L'OS de Google tombe nickel chrome pour contrarier Windows 7

En promettant l'arrivée sur le marché de Chrome OS mi-2010 et son code source avant la fin 2009, Google a décidé de croiser ouvertement le fer avec le Windows 7 de Microsoft. Si la firme californienne vise en premier le segment des netbooks, pour égratigner XP au passage, elle compte bien également contrarier les plans de Microsoft sur le poste de travail.

Le secret Chrome OS existait bien. Google balance aujourd'hui officiellement dans les jambes de Microsoft un système d'exploitation poids plume et Open Source dont l'arrivée sur le marché devrait débuter mi-2010. Premier segment visé : celui des très tendance netbooks, ces mini-PC à bas prix. Avant de s'attaquer probablement au segment plus critique des postes de travail pour venir titiller Microsoft et rogner ses marges.

Pour Google, le Web est l'OS 

Dans un billet de blog, Google décrit Chrome OS comme un système ultra-léger, au démarrage rapide. L'utilisateur se trouve instantanément connecté à Internet ainsi qu'aux applications hébergées. Une traduction technologique de la désormais célèbre ligne de conduite du groupe de Mountain View, qui dit que « le Web est la plate-forme ». Naturellement, Chrome OS est un prolongement du navigateur Chrome, comme l'explique Google. Le système reposera ainsi sur le navigateur sur lequel sera greffé un système graphique novateur. L'ensemble fonctionnera sur un noyau Linux. « L''interface utilisateur est minimaliste pour éviter de surcharger le système et l'essentiel de l'expérience utilisateur se réalise sur le Web. [...] Chrome OS correspond à notre vision de ce que devrait être un OS », poursuit le groupe dans ce même billet de blog. Un système a minima - presque Instant-on - qui boote en direct sur un navigateur en somme.

Côté développement, les applications pour Chrome OS exploiteront les technologies et langages standards du Web. Un peu à l'image du très récent WebOS de Palm qui motorise le Pre. Très concrétement, Javascript et HTML auront la part belle. Et surtout HTML 5, sur lequel Google a jeté pleinement son dévolu, se rangeant derrière le futur standard. Cette prochaine mouture du langage du Web promet notamment des fonctions permettant de gérer en natif le mode déconnecté. Ce qui, dans le cas de Chrome OS, fait figure de nécessité.

Open Source oblige, Google en appelle à la communauté pour faire évoluer son système, dès la publication du code d'ici la fin de l'année. « Nous avons encore beaucoup de travaux à accomplir et nous allons avoir vraiment besoin de beaucoup d'aide de la communauté Open Source pour mener à bien notre vision », explique le géant californien.

Microsoft en ligne de mire

Microsoft, qui voit débarquer Google sur son segment de prédilection, n'a pas souhaité commenter l'annonce de Chrome OS. Pourtant, il s'agit bien d'une attaque directe à l'encontre de l'éditeur de Redmond qui voit arriver un OS pour netbook, sur un segment trusté par Windows XP. Et c'est justement sur ce terrain que Google attaque. « Aujourd'hui, les OS sur lesquels fonctionnent les navigateurs ont été développés à une époque où il n'y avait pas de Web », écrit Google. C'est effectivement le cas de XP. L'OS, un peu vieillissant après 8 années d'existence, est devenu l'OS de Microsoft pour les netbooks faute de mieux... car Vista, et ses besoins en ressources trop importants, ne s'adaptait guère aux mini-PC.

Plus ennuyeux pour le premier éditeur mondial : si, pour l'heure, Google destine avant tout son OS aux netbooks, il confirme ses ambitions pour le poste de travail. Juste au moment où le successeur de Vista, Windows 7, se présente sur le marché (il sera commercialisé à partir du 22 octobre). Un nouvel OS clef pour le premier éditeur mondial, mais que certains considèrent trop déjà comme trop cher.

Pour Louis Naugès, président de Revevol, un cabinet de conseil en stratégie Web 2.0, Chrome OS vient chasser fortement sur le terrain de Microsoft, et d'ici 3 à 5 ans mettra en péril le modèle économique de Redmond, affirme-t-il. Et pas uniquement sur le segment des netbooks. Mais également sur le marché des entreprises, là où jusqu'alors Microsoft est parvenu à défendre son pré-carré. Car, pour lui, « Chrome OS vient parfaire la stratégie de Google pour entrer dans les entreprises. Avec un OS, un navigateur et les Google Apps, Mountain View a de quoi contrer la machine à bénéfices de Microsoft : Office + Windows ». Reste que Louis Naugès est un fervent défenseur des technologies de Google et qu'il faudra attendre les premiers tests des entreprises, volontiers conservatrices, pour confirmer cette prophétie. Rappelons que l'arrivée annoncée de Linux sur le poste de travail des grands comptes ne s'est pas réellement concrétisée, à quelques exceptions près.

Reste qu'avec Chrome OS, Google prend date et vient s'inscrire sur les plans de migration des entreprises pour 2010 – 2011, sous l'ère Windows 7 donc. A cette époque, « les entreprises auront trois options : soit garder XP (qui est maintenu jusqu'en 2013), soit basculer vers le modèle promis par Chrome OS, soit migrer vers 7 », explique Louis Naugès. La démocratisation des offres hébergées aidant, Chrome OS aurait donc sa carte à jouer.

Le ciment des communautés Linux

Si Chrome OS est riche de promesses, il génère aussi un peu de confusion. L'autre OS de Google, Android, est également retenu par certains constructeurs de netbooks, comme Dell. Si Google reconnaît bien quelques doublons entre les deux systèmes, il explique également que, à l'usage, les deux OS ne se placent pas au même niveau. Téléphone et netbook pour l'un – Android -, netbook et poste de travail pour l'autre - Chrome OS -. Android suivra ainsi une évolution parallèle. Chrome OS, quant à lui, naviguera vers le desktop, grâce notamment à son support des architectures x86 - ce qui n'est pas le cas d'Android – en plus de Arm. Et d'un parterre de partenaires OEM dont Google prétend que certains – en Chine et Taiwan notamment - auraient déjà signé pour intégrer son OS.

Subsiste une question : le marché a-t-il besoin d'une énième distribution Linux, qui vient cotoyer Ubuntu, Mandriva d'un côté, ou encore Moblin sur le segment des netbooks ? Pour Louis Naugès, la réponse est simple. Comme Android l'a fait sur le marché de la téléphonie Linux, Chrome OS va fédérer la communauté de développeurs – au lieu de la fragmenter -  en proposant une plateforme dont la popularité va indubitablement grimper grâce à la marque Google. Avec l'espoir de voir leur travail profiter à une application qui vient réellement bouleverser le marché. C'est en tout cas le pari de Mountain View... et la hantise de Redmond.

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