Affaire Itanium : une victoire pour HP, Oracle sommé de supporter Itanium

Dans son verdict, la cour de Californie a ordonné à Oracle la poursuite des développements de ses produits pour Itanium jusqu’à l’arrêt de la commercialisation des serveurs par HP. Un revers cinglant pour la firme de Larry Ellison qui confirme faire appel.

Le couperet est tombé ce mercredi 1 août. Dans le cadre du procès qui oppose HP à Oracle autour du support d’Itanium, la cour de Californie a finalement tranché en faveur d'HP : la firme de Larry Ellison était bien tenue contractuellement et devra poursuivre les développements de ses plate-formes pour les serveurs Itanium d'HP, jusqu’à ce que ce dernier décide de stopper leur commercialisation, a conclu le juge en charge de l’affaire. Un verdict clair, qui rejette massivement tous les arguments d’Oracle concernant un précédent accord noué entre les deux groupes lors de l’affaire Hurd.

L’affaire remonte à mars 2011. A cette date, Oracle annonce par voie de communiqué officiel stopper les développements de ses solutions de bases de données et de middleware pour les plates-formes Itanium. Prétextant à l’époque qu’Intel - qui fabrique les puces Itanium donc - a déjà prévu d’éteindre sa gamme dans un futur proche. Or, une grande partie des clients HP utilise les serveurs Integrity pour leurs bases de données Oracle. Laissant ainsi ces mêmes clients dans le vide. Réaction épidermique d'HP qui décide, après menaces, de poursuivre Oracle devant les tribunaux, affirmant que la firme de Larry Ellison, en stoppant le support d’Itanium viole purement des engagements commerciaux et contractuels passés entre les deux groupes. Des accords scellés en 2010 lors du très polémique recrutement de Mark Hurd - débarqué par le board de HP - à la tête d’Oracle.

Dans son jugement, la cour de Californie estime que les clauses de cet accord sont bien valides, bien que non formalisées et que les promesses y figurant font office de mode de fonctionnement, au regard des relations historiques entre les deux groupes. Le juge a ainsi retenu l’argument d'HP (on parle de «promissory estoppel»). Le juge reconnait également la rupture de contrat.

Ainsi, selon les termes du jugement, cet accord passé entre HP, Oracle et Hurd et 2010 exige qu’Oracle continue de proposer ses suites de produits sur les serveurs Itanium d'HP et ne confère pas à Oracle le droit de décider unilatéralement qu’il en soit autrement. James Kelinberg, qui signe ce verdict, oblige également la firme de Larry Ellison à poursuivre ses développements sur Itanium «jusqu’à ce qu'HP cesse la vente de ses serveurs Itanium». Enfin, autre pan du jugement, les coûts de portage des produits Oracle vers Itanium ne devront pas être imputés à HP.

Logiquement, HP voit en cette décision de justice «une immense victoire pour HP et ses clients», précisant par voie de communiqué, «attendre qu’Oracle se plie à ses obligations contractuelles ordonnées par la cour». Pour le groupe de Meg Whitman, outre la poursuite des développements d’Itanium, il s’agit désormais de passer à la phase 2 du jugement, qui devra statuer sur les dommages et intérêts (HP demanderait près de 500 M$).

Oracle, de son côté, a confirmé par communiqué, son intention de faire appel du jugement. Deborah Hellinger, porte-parole du groupe, met notamment en cause les argument de HP qui «bouleversent la notion de partenariats dans la Silicon Valley». Selon elle, Oracle a pris sa décision de stopper ses développements sur Itanium en étant convaincu qu’Itanium arrivait en fin de vie. « Rien dans la décision préliminaire de la cour ne modifie ce fait.» Autant dire que jugement ou pas, on n'est pas près de voir HP et Oracle reconstruire le type d'alliance stratégique qui avait présidé à leur relations tout au long des années 2000. Et que disponibilité ou pas des applications Oracle sur Itanium, nombre de clients devraient rester prudents quant aux intentions d'Oracle sur la plate-forme...

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