De fait, les équipes IT songent déjà à évoluer vers la suite logique de l’IA générative : elles veulent passer à l’IA agentique appliquée aux opérations. C’est-à-dire à une IA qui ne se contente pas d’identifier les problèmes, mais qui prend aussi les devants pour les éviter et s’active pour les résoudre. Parce qu’il faut encore suivre le rythme croissant des exigences techniques. Parce qu’il faut à présent automatiser, optimiser et dépanner des environnements informatiques qui ont déjà eux-mêmes basculé dans l’IA agentique.

Selon une étude d’Omdia, 90 % des professionnels s’accordent à dire que « l’utilisation d’une IA davantage capable pour les opérations informatiques permet (ou permettra) d’effectuer un travail plus stratégique dans l’entreprise ».

Les outils traditionnels d’automatisation et d’observabilité, bien que puissants, présentent des limites. Ils nécessitent souvent une interaction et une coordination manuelles importantes. L’un des atouts des opérations informatiques agentiques réside dans le fait que l’IA peut développer une compréhension contextuelle de votre environnement IA et ainsi être mieux à même de répondre de manière proactive aux demandes, de mieux atténuer les problèmes.

Un enthousiasme soutenu malgré des premiers faux pas

Parmi les utilisateurs de l’IA dans le domaine des opérations informatiques, une majorité de professionnels (52 %) s’accordent à dire que le recours à l’IA pour des tâches d’administration a donné lieu à quelques mauvaises expériences initiales, qui les ont rendus plus prudents. Ces premiers faux pas ne semblent cependant pas avoir tempéré l’enthousiasme quant au potentiel de l’IA pour assister les administrateurs IT, mais ils soulèvent de nouvelles considérations et questions :

  • Comment les équipes doivent-elles trouver le juste équilibre entre l’IA agentique et l’automatisation traditionnelle ? En effet, les modèles basés sur des agents sont puissants, mais peuvent consommer d’importantes quantités de tokens. Les systèmes d’automatisation existants pourraient donc s’avérer plus rentables.
  • Comment les entreprises peuvent-elles concilier simplicité des opérations avec maîtrise de la hausse des coûts liée aux tokens que consomment les agents ?
  • Comment les équipes vont-elles gérer les autorisations, suivre et auditer les opérations, et garantir la responsabilité des agents ?
  • Lorsqu’un agent se comporte de manière inappropriée, qui est responsable ?
  • Quand est-il préférable d’utiliser des outils prêts à l’emploi, et quand les équipes devraient-elles développer leurs propres projets sur mesure ?

Pour bénéficier de capacités d’administration agentiques, il n’est pas nécessaire de mettre en place des projets sur mesure. De nombreux fournisseurs de services informatiques, tels que ServiceNow et Red Hat, proposent des outils permettant de mieux intégrer l’utilisation de l’IA dans les processus d’administration existants.

L’IA agentique devient un facteur de choix dans l’achat de nouvelles infrastructures

Les principaux fournisseurs d’infrastructures IT (serveurs, stockage, réseau) intègrent désormais ensemble l’IA générative (assistants) et agentique (automatisation intelligente) dans leurs plateformes afin de simplifier la gestion, la maintenance, l’identification des causes profondes et la correction des problèmes.

Par exemple, HPE GreenLake Intelligence fournit des outils basés sur des agents couvrant les serveurs, les réseaux et le stockage, en utilisant plusieurs agents d’IA, chacun doté d’une expertise spécifique liée à des capacités d’infrastructure particulières et conçu pour interagir avec les autres. Les agents peuvent exploiter les données de télémétrie, les logs et les données de configuration pour fournir un contexte adapté à l’environnement spécifique. La communication entre les agents repose sur des connexions au standard MCP, offrant ainsi la possibilité de collaborer avec des fournisseurs tiers, tels que ServiceNow.

GreenLake propose également une interface « copilote » permettant aux administrateurs d’exercer un contrôle et une gouvernance supervisée par l’humain. Elle sert à interagir avec les agents via le langage naturel et à définir le niveau d’autonomie accordé à ces derniers.

Au-delà de HPE, de nombreux autres fournisseurs d’infrastructures - notamment Cisco, Dell, Everpure, Hitachi Vantara, IBM, Lenovo ou encore NetApp - ont commencé à proposer des fonctionnalités basées sur l’IA pour faciliter diverses opérations d’administration, dont la mise en production et le dépannage.

Si bien que, pour les décideurs informatiques, les capacités opérationnelles et les contrôles basés sur l’IA sont désormais devenus des critères d’achat incontournables lors de l’acquisition d’infrastructures, tant aujourd’hui qu’à l’avenir. Selon l’étude d’Omdia mentionnée précédemment, 80 % des entreprises ont déclaré moderniser leur infrastructure avec des produits intégrant des capacités d’IA.

La mise en place de contrôles, d’une gouvernance et d’une responsabilité adéquats sera essentielle pour favoriser une utilisation accrue des opérations informatiques basées sur des agents au sein des environnements d’entreprise. Les premiers résultats sont toutefois déjà extrêmement positifs, puisque 90 % des professionnels affirment que l’intégration et l’utilisation de l’IA dans la gestion des infrastructures IT vont avoir un impact positif sur leur carrière.

Scott Sinclair est un analyste spécialisé dans les infrastructures de stockage de données pour le cabinet d’études Omdia.

Cette opinion est initialement parue en anglais sur Techtarget.com, une publication sœur du MagIT.

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